Chocolat chaud
« C'est drôle, ces tours que la vie nous réserve, les crasses que l'on s'inflige soi-même.
Hier encore, le monde tenait debout, et moi j'étais à terre. Puis, j'ai pété les plombs...
Ouvert les vannes. Plus mes veines.
Cloué leur bec, plus mes ailes.
Oh ! Je savais que c'était mal, très mal. Mais je l'ai fait quand même.
L'année dernière, déjà, j'y songeais. J'espérais gagner du temps. Mais là, c'était le coup de grâce.
À la machine à café, il n'y avait plus de chocolat. Plus rien d'assez doux pour éponger ma peine.
J'ai craqué.
Trois ans à bosser à la centrale, à trimer autour du réacteur.
À m'en prendre plein les yeux, plein la gueule, tous les jours...
Ces déchets... Les collègues qui te prennent de haut, parce que tu nettoies la merde derrière eux.
Hélas, c'était pas mieux à la maison. Être une bonne à rien qui déçoit ses parents...
Alors, la veille, quand je leur ai annoncé que je n'étais pas guérie...
Ulysse lui-même n'aurait rien pu face à de tels démons.
De Charybde en Scylla – ma vie en somme. Je savais que ce Noël allait être explosif. »
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