Chapitre 8 : Le Jeu De L'Ombre
Max regagna son abri, l’esprit agité. Le souvenir de la silhouette persistait dans sa tête, comme une image qu’on n’arrive pas à effacer. Une présence. Un regard qu’il n’avait pas vu, mais qu’il avait ressenti. Comme si cette entité s’était amusée à le provoquer.
Et c’était peut-être exactement ce qu’elle faisait.
Le soir tomba rapidement, presque trop rapidement. Les ombres s’allongèrent anormalement vite, comme si le temps lui-même s’était accéléré. Max referma son abri, alluma ses torches… mais elles vacillaient. Une brise invisible soufflait, bien qu’aucune ouverture ne soit présente.
Il s’assit contre un mur en pierre, le regard fixé sur les flammes tremblotantes du four. Puis, il entendit un bruit. Un clic.
Comme une plaque de pression… alors qu’il n’en avait pas fabriqué. Il se leva d’un bond, dégaina son épée en fer, et regarda autour de lui.
— Qui est là ?! cria-t-il dans le vide. Silence.
Puis… un rire. Très faible. Distordu. Comme un écho dans une autre dimension. Max sentit une sueur froide couler le long de sa nuque. Il se retourna brusquement : un panneau de bois était apparu contre un mur, là où il n’y avait rien quelques instants plus tôt. Sur ce panneau, des mots gravés :
“Tu t’amuses, Max ?”
Ses mains tremblèrent. Il s’approcha du panneau, le toucha… et il disparut dans une petite pluie de particules sombres.
Il ouvrit la porte de son abri pour sortir — le monde avait changé.
Le ciel était devenu rouge. Les arbres de la plaine étaient morts, sans feuilles, noircis comme par le feu. Le sol était fissuré, comme si la terre elle-même souffrait. La lune s'était levée, mais elle n'était pas ronde : elle avait une forme étrange, presque un œil qui l’observait.
— Ce… n’est pas possible… murmura Max.
Il avança dans cette version corrompue de son monde. Les animaux avaient disparu. Plus un seul bruit, pas même celui du vent. Juste… un silence pesant. Oppressant.
Soudain, derrière lui : des pas. Mais quand il se retourna, personne. Il reprit sa marche, mais cette fois, quelque chose apparut devant lui : la silhouette.
Debout, immobile, à quelques mètres. Elle avait toujours ce manteau noir, et une lueur rouge pulsait dans ses yeux vides. Max leva son épée… mais il savait qu’elle ne servirait à rien.
— Qui es-tu ?! Qu’est-ce que tu veux ?! cria-t-il.
La silhouette ne répondit pas. Elle tourna lentement la tête, comme pour désigner quelque chose derrière lui.
Max se retourna. Son abri avait disparu. À sa place, un puits sombre, sans fond, d’où s’échappait une brume noire. Quand il regarda de nouveau la silhouette… elle était plus proche. Beaucoup plus proche. Juste devant lui.
Elle tendit une main. Et parla, enfin.
— Tu n’as encore rien vu, Max. Puis, tout explosa. Une lumière aveuglante. Un cri strident dans son esprit. Et il se réveilla. Dans son lit. Oui, un lit. Dans un abri intact. Avec le ciel bleu, les arbres normaux. Les animaux autour. Comme si rien n’avait eu lieu.
Il se redressa, haletant. Avait-il rêvé ? Était-ce un simple cauchemar ? Mais quand il regarda autour de lui… un détail glaça son sang.
Au mur, un panneau en bois, bien réel, portait ces mots :
“À ce soir.”
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