Chapitre 3

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Après que le chef et le reste de sa famille ait été enfermés, le Prince les avait rejoint dans la pièce d'eau et les avait trouvé ainsi. Mendon lui avait expliqué que la température du jeune homme avait terriblement chutée. 

- Sort de là, ordonna le Prince. Nous allons le ramener au camp. Tila.
- Seigneur ?
- Part en premier et ordonne qu'on prépare un bain chaud et un repas léger.

Le soldat quitta les lieux au pas de course, traversant le village jusqu'à atteindre la tente des douches.

- Tila ?
- Le Prince m'envoi.

Immédiatement, les quelques bêtas qui se trouvaient là, se figèrent, attendant l'ordre.

- Il veut un bain chaud, dans sa tente. C'est urgent.
- Le Seigneur ne va pas bien ?
- Je ne puis répondre à cette question, j'ai un deuxième arrêt à faire.

Puis il quitta ces derniers pour foncer vers le groupe d'omégas qui préparaient les repas pour leur faire part de l'ordre puis se lança vers celle du Prince afin d'y préparer le lit et d'y faire brûler un feu pour réchauffer les couvertures et des vêtements qu'il avait prit dans celles de son Seigneur.

- Si je propose les miens à Lens, le Prince risque fortement de vouloir ma mort, soupira-t-il.

Il entendit des pas arriver, les omégas et bêtas entrèrent pour déposer le bac ainsi que le repas demander avant que le groupe du Prince n'arrive et qu'ils puissent tous voir le paquet que le Seigneur transportait dans ses bras.

- Dehors, ordonna-t-il.
- Tenez, fit Kael en lui tendant des petits sachets, tout en lui expliquant qu'il devait les glisser dans l'eau pour aider à la guérison.

Une fois seul avec le jeune homme, Cainnegh entreprit de se dévêtir entièrement, mis Lens à nu, puis l'embarqua, contre lui, dans l'eau fumante, prenant bien soin de plonger les fameux petits sachets de plantes dans le bac.
Il se laissa aller tout en gardant l'oméga contre son torse large et puissant.

- Un oméga, hein ? soupira-t-il. Quand me suis-je perdu ? Dis moi, Lens... Quand ai-je pris la mauvaise voie pour me retrouver aussi seul jusqu'à ce que te rencontrer ici, dans cet enfer ?
- Hm... souffla alors le jeune homme, en proie à une soudaine bouffée de chaleur indésirable.

Sans doute les cauchemars qui n'avaient aucun désir de le laisser tranquille. Alors, le Prince lui empoigna doucement la nuque, la lui fit ployer en arrière et vint posséder ses lèvres, imposant ainsi sur lui sa propre marque. Ce fut l'oméga qui réagit en premier et non la personne. Reconnaissant son partenaire, ce dernier ce mit à feuler avant d'ouvrir les yeux.

- Seigneur, murmura-t-il d'une voix à peine audible.
- Je le suis, répondit l'homme d'une voix dure et sombre.
- Alp-
- Tu es faible et épuisé, le coupa le Prince. Repose toi donc... mon oméga.

Lens hocha doucement la tête et referma les yeux pour se réveiller en sursaut deux jours plus tard, allongé dans un lit qu'il ne connaissait pas, entouré d'une odeur puissante qui le fit frissonner. Un poids contre lui le fit se tendre d'inquiétude, jusqu'à ce que cette voix qui l'avait maintenu à la surface de l'eau ne se fasse entendre au creux de son oreille :

- Enfin réveillé ? Tu n'as rien à craindre, Lens.
- Qui...

Lens se retourna pour faire face au Prince Cainnech.

- Seigneur...
- Cesse donc de gesticuler ainsi, gronda l'alpha qui avait grand mal à se concentrer pour ne pas lui sauter dessus. Sais-tu depuis combien de temps je te tiens ainsi, dans mes bras et dans mes draps ?
- Je... Je l'ignore... 
- Deux jours entiers.
- Pardon ? Deux... Deux jours ?! M-Mais...
- Rien ne t'y attends là-bas. Souhaites-tu y retourner ?

Lens ne comprenait rien à ce qu'il se passait. Il tenta de recoller les morceaux que son esprit avait éparpillé dans sa mémoire. Il se souvenait de son père, le tirant de son fauteuil pour l'en faire tomber et le traîner dans la cour pour l'insulter, car il avait entendu sa conversation avec Moira dans le village. Puis une senteur puissante et dévastatrice l'avait encerclé comme pour le protéger, puis...

