
Livia Tournois
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Qui n'a jamais rêvé de devenir aventurier ? De faire son sac, tirer son épée et partir terrasser le premier dragon venu ou le sorcier toqué des environs ? Dans le monde de Marxia et Poise, cette profession n'est plus qu'un mythe, fantasmé par une poignée d'illuminées. Avides d'échapper à leurs mémoires de fin d'études, et aux stages sous-payés compris dans le lot, les deux amies vont tenter le pari fou de prendre la clé des champs. Entre démarches administratives, rencontres farfelues et désillusions, le rêve de grandes quêtes deviendra-t-il réalité ?
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Jacques est seul, aussi seul qu'on peut l'être à quatre vingt ans passé, dans une maison isolée d'un lieu-dit de campagne. À cet âge avancé, plus qu'une chose à faire, attendre que la mort vienne nous chercher… Le major Devèze conclut au suicide du vieil homme solitaire. Ce n'est pas le diagnostic que pose le maréchal des logis-chef Mathias Brochart, bien décidé à faire la lumière sur ce cas trouble. Pour cela, il sollicite l'aide de sa sœur Diane et de son ami Adam, eux qui récoltent des données sur l'occulte et en font des vidéos depuis plusieurs années. Cette enquête parallèle les mènera-t-elle sur la piste du meurtrier ? Ou de l'entité qui sévit dans l'ombre…
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Défi
Siméon est un solitaire et un grand collectionneur. Son passe-temps lui prend tout son temps. Traqueur de pièces de monnaie, un métier peu commun. Incompris, parfois méprisé, Siméon poursuit tout de même son activité. Mais en dehors des sentiers battus, quand on s'aventure dans la forêt, qui sait ce qui peut se passer...
( Je précise qu'il s'agit d'un conte que j'ai écris pour un concours sur Fyctia, mais je l'aime beaucoup et je tenais à le partager.)
( Je précise qu'il s'agit d'un conte que j'ai écris pour un concours sur Fyctia, mais je l'aime beaucoup et je tenais à le partager.)
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Un siècle après la guerre qui a opposé la secte des Elus de la Lumière au gouvernement du pays de Bordeterre, la noblesse exilée décide de réinvestir le territoire. Sur les cendres du conflit destructeur, où les sols infectés par les armes chimiques rendent la vie fragile, la population subsiste en poches éparses, déterminées à conserver leur liberté. Mava est fouilleuse, elle troque les objets trouvés dans les bâtisses à l'abandon contre de quoi vivre. Etienne est l'héritier de la famille Belmont, en route pour reconquérir la demeure de ses ancêtres. À la croisée des chemins, la rencontre de deux destins que tout semblait opposer.
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Défi
J’ai choisi la pire route de campagne pour faire du stop. Enfin, choisi… Anna m’a largué là après une énième dispute. J’avais besoin de marcher de toute façon.
Le vent fait claquer les pans de ma veste. Je frissonne, le pouce toujours bien levé, au cas où une voiture arriverait dans mon dos. Mais rien, rien que la campagne, les herbes qui ondulent sous les bourrasques et le silence oppressant.
Comme d’habitude, je la ferai rire et elle reviendra, ce n’est pas perdu. Inutile de me prendre la tête. Il avait fallu que je finisse sur les réseaux sociaux avec cette autre nana… je ne sais même plus son nom. Je m’en cogne de cette fille. J’avais juste un peu trop bu.
Le vent manque de me déséquilibrer. Elle n'aurait pas pu attendre qu'on soit rentrer avant de piquer sa crise ? Je n’ai plus de batterie sur mon portable, obligé de rentrer à pieds, les mains dans les poches, les épaules voûtées , les dents qui claquent.
