Le bruit du rosaire
Alors tout son amour, ses projets avec Gérald, ses souvenirs devinrent une bulle de savon qui lui éclata au visage. Une illusion, fragile, éphémère qui avait éclaté et l’avait laissé vide.
Alors elle avait eu une irrépressible envie d’annihilation. Elle avait avancé comme une somnambule dans le lac jusqu’au genou, jusqu’aux hanches, jusqu’à la nuque. Ensuite, c’était le trou noir. L’eau glacée avait pénétré ses poumons ; elle avait toussé, et comme une somnambule, elle était revenue sur le bord s’assoir sur un tronc mort couvert de mousse. Elle eût des bourdonnements d’oreilles, des papillons devant les yeux, des pensées morbides.
Maintenant, elle se sent lâche elle aussi. Maintenant, rien en dehors de ce cliquetis qui résonne en écho dans sa tête. C’était le bruit du chapelet que le prête avait enroulé autour de ses doigts pendant qu’il récitait son rosaire le jour des funérailles de sa grand-mère. Pour Élise, la mort c’est ce son ; elle le laisse l’envahir et c’est comme une punition pour ne pas avoir eu le courage d’en finir, le regard dans le vague.
(Au cas où cela ne serait pas assez clair, j'ai choisi les images suivantes, mais pas successivement, elles se sont fondues dans le récit...
https://unsplash.com/photos/iCqD_3-WSac
https://pixabay.com/fr/photos/bulle-de-savon-gouttes-goutte-d-eau-2235614/
https://www.pexels.com/fr-fr/photo/crop-femme-avec-croix-sur-chaine-3727771/)
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