Son regard se leva vers celui du Prince et s'y accrocha.
Oui, c'était lui. 

- L'alpha, murmura Lens sans trop oser y croire.

Mais au sourire du Prince, il comprit qu'il n'avait rien inventé. Son Éternité, comme l'appelait les Anciens, était là, contre lui, dans un lit militaire. Et c'était le futur Empereur ! Le destin se jouait-il de lui ? Après lui avoir prit sa mère et ses jambes, voilà qu'on lui donnait le Prince et un avenir impossible, comme compagnon de vie ?!

Les doigts forts de l'alpha se posèrent sur son menton pour le lui caresser, le regard brillant.

- Lens Folk, Héro de Talway. Mon oméga.
- Seigneur, je ne puis...

Alors qu'il tentait de se reculer dans le lit, il sentit deux mains lui attraper les fesses pour le rapprocher du corps brûlant du Prince.

- Je ne m'imposerais à toi maintenant, déclara ce dernier, comprenant l'état d'âme de l'oméga. Mais tu dois savoir ceci. Je n'abandonnerai pas. Tu es mon oméga et je suis ton alpha. Notre monde est régit par cette loi, peu importe ton statut dans cette société changeante. Ne me fuis pas, cela est impossible.

Lens comprenait bien ce qu'il cherchait à lui faire comprendre, mais le voulait-il ? Le pouvait-il ? Qu'était-il advenu de sa famille ? Que leur ferait-il ? Que lui feraient-ils ? Penser aux blessures qu'il possédait, une nausée lui retourna l'estomac.

- Regarde moi, ordonna sombrement le Prince.

D'instinct, il s'exécuta.

Cainnegh se pencha et l'embrassa avec douceur, comme si Lens était la chose la plus fragile au monde. L'odeur enivrante de l'oméga lui faisait perdre la tête et le goût qu'il possédait lui donnait envie d'aller plus loin, de le dévorer entièrement, d'apprendre plus de lui, de le sentir dans ses bras, de-

Une langue timide se frotta à sa bouche. Cainnegh ouvrit les yeux et découvrit le regard de Lens, larmoyant et brillant de désir. L'oméga acceptait ce qu'il était, mais se battait encore contre ce lien, car trop de choses les séparaient. Alors le Prince enroula son bras autour de sa taille et plaqua leurs virilités tendues, l'une contre l'autre et dévora sa bouche, glissant sa langue dans la sienne pour venir rencontrer sa compagne. Les soupirs de Lens firent gronder Cainnegh d'un désir sombre et farouche. 

- S'il... S'il vous plaît ! l'entendit-il gémir alors qu'il s'attaquait à sa gorge.
- Que veux-tu ? Dis le moi.
- Hm... Ha ! Pitié ! Je...
- Ah, souffla l'alpha en glissant ses doigts le long du ventre de Lens qui se sentit si faible, jusqu'à poser son index sur la fente de son sexe. 

Lens se sentit défaillir tant le bonheur fut puissant. Cainnegh empoigna leurs deux sexes et entreprit de les caresser ensemble, frottant leurs peaux l'une contre l'autre, amenant cette étreinte jusqu'à une certaine jouissance qui les laissèrent essoufflés et avec un arrière goût qui disait clairement que ce n'était pas complètement fini. Mais une voix à l'entrée de la tente les interrompit.

- Seigneur !
- Qui y a-t-il ? gronda l'homme, le front posé contre l'épaule de l'oméga qui tentait de ne faire entendre aucun bruit.
- Le sage est là. Nous vous attendons pour l'interrogatoire.
- Entendu. 
- Avez-vous besoin de quelque chose ?
- Un bain ! Et quelques fruits.
- À vos ordres !

Ils attendirent un peu avant de pouvoir respirer un peu plus tranquillement.

- Seigneur, murmura Lens.
- Cainnegh. Appel moi par mon prénom, Lens.
- Je ! Je ne puis !
- Tu es mon oméga et je suis désormais ton alpha. Tu n'es encore point marqué, mais nous avons ce lien. Alors appel moi par mon prénom. En dehors de Klaus, tu es le seul qui en a le droit.
- Sir Klaus ?
- Le connais-tu ?
- De ce que je sais, il est votre ami le plus proche et c'est un grand général. Quand je servais, je-

Le ton se coupa, laissant place à de la tristesse.