Je remonte une allée bordée d’arbres, toujours perdu dans mes pensées. En ce dimanche matin, je ne croise qu’un matou rouquin qui prend la poudre d’escampette quand je l’appelle. Tu as bien raison, le chat, je ne suis pas fréquentable…
Les insultes d’Anna résonnent encore dans mes oreilles. Je déteste les cris, les disputes, les prises de tête, et ça fait deux ans que notre relation se résume à ça. Je soupire en prenant la rue qui mène sur les hauteurs du village que j'aborde. Si j’avais une dose de courage en réserve, je la quitterai, ça vaudrait mieux pour elle.
Au-dessus de ma tête, les nuages filent dans le ciel, de mon promontoire, je vois le clocher du prochain village, et les ailes d’un ancien moulin. Faire des soirées en pleine campagne à ses avantages, sauf qu'en vous perdez votre moyen de transport. On dirait qu'il n'y a pas âme qui vive dans ce patelin.
Un bruit de pétarade me fait me retourner. Une 2CV rouge, en mauvais état, cahote dans ma direction. Je tente le coup et lève le pouce. Le véhicule me dépasse, ralentit, puis s’immobilise. Le cœur battant, je cours à la portière côté passager.
— Monte mon gars ! m’indique le chauffeur par la fenêtre ouverte.
L’intérieur embaume le tabac froid, mais je ne peux pas me permettre de faire la fine bouche. Je m’installe sur la mousse des sièges déchiquetée. Le volant est tout élimé, un vrai miracle que ce tacot roule encore.
Mon bienfaiteur me jette un coup d’œil et dévoile des dents jaunes en redémarrant. Je réponds par un sourire fugace.
— Ça fait longtemps que j'ai plus pris personne en stop, lance-t-il de sa voix rocailleuse.
Super, je suis tombé sur le mec qui veut faire la conversation, je pense, blasé.
Le gars semble avoir la quarantaine. Il est dans un sale état. Sa peau grise et sa barbe noire de plusieurs jours accentuent son côté crasseux, déjà mis en avant par la saleté accumulée sous ses ongles. Ses cheveux sont dissimulés sous une casquette décrépite, mais je devine du brun sur sa nuque. Il rentre dans le village suivant sans ralentir et nous faisons un baptême de l’air sur le dos d’âne. La 2 CV couine sur ses vieux amortisseurs, alors que son propriétaire se fend d’un grand rire gras.
— Ça secoue ! Hein, mon gars !
Il avise mon air boudeur et sourit encore plus largement.
— J’te dépose où gamin ?
— En ville, si ça ne vous dérange pas, je réponds sans enthousiasme.
— Problème de cœur ?
Je fronce les sourcils. De quoi se mêle-t-il celui-là ? Peut-on lire ce genre d’information sur le visage des gens ?
— Damien, Damien, Damien, soupire-t-il.
Je sursaute en l’entendant prononcer mon nom. La voiture redémarre en trombe après un stop, laissant derrière elle un nuage de fumée noire, dont l’odeur nauséabonde me parvient par la fenêtre ouverte.
J’active la manivelle pour fermer la vitre en questionnant le chauffeur :
— Pardon, on se connait ? Je ne vous remets pas.
— Moi j'te connais.
Il ricane et je reste dubitatif. Ce gars n’a vraiment pas l’air net. Je commence à flipper.
— Je pense que je vais descendre là en fait.
Je m’aventure à toucher la poignée de la porte. L’homme écrase l’accélérateur, son visage toujours fendu d'un grand sourire. Je me retrouve plaqué au fond de mon siège. Le rythme de mon palpitant décolle.
— Mais vous êtes malade !
— Tu me fausseras pas compagnie aussi facilement, l'ami.
Il tourne vers moi ses pupilles noires dans lesquelles je crois un instant voir danser des flammes. Je ne reconnais plus la route, nous avons changé de direction.
— On va où ? Vous êtes qui ? Je n’ai rien sur moi si c’est du fric que vous voulez.
Le chauffeur sort de la poche de sa veste en jean une cigarette roulée qu’il se colle dans le bec. Il tire sur le tube de tabac qui s’allume instantanément.
— Je suis le gars qui vient quand on bascule de l’autre côté.
— De l’autre côté ? Quoi ?
