Le cœur en grippe

de Image de profil de Sarah PEGURIESarah PEGURIE

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Toc Toc Toc !

Toc Toc Toc Toc !!

- Ouvre-moi... S'il te plaît. Susurra-t-il d'une voix faible, teintée d'épuisement.

Je me remémorais encore et encore l'événement s'étant déroulé quelques jours plus tôt. Je pouvais entendre sa voix frêle me supplier de rester. Les battements contre la porte ralentissaient en puissance et en vitesse au fur et à mesure que les minutes s'écoulaient, comme si la force du poing qui tambourinait perdait de vue son but, jusqu'à ce que règne le silence.

Il faut parfois savoir lâcher l'affaire, défaire son emprise et ne pas se retourner, tandis que tout ce qu'on laisse à cet instant sont les marques de sang laissées sur cette porte, provenant des jointures de nos phalanges trop abîmées et l'humidité des larmes tachant le vieux parquet en bois de ce couloir sombre et poussiéreux.

C'est ce que je pensais à ce moment-là, en pleurs, accroupie, le dos contre la porte et la tête renversée sur mes genoux. Oui, c'est ce que je pensais à ce moment précis, qu'il fallait savoir lâcher prise, qu'il fallait être forte, le laisser s'épuiser, pendant que je me laisse me fatiguer afin que nos épreuves deviennent moins douloureuses.

On avait échoué, c'était un fait, alors pourquoi donc s'acharnait-il encore, chaque soir, à venir jusque chez moi, toquer jusqu'à ce que le sang coule, me supplier jusqu'à ne plus avoir de voix, s'accrocher, même quand le silence est roi.

Ce mec-là était sacrément coriace, je dois bien l'avouer, c'était flatteur et bien plus difficile que ce que je m'étais imaginé. Après plusieurs jours de supplice, de pleurs, de cris, de lettres glissées sous le pas de la porte, après le sang et les larmes, la douleur grandissante prenait toute la place. Je comptais faire face, une dernière fois, laisser le destin nous jouer des tours machiavéliques. J'étais prête ce soir-là. Positionnée contre la porte, comme à mon habitude. Mon attitude changeait cette nuit, au son du tic tac de l'horloge, à mesure que les aiguilles défilaient.

22h13 -

Mon sang bouillonnait et mon ventre se crispait. Désormais debout, prise de nausées à l'idée même de tourner cette poignée, mais j'étais prête, plus que jamais à faire tomber le mur au moindre prochain coup.

Le temps passait sans qu'un son ou bruit de pas ne se fasse entendre dans cet immeuble miteux. Personne n'était là. C'était certain.

Le dos collé contre le bois de la porte, fixant l'heure sur mon téléphone, hésitante même à l'appeler et voir où cela nous mènerait. Mon esprit me jouait des tours, de possibles histoires défilaient en boucle. Que faisait-il ? Était-ce la dernière fois ? N'aurais-je plus de chance de lui dire ce que je ressens ? Qu'est-ce que je veux vraiment ? Est-ce qu'il partage la même douleur ?

- Putain de salaud.

Je mordais ma lèvre pour éviter à mes larmes de couler. J'aurais l'air encore plus ridicule.

Toc Toc ! Deux battements sourds contre ma porte me firent sursauter. J'avalais mes larmes et ouvrai en trombe. Cependant, ce n'était pas lui qui se trouvait devant moi. Enfin, d'une certaine manière oui. Deux policiers avaient planté leurs regards dans le mien et restaient perplexes sur mon visage bouffi, mes paupières enflées et rouges et mes cernes bien grises. Mes yeux, eux, n'avaient d'yeux que pour la photo qu'ils me montrèrent.

Fais chier ! Dans quoi s'était-il encore fourré ? Je rêvais d'une vie simple, sans problèmes et il avait déboulé dans ma vie, la minant comme un champ de bataille.

- Connaissez-vous l'homme sur cette photo ?

L'un d'eux me tendit la photo, je l'ai attrapé et un frisson parcourut le long de mon échine.

- Mademoiselle ! Mademoiselle ? Vous allez bien ?

Je reprenais conscience petit à petit et compris vite qu'il fallait que je mette en place un jeu d'actrice hors pair. Bordel, quoi qu'il ait pu faire, faites qu'il ne soit pas blessé. J'avais dû devenir folle à vouloir aider ce psychopathe. Je devais être folle à vouloir me ranger du côté du possible méchant.

La seule chose, simple, de ma vie était que je pouvais être sûre d'une chose. Cet homme tenait mon cœur en grippe et dès notre rencontre, j'ai su que je l'aimerais pour cent ans.

Soulignez bien mes paroles, je lui ferai payer cher, pour m'avoir permis de l'aimer et pour ça, je le retrouverai. Avant quiconque.

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Jusqu'à ce que règne le silenceChapitre8 messages | 2 mois

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