- Ce soir, lui dit alors Cainnegh. Ce soir, tu me raconteras. Aujourd'hui, nous avons une journée chargée.

Le bain arriva et le Prince chassa tout le monde avant de quitter ses couches, portant Lens pour plonger ensemble dans l'eau réconfortante. L'oméga faillit s'endormir, mais Kael entra à cet instant.

- Enchanté, jeune homme.
- Vous êtes le sage du village, n'est-ce pas ?
- Il est vrai. Nous nous sommes aperçu certaines fois, mais jamais nous avons parlé, répondit le vieil homme. Son Altesse a demandé à ce que je m'occupe de toi et Sir Mendon de tes jambes.
- Ah, mes jambes, elles... Hm ? 

Les passa ses doigts sur ses jambes inertes et ne sentit plus aucun creux, plus aucun impact qui avait réduit ses jambes hideuses et inutilisables. Il tenta de les faire bouger, mais comme il s'y était attendu, elles étaient belle et bien mortes. Pourtant, les douleurs étaient moindre et quand il en sortit une de l'eau, son regard se brouilla et les larmes glissèrent toutes seules sur ses joues. Lui qui avait passé ces cinq dernières années à subir les moqueries, les insultes, les brimades de sa propre famille, de son subconscient, des villageois qui l'avaient connu valide et bien portant... Lui qui avait connu le déclin et l'abandon, la maltraitance et l'attente de cette mort qui, finalement, n'est jamais arrivée, voilà qu'on lui présentait ses jambes comme avant. Certes, elles ne fonctionneraient plus jamais, mais elles n'étaient plus aussi détruites qu'avant. Des cicatrices rongeaient sa peau, mais elles étaient nacrées, comme si un coup d'eau avait put le débarrasser de tout ceci.

Il tourna alors son visage vers Cainnegh, qui restait de marbre. Ils s'observèrent et Lens ne put cacher ses larmes plus longtemps. Il éclata en sanglot dans les bras du Prince, Kael pour témoin.

Quand il fut plus calme et lavé, Cainnegh sortit du bac, Lens dans ses bras. Kael se tourna pour ne pas les regarder et attendit qu'on lui autorise à voir le jeune homme pour l'ausculter. Quand l'oméga fut habillé d'un long peignoir, le sage s'approcha du lit pour s'occuper des soins qu'il lui administrait depuis un moment déjà.

Profitant de ce moment, le Prince en profita pour s'habiller et sortit un moment afin de souffler.

- Comment va-t-il ? demanda Klaus, debout à l'extérieur, gardant la tente de son Seigneur.
- Le sage est avec lui. Il s'est réveillé.
- Quel soulagement, souffla l'alpha. Et toi ? Comment te sens-tu ?

Le Prince mit un certain temps avant de répondre.

- Soulagé, je pense. Il est hors de danger, mais je sens que je ne vais pas tenir longtemps.

Surpris, Klaus regarda son ami.

Il était de notoriété publique que le Prince n'avait jamais, jusqu'alors, eut de rut. Il n'avait jamais expérimenté ce moment pourtant essentiel dans un cycle d'alpha. Klaus le savait mieux que personne pour avoir déjà passé plusieurs de ses cycles en compagnie du Prince pour être plus tranquille, avant de rencontrer son époux. Cainnegh et Klaus n'avaient jamais passé de moment intimes ensemble, mais les cycles d'un alpha pouvaient être terrible et terrifiant. Aussi, la présence de son ami auprès de lui, permettait de canaliser ses pulsions et avec le statut d'alpha dominant du Prince, il pouvait être gardé sous contrôle. Mais Cainnegh n'avait jamais eu la chance d'expérimenter ce cycle ou rien qui puisse s'en approcher. 

Est-ce que la découverte de son oméga avait déclenché en lui cette fièvre dangereuse et cette faim qui lui creusait les reins ?

- L'as-tu touché ?
- Prends-tu en comptes le fait qu'embrasser ses lèvres, sa gorge et son intimité c'est le toucher ?
- Bien entendu ! s'exclama Klaus.
- Alors la réponse est oui. Et il me tarde de recommencer, mais pas ici... Pas comme ça...
- Votre Altesse ! l'appela Kael depuis l'intérieur.
- Si le sage lui accorde de voyager, nous partirons dans l'instant. Fais passer le mot.
- Entendu.