Je suis de plus en plus désorienté, mon cœur bat à mes tempes, reste de l'ivresse de la veille mêlée au stress.
— J’ai un marché à te proposer.
— Ecoutez, je ne sais pas qui vous êtes, mais ça ne m’intéresse pas ! Laissez-moi descendre !
L’autre reste parfaitement calme malgré mes éclats de voix.
— Ta balance a basculé drastiquement de mon côté. J’ai le droit de venir te rendre visite. C'est la règle.
Je commence à paniquer. Est-ce qu’Anna à payer ce mec pour me tabasser et me jeter dans un fossé ?
— Détends-toi, m’intime-t-il, comme s'il lisait de nouveau dans mes pensées.
Il prend une grande inspiration, consumant sa cigarette. La cendre tombe en paquet sur son pantalon, qu’il ne prend pas la peine d’essuyer.
— Tu es monté en voiture avec le diable, rit-il en exhibant sa dentition douteuse.
Je déglutis avec difficulté. Je me retrouve incapable de prononcer un mot tant la situation m’échappe. Ce type est complètement fou. Ça se trouve, il m'espionne depuis des jours.
— Alors, si je récapitule, poursuit le chauffeur. Sur les sept péchés capitaux, t'as tout coché. Ça, je t’avouerai que c’est fréquent de nos jours, mais tu réalises un beau score. Pour ce qui est des commandements, t'es aussi mauvais élève. Ça me plait.
Il me gratifie d'un sourire qui fait se dresser mes cheveux dans ma nuque. Ses yeux semblent de plus en plus noir, comme si je pouvais basculer dans ces tenèbres et tomber san fin. Je secoue la tête, comme sonné, et me rend compte que je reconnaît les environs. La 2CV me ramène vers le lieu de la fête de la veille.
Qu’est-ce qu’on fou là ? je me demande au moment où le véhicule défonce la barrière en bois qui entoure la propriété à l'abandon. Est-ce qu'il était à la soirée ? C'est là qu'il m'a repéré ?
L’autre énonce les tables de la loi :
— « Tu ne commettras point l’adultère », fait, « tu ne déroberas point », fait, « tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain », fait, « tu ne tueras point », fait…
— Quoi ? je m’insurge. Mais vous êtes taré ! Je veux descendre j'vous dis !
Cette fois je secoue la poignée de la portière dans tous les sens, mais rien n'y fait, je reste prisonnier.
— Alors, tu te souviens vraiment pas ?
La voiture traverse le terrain à vive allure, nous secouant au passage, avant de s’enfoncer dans le sous-bois. J'envisage de le prendre par le col et de lui coller un bon coup de boule, histoire d'avoir le temps de m'échapper.
L’espace entre les arbres se réduit et le chauffeur allume les phares avant de faire ralentir le véhicule. Voilà l’opportunité que j’attendais pour lui fausser compagnie, mais, dans le halo de lumière projetée par la voiture, je vois apparaître une main sous un tas de branchages.
— Alors, Damien ? Ça te revient ? me questionne le conducteur en allumant une nouvelle cigarette.
Ma portière s'ouvre toute seule. Je sors de l’habitacle les jambes tremblantes et le cœur au bord des lèvres. Des bribes de souvenirs refont surface.
Je lui ai proposé d’aller se balader, on s’est embrassé, elle ne voulait pas aller plus loin…
— Non, non, non…
Je prends ma tête entre mes mains alors que les images s’imposent à moi.
J’ai insisté, elle m’a giflé, j’ai vu rouge…
— Stop, imploré-je.
Je tombe à genoux, gémissant.
Je l’ai fait tomber, je me suis mis sur elle et puis…
Me voilà trempé de sueur.
— Sale nuit mon gars, dit l’autre en s’approchant, les mains dans les poches.
— Non je ne… je vous jure que je… bafouillé-je.
