L'habit ne fait pas le moine
— Tu es le sosie de ton père.
Elle me lorgne presque dragueuse avec son cocktail au bord de la piscine. Le rendez-vous fût déplacer dans une autre villa, celle de sa mère, à l’Ile de Ré. Sa richesse me rend malade et ma mère me suit car elle examine en murmurant le service de thé, ne buvant pas d’alcool.
Mon père reste de marbre, impatient et cherche sûrement ses mots. Finalement, il dépose le dossier sous les yeux de Bérénice qui stop son petit jeu. Elle repose le verre, lit les papiers lentement :
— Tu n’es donc pas ici, simplement pour présenter ton fils Will. Que veut tu ? Me protéger ?
— Nathan est notre cible commune, j’en connais pas l’origine de votre rencontre, cependant, oui, tu es danger. On est fuite après que j’ai assassiné Xavier. Des cancers sont déjà au cœur de l’organisation comme au gouvernement. Je suppose que ton cher mari qui joue Calvin, à la sécurité, en est l’organisateur.
— Il m’est plus utile mort que vivant.
— Que fais-tu avec lui ?
— Mon ancien mari est mort d’un accident de chasse, un an après notre mariage. Si tu me penses cupide et froide, ce n’est pas ma vrai nature. Hermance était enfin l’homme désirais, j’avais le projet de fonder une famille. Pendant deux ans, j’étais en profonde dépression. Bref, c’est durant une thérapie de groupe sur l’alcool, il était parmi eux. Un amour improbable oui et pourtant, j’ai découvert qui il était.
Elle s’abreuve devant la photo du taxi, presque flippante. J’appréhende la suite et ma mère aussi puisqu’elle sert mon poignet droit angoissée. Mon père, reste un mur attendant de se faire son propre avis.
— Il faisait semblant d’être malade, accros d’en l’espoir de trouver sa proie idéale. Il m’a tout avoué pendant un jeu trop alcoolisé qu’il a vite regretter. En fait, les six premiers mois après qu’on s’est installée, son comportement avait radicalement changé. Plus de marque d’amour, de cadeaux et il s’enfermait dans son bureau pour établir son plan. Quand je l’ai à nouveau confronter le lendemain à ses aveux, j’ai insisté pour être à ses côtés. Je lui disais qu’une femme sexy, fatale pouvait réaliser des miracles dans l’ombre.
— Son plan Bérénice, son plan. On s’en fiche de savoir tout le détail ! T’a-t-il parlé de moi ?!
— Oui, il te voue une haine. Mais, il cherche avant tout à placer ses pions pour renverser au prochaine élection le gouvernement et repartir sur une belle dictature, contrôler une seule milice pour exterminer tout les rebelles. Le même système en deux fois pire.
— Et Adrian ? Veut-il le retrouver ?
— Il me dit que non, hors je sais que c’est faux.
— Et toi ? Pourquoi si tu désires t’en débarrasser, tu ne le flingues pas ?
— Il se doute que je te côtoie et me laisse en paix. Et puis, j’avais tenté deux fois avec du poison.
— Il préfère t’éliminer sans se salir. Bref, qu’est-ce qui t’a motivé à lui en vouloir ? Son argent ?
— Il sait où tu bosses, connait Adrian et espérer que le feu au poudre venant de ta part. Si le dossier est ici, que tu as tué ton patron, c’est qu’il a réussi. Mes écoutent aux portes, confirmer par ton chef, m’ont indiqué, que trois hommes, proche de Nathan, comptais me tuer. Je devais accepté ma mort.
— En quel honneur ?
— Pour vous laissez la guerre. Je ne suis rien d’important dans votre haine commune et votre vision du monde.
— Tu es en vie, j’en suis navré alors. Si tu souhaites mourir maintenant, il suffit de me le dire.
— Qu’en pense votre femme ?
— Je vous cerne toujours Madame.
— Moi non plus en vérité. Nathan doit mourir pour ce projet fou et avec le recul, je ne suis pas la seule, qui le désire. Je suppose qu’il est déjà sur le fauteuil du SSL et formate tout le plan pour vous avoir. Il en aura rien à faire de moi, en vie ou pas. J’aimerais vous être utile, sauf que je ne saurais comment le faire.
— Madame, c’est fort aimable de votre part. De base, j’ai essayé de retenir mon père ne pas descendre Xavier car…enfin bref. Nathan est un homme qui se fiche de la vie humaine, j’en suis convaincu qu’il ne fera pas attention à moi. Si vraiment, je comptais pour lui, dès qu’il a su que vous connaissez mon père, il aurait tout fait pour me kidnapper. Je sortais parfois dans le jardin et c’est vrai, que j’ai cru reconnaitre une voiture suspecte, souvent là pendant quelques années.
— C’est exact jeune homme.
— Si tu veux nous rentre utile, parle moi de lui, ses contacts, ses cachettes, tout ! Si tu es d’accord, avec mon pote John qui est resté dehors pour surveiller, on s’en ira.
— Ok, je n’ai rien à perdre que d’aider un bon ami et sa famille.
— Parfait. Prépare une maigre valise, ça va bouger.
— La suite Will ? Rallier du monde pour entrer dans une vrai guerre ?
— Il aura a faire avec les bons éléments. Nous, on descend chaque puce de son clan, jusqu’à que par même la torture, je le retrouve pour lui mettre un raclé. Mon fils, si je ne suis plus là en emportant ce déchet, construira sa route. Si le monde redevient comme avant, ça serait certes un échec mais pas le plus important. Je regrette pas de rentrer dans son jeu. Le roi va perdre sa couronne de pacotille, point.
Un silence se fait ressentir et je n’ose m’hydrater de peur de le briser. Elle finit par se lever pour marcher un peu autour de la piscine et c’est de dos qu’elle annonce :
— J’ai toujours chercher moi aussi à jouer, longtemps j’ai perdu. Tu m’estimes beaucoup et tu es bien le seul qui croit encore en moi. Attendez moi dans le salon, prévenez votre ami, j’ai besoin d’un peu de temps avant de partir.
On quitte les lieux et j’aide ma mère à ranger tandis que mon père prévient John. Prochaine destination ? Rome.
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