De retour dans sa tente, il les trouva à converser calmement, mais l'attitude de Lens était encore celle d'un enfant trahis et meurtrit. Il s'en approcha et il vit son regard se transformer en une étoile brillante. Un léger sourire étira sa bouche. Son cœur battait à tout rompre contre sa poitrine et son corps devenait plus dur et difficile à maîtriser. Ils devaient rentrer et vite.

Cainnegh vint s'installer à côté du lit et attendit le verdict.

- Il ira mieux une fois qu'il sera un peu plus reposer.
- Peut-il voyager ? Je ne puis rester indéfiniment ici.
- Il le peut, mais pas à cheval.
- Nous avons un chariot confortable, expliqua le Prince. Il y sera installé, et vous nous accompagnerez.

Kael regarda le Prince comme si celui-ci était tombé sur la tête.

- Sortez, ordonna le Prince. Dîtes à Klaus de préparer le chariot pour transporter Lens et que nous allons lever le camp dans l'heure.
- D-D'accord.
- Vous aurez assez de temps pour faire vos bagages et nous rejoindre. Maintenant, dehors.

Le silence retomba sur le couple, une fois la tente vide.

- Comment te sens-tu ?
- Je...
- Inutile d'être formel avec moi. Tu es mon oméga et je suis ton alpha, déclara Cainnegh en venant s'installer sur le bord du lit, faisant face à son compagnon qui le dévisageait, le rouge aux joues, ne sachant quoi lui dire ni comment s'exprimer.

Amusé, il lui demanda :

- Dis mon nom, Lens.
- Je...
- Dis le, murmura l'alpha en se penchant tout proche de sa bouche, plantant son regard dans le sien, allumant un désir puissant chez l'oméga.
- Ca... Cainn...ech...
- Encore, souffla-t-il en caressant sa lèvre inférieure de son pouce, l'écoutant soupirer.
- Cai...nnech...
- Encore...
- Cainnech...

Son sourire en coin était celui d'un homme fier, il fondit alors sur sa bouche et la captura avec la douceur dont il était actuellement capable, laissant Lens se fondre dans ses bras quand il enroula les siens autour de ce corps tentateur. Il le sentit devenir plus chaud, plus désireux.

- Lens, il me faut t'avouer une chose importante, gronda Cainnegh. Je n'ai jamais eu de rut.
- Je n'en ai jamais eut non plus, répondit Lens, honteux.
- Regarde moi. Que viens-tu de dire ?

Un espoir éblouissant explosa dans le coeur du Prince.

- Je... n'ai jamais expérimenté de cycle... Je n'ai jamais eut l'occasion de-

Cainnegh posséda sa bouche plus durement. Un bonheur et un soulagement se livrait bataille en lui et ce fut la joie qui l'emporta sur le tout. Lens était comme lui, son infirmité mis de côté, bien entendu. Il le fit basculer en arrière pour approfondir son baiser, mais la voix de Tilla les interrompu, faisant pouffer Lens, légèrement rouge.

- Cela t'amuse t-il ?
- Très, Seigneur. Ce n'est que le signe que nous ne sommes points encore prêts pour cela.
- Tilla ! ordonna le Prince. 
- Seigneur ?
- Aide-le à s'habiller, nous partons bientôt. Aucun arrêt jusqu'à la capitale. Tu veilleras sur lui et le sage.
- À vos ordres.

Cainnegh posséda une dernière fois la bouche du jeune homme, puis disparu pour calmer son corps. Il croisa Tilla qui s'effaça pour le laisser passer, recevant quelques consignes à voix basse avant d'entrer dans la tente à son tour.

Lens le reconnu et un sourire large étira sa bouche.

- Sir Tilla ! 
- Bien le bonjour, cher Héro, s'amusa le soldat en venant s'installer sur le siège, à côté du lit. Comment te sens-tu ?
- Mieux, merci à toi. Le Seigneur m'a dit que tu étais la raison de ma présence ici.
- Hé, hé... 

Le soldat se gratta l'arrière de la tête, peu à l'aise. Avec les cris des chevaliers activés par la préparation pour partir, Kael leur indiqua qu'il retournait à sa maison pour faire ses bagages. Pendant ce temps, Tilla aida Lens à s'habiller, même si le garçon arrivait très bien à se débrouiller tout seul.