Il écarte les grandes branches de pins qui couvrent le corps sans vie de la jolie rouquine d’hier soir. Sa robe est déchirée, son crâne ouvert et sa joue collée par du sang coagulé. Ses yeux vides me regardent. Je vomis.
— Tu es du genre à perdre ton sang-froid, on dirait.
Plus loin repose la pierre ensanglantée avec laquelle je l’ai frappé. J’entends encore ses cris stridents dans mes oreilles.
Je voulais juste qu’elle se taise…
La scène me revient peu à peu. Je suis rentré dans la maison bondée, personne n’a fait attention à moi. Je suis monté dans la salle de bain défraichie du deuxième et je me suis nettoyé comme j'ai pu, avec une bouteille d'eau. J'ai chopé des vêtements dans un sac à dos et y ai laissé mes affaires sales. Et puis j’ai bu, encore, jusqu’à oublier. Au petit matin, j’ai appelé Anna, et elle est venue me chercher.
Mais quelqu'un m’a pris en photo avec la fille… et c’est pour ça qu’Anna était en pétard. Tout le monde m’a vu avec à la soirée…
Je commence à voir trouble, ma respiration s’accélère sous l’effet de la crise d’angoisse. Le diable s’accroupit à ma hauteur. Les flammes dans ses yeux brillent dans la semi-obscurité.
— Voilà où intervient mon offre, mon garçon. Dans le premier scénario, j’efface ta bévue, mais tu as une dette envers moi. Dans le second, je laisse les choses en l’état, et je dispose de toi comme je l’entends au Purgatoire.
Je mets un temps à me calmer. Je suis trempé de sueur sous mes vêtements. Les paroles du démon font peu à peu leur chemin dans mon cerveau en surchauffe.
— Quelle est…
Ma voix se casse. Je me racle la gorge avant de reprendre :
— Quelle est la différence ?
— La différence est que tu m’appartiens seulement pour un temps, jusqu’à ce qu’il soit estimé que tu aies purgé ta peine. Ensuite, tu es libre de partir vers ton lieu de repos.
Il tire sur une énième cigarette dont l’extrémité rougeoies tel un charbon ardent.
— Et si j’ai une dette envers vous ?
— Dans ce cas je t’engage dans mes légions et tu es à mon service pour l’éternité. C’est toi qui choisis.
Suis-je vraiment en train de pactiser avec le diable ?
Je risque un œil vers la dépouille de la rouquine et détourne aussitôt les yeux. Je ne sais même plus comment elle s’appelle.
— Putain…
Je sens des larmes brulantes poindre aux coins de mes yeux. Ma vie est foutue, et ma mort aussi apparemment.
Ne jamais trouver de repos, ou vivre un enfer sur Terre, quel choix dois-je faire ?
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Défi
Denis poussa la porte du pied, le battant frotta sur le paillasson, se coinça, et la sacoche d'ordinateur de Denis chuta de son épaule au creux de son coude. Le poids de la sacoche entraîna Denis vers l'avant, et son crâne buta sur la porte, tandis qu'il jurait, les dents serrées autour de ses clés de voiture.
Il avait oublié de ressortir le paillasson. Maya l'avait trempé de boue la veille et il avait dûle frotter à la brosse dans la baignoire.
Denis finit par pénétrer dans son entrée, y larguer le cartable de Maya, son sac de courses, sa sacoche et son courrier. La petite n'était pas là pour plusieurs heures, il aurait bien le temps de ranger tout cela.
Il plaça ses mains dans le bas de son dos et soupira en se penchant en arrière. Dieu que la position derrière son bureau toute la journée lui abimait les reins.
Il fit valser les chaussures cirées et pointues du travail qu'il détestait, sortit sa chemise de son pantalon et retira sa ceinture. Enfin à la maison ! À la maison et seul, ce qui était assez rare pour le dire.
Denis resta planté au milieu de son entrée, bien rangée cinq minutes auparavant. Seul, il l'était en cet instant, et pourtant, le sentiment que quelqu'un partageait les lieux l'habitait.
— Banane ? appela-t-il.
Il se sentait toujours un peu stupide quand il prononçait le nom de leur chat. Mais quelle idée aussi de confier cette mission si importante du nom de baptême du félin à sa fille de quatre ans. Banane... la pauvre minette écaille de tortue aurait pu tout aussi bien se prénommer Brocoli ou Pâte-à-modeler, selon l'humeur du jour. Cela avait au moins eu le mérité d'amuser la jolie vétérinaire. Elle lui avait fait de l'œuil, aucun doute là-dessus, mais Denis n'était tout simplement pas prêt pour une histoire de cœur.
D'ailleurs, à l'instant même où il y pensait, un sentiment de culpabilité l'envahit et la pièce en désordre lui fit monter une crise d'angoisse.
L'homme se jeta sur son sac de courses, le sortit du passage, plaça ses chaussures dans un casier, sa sacoche dans le placard et fourra sa chemise dans son pantalon avec frénésie. Essouflé par cette soudaine action, il enleva de son visage une mèche blonde, avant de se mettre à rire. Les réflexes étaient difficiles à perdre.
Denis fourra son visage dans ses mains et inspira dans ses paumes moites. La chose lui apparut rebutante et il fila à la cuisine, son sac de courses dans son sillage, pour se laver les mains au savon. Il ouvrit le frigo, couvert des dessins colorés de sa fille, et rangea les courses avec méthode. Chaque chose à sa place. Les habitudes avaient décidément la vie dure.
Denis débarassa l'assiette en plastique et le gobelet de Maya et les rinça à l'eau. En les déposant sur le rebord de l'évier, il remarqua la lumière rouge sur le boîtier de son téléphone fixe. Denis pressa plusieurs boutons et leur message vocal enregistré résonna dans le silence de la cuisine :
— Bonjour, vous êtes bien chez Denis et...
— Maya !
— Nous nous amusons quelque part et vous pouvez laisser un message après le...
— BIP !
Le bruit susnommé résonna et le sourire de Denis fondit comme neige au soleil aux premières notes de la voix qui s'élevait de l'appareil :
— Chéri, c'est moi, j'ai reçu les documents de l'avocat à la maison et j'ai vu que tu habitais maintenant dans le nord. C'était inutile de déménager, je vais mieux, un petit passage à vide, tu sais, le surmenage. Enfin bref, je viens vous chercher, j'espère que vous vous ferez tous beaux pour moi. Je vous embrasse.
Alors, cette odeur qu'il avait senti en pénétrant dans la maison, ce n'était pas un effet de son imagination ? Les mains de Denis se crispèrent sur le bord de l'évier. Ses dents se serrèrent si fort que cela en devint désagréable.
— Il y a du laisser aller dans l'air, annonça une voix autoritaire dans son dos.
Denis ferma les yeux. Ses entrailles venaient de se liquéfier dans son ventre.
Pitié, implora-t-il intérieurement, pitié non.
Derrière ses paupières closes, une image s'imposa, celle d'un homme blond à la coupe de cheveux impeccable, au sourire trop grand pour être vrai. Il tenait par la main une petite fille avec une robe au col blanc immaculé et repassé à la perfection. Son autre main enlaçait les doigts fins de l'épouse modèle, grande, fine, aux cheveux longs et bouclés au fer, retenu par un bandeau à carreaux : Angela.
Comment le cabinet d'avocat avait pu être assez idiot pour laisser filtrer leur nouvelle adresse ! Il l'avait pourtant précisé, il ne voulait plus de contact avec elle, et encore moins qu'elle puisse voir Maya.
Angela et ses escarpins rouges avancèrent sur le carrelage. Le bruit des talons sur les dalles donna à Denis la chair de poule. Il ne voulait pas se retourner, pas la confronter, s'il ouvrait les yeux, tout reprendrait, les tocs, le ménage, l'humiliation, la perte de confiance. Denis tremblait de toute son âme. Elle était sortie de leur vie, il n'allait pas la laisser y revenir.
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Vous êtes arrivé à la fin