- Tada ! s'exclama le soldat en montrant son fauteuil roulant rénové.
- Oh ?! Je le pensais détruit ! 
- Du tout, mon jeune ami. Notre Seigneur a ordonné qu'il soit réparé et qu'on lui apporte quelques modifications d'usage.
- Le... Le Prince a fait ça... rougit-il. Tu as parlé de modifications ? 
- Laissez moi vous présenter, Sir, ce nouveau fauteuil inventé par le futur Empereur de Dadermont.
- Ah, s'amusa Lens installé sur le lit. Rien que ça, et bien mon bon Monsieur, j'ai hâte que vous me présentiez cette nouvelle invention.
- Comme il vous plaira, fit Tilla sur un ton très théâtrale, exécutant une révérence. Nous avons ici de quoi bloquer les roues de votre fauteuil, uniquement en actionnant ces deux tiges, vous pouvez voir des cales apparaître et faire en sorte d'immobiliser totalement votre fauteuil. Nous y avons fait ajouter un cordon de sécurité pour vous maintenir en place. Un confort supplémentaire avec ses coussins de dos et d'assise. Nous avons ici l'emplacement parfait pour une corne ou un carquois et ici la place pour un arc et une épée ou encore des dagues.

Plus Tilla lui présentait les aménagements apportés à son fauteuil, plus son cœur battait dans sa poitrine.

- Tilla.
- Hm ?
- Penses-tu que le Prince ait fait ces changements parce que je suis son oméga ?
- Oh, je vois.

Le soldat s'approcha et lui expliqua tout ce qu'il c'était passé depuis leur arrivée au village et la façon dont avait réagit Cainnegh, avant même de savoir qu'il était son oméga.
Non, il ne l'avait pas fait parce que Lens était sa destinée, mais parce qu'il était un soldat de l'Empire. Un de ses hommes qui avait besoin d'aide de la part de son maître. 
De l'agitation se fit proche de la tente. Kael entra.

- Il est temps de le mettre sur son fauteuil, ils vont venir défaire la tente, sous peu.
- Aide moi, vieux sage, lança Tilla.
- Ton langage, jeune fou, gronda Kael, mais Tilla n'en avait rien à faire, cela l'amusait même, faisant sourire Lens.

Une fois installé et le cordon attaché autour de sa taille, Lens commença à faire tourner les roues pour se diriger vers la sortie. Tilla dégagea le pan de tissus et il put enfin découvrir le grand pré envahis par l'armée du Prince Héritier. Tout ceci lui rappelait l'agitation militaire qu'il avait connu et cela le rendit nostalgique.

- Oh ? fit une voix. Le voilà de nouveau parmi nous !
- Que... Oh ? fit Lens en rencontrant le regard chaud d'un homme qu'il devinait être comme lui.

Ce dernier s'approcha et se planta devant le trio, les poings sur les hanches.

- Est-ce ainsi que l'on salue son général, recrue ?
- Non, Sir ! s'exclama Lens qui, intérieurement pleurait de joie. Veuillez m'excuser, je me nomme Lens Folk, mon général ! 
- À quelle compagnie appartiens-tu recrue ? demanda Mendon, bras croisés sur sa poitrine, un léger sourire sur les lèvres.
- Je fais partie des éclaireurs de la deuxième compagnie, mon général !
- Te souviens-tu de moi ?
- Vaguement, avoua Lens qui avait effectivement eut une impression de l'avoir déjà rencontré quelque part.
- Te souviens-tu d'un oméga enceint que tu as dû faire évacuer à Talway ?
- Oh ?! Était-ce vous, mon général ?
- Si fait, sourit Mendon, heureux qu'il ne l'ait pas oublié. 
- Co... Comment vous en êtes vous sortie après l'explosion ? demanda Lens, malgré la douleur que ce souvenir lui apportait.
- Nous avons été sauvé, grâce à toi. J'ai put mettre au monde ma fille et mon mari, qui se trouvait avec nous est également un rescapé. Nous te devons, tous les trois, la vie.

Mendon mit un genou à terre, le poing refermé sur le cœur, la tête baissée. Lens paniqua et lui bredouilla de se redresser.

- Je suis heureux de savoir que vous êtes sains et saufs, fit le jeune infirme.
- Ceci étant dit, recrue, s'amusa Mendon. Bien que tu sois reconnu comme l'oméga du Seigneur, n'oublie pas les tâches qu'un militaire doit accomplir.
- Oui, mon général ! s'exclama-t-il.
- Allons-y, il t'attends au village.

***

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