~ Chapitre 3.3 ~
Deux enjambées plus loin, elle réalise sa meilleure amie en plein échange de baisers langoureux avec Noah, sur leur ancien canapé.
Cette vision l’amuse sans la surprendre, vu que ces deux-là n’ont pas cessé de se dévorer du regard depuis le début de la soirée. Discrètement, elle tourne les talons pour rebrousser chemin.
Quelques coups d’œil lancés à droite et à gauche l’informent de la disparition du reste de ses compagnons. Elle aperçoit cependant Joakim se déplacer d’un pas rapide vers les toilettes de l’établissement et n’attend pas pour se précipiter vers lui :
— Heeeeeey, Joakim ! lui piaille-t-elle joyeusement.
Il se retourne vivement et revient vers elle pour la dévisager avec dégoût :
— Ne refais plus jamais ça.
— De quoi ? De t’appeler ?
— Tout à fait. On ne se connait pas, Trisha. Tu n’es rien, souviens-t’en.
— Je ne suis rien, mais tu te souviens de mon nom, lui susurre-t-elle avec malice et en se laissant tomber sur sa bouche.
« Manquait plus que ça… », s’agace Joakim avec dégoût. Il conserve les lèvres fermées alors qu’elle y dépose des dizaines de doux baisers dessus. L’expression de son visage ne change pas d’un pouce, il reste impassible et indifférent. Cette scène le dépite et il garde les bras figés, ballants le long de son corps, sans bouger d’un centimètre. Il espère ainsi que cette attitude humiliera assez l’idiote du village pour qu’elle ne s’approche plus jamais de lui…
— Qu’est-ce que tu fous ? lui souffle-t-il dès qu’elle a terminé de l’embrasser bêtement, sensuellement agrippée à son cou comme si elle en avait le droit.
Il souhaite lui faire payer son comportement. Elle doit redescendre sur terre… Il va lui apprendre la vie.
— Tu n’es pas si grand que ça en fait ! Avec des talons, je fais ta taille ! minaude-t-elle en se tortillant contre lui de façon provocante.
Elle semble fière de son minable petit jeu de séduction qui doit très certainement porter ses fruits auprès des arriérés habituels de son âge… Joakim en a la nausée.
— Il faut vraiment que tu dégages, lui souffle-t-il avec mépris et le regard toujours sans expression.
— Ton mauvais caractère m’excite ! lui ajoute-t-elle d’une voix mielleuse qui l’ulcère.
« N’a-t-elle décidément rien compris ? » Le jeune Bauer perd patience.
— Je ne me répéterai pas ! Lâche-moi ! Tu te crois où, putain ?
— Desserre les lèvres et tu ne pourras plus jamais te passer de moi…
— Je ne le redirai pas, Trisha ! Pousse-toi !
— J’adore quand tu dis mon prénom ! souligne-t-elle en le contemplant d’un regard aguicheur.
Elle lui attrape ensuite le visage, tout en collant sensuellement sa généreuse poitrine contre son torse :
— Redis-le encore une fois…
— Pourquoi ? Tu l’entends rarement parce que d’habitude on te siffle ? crache Joakim en luttant pour ne pas s’attarder trop longtemps sur son décolleté plongeant.
Consciente de ses charmes, Trisha rit et ramène la tête de son partenaire râleur vers elle pour le rapprocher de ses seins. Agacé par son comportement, Joakim la fusille du regard, puis arrête de réfléchir et dirige vivement ses mains vers sa taille de guêpe pour la lui caresser lascivement du bout des pouces, dans de délicats petits mouvements circulaires. Elle veut jouer… Il va jouer.
Elle en rougit très vite d’excitation, satisfaite d’arriver peu à peu à ses fins. Son visage s’empourpre et cela amuse Joakim qui la plaque un peu plus fort contre lui afin de sentir son bassin contre le sien.
— Alors, tu fais plus la folle, hein ? la nargue-t-il, tu n’as pas deux ou trois âneries à me lancer ?
— Je ne voudrais pas te piquer ton activité préférée… lui souffle-t-elle en remuant sensuellement contre lui.
— Oh, ça se rebiffe…
— Je te l’avais dit que tu ne pourrais plus te passer de moi… lui susurre-t-elle en ramenant l’une de ses mains sur ses fesses…
Pour réponse, Joakim s’empare vivement de ses lèvres et lui enfonce sa langue dans la bouche pour débuter un long et sauvage baiser, alimenté par tout l’agacement qu’il peut ressentir à son égard. Ravie, elle prolonge son échange sans hésiter et avec avidité.
Elle profite de l’instant. « L’insupportable Joakim Bauer lui appartient ! » songe-t-elle, aux anges. Son bas-ventre s’enflamme alors qu’il la soulève du sol et la ramène dans un coin plus discret pour la plaquer contre le mur le plus proche. Excitée, elle rêve d’aller plus loin et accroche rapidement ses jambes autour de sa taille, sans aucune vergogne ni pensée pour celui qu’elle trompe ce soir ; Joey Sanders.
Il faut dire que son partenaire excelle dans l’art de faire monter la température… Vicieusement, il simule sans pudeur quelques coups de reins, dans le but qu’elle craque et le saisisse par le col pour courir dans un endroit plus intime…
La rouquine n’en peut plus et gémit de plaisir lorsqu’elle sent son sexe gonfler contre le sien. Elle l’imagine déjà entrer en elle pendant qu’il lui embrasse le cou et malaxe son sein de la main gauche. Folle de désir, elle lui attrape à nouveau le visage pour le ramener contre le sien ; il doit comprendre qu’elle le veut, maintenant et tout de suite. Son souffle chaud trahit son excitation, ses pupilles bleu océan se dilatent et fondent dans les siennes. D’un vert praline qu’elle trouve magnifique… Complètement sous le charme, elle s’empare de nouveau de ses lèvres, entre deux halètements.
— J’ai envie de toi… lui murmure-t-elle entre deux baisers.
Le cœur battant la chamade, elle profite de ce moment jouissif où il n’appartient qu’à elle et plus à toutes ces idiotes qu’il a tripotées ce soir ! Aux anges, elle lui passe une main dans les cheveux pour les lui caresser tendrement et déguster l’instant présent. Terrible réalité et jeu dangereux… Il lui plait tellement qu’elle espère qu’il ressente la même chose à son égard.
— Ah, Joakim ! Tu es là ! lance soudain Kristofer en arrivant vers les nouveaux amants.
Amusé par la scène, il rit et dévisage froidement la jeune fille de haut en bas, tandis que Joakim la repose au sol avec hâte et sans aucune douceur.
— Il n’y a plus un chat dans la boite et elle est en train de fermer, ajoute celui qui porte un costard hors de prix. Si tu vois ce que je veux dire…
— Ouais, on rentre, souffle Joakim avec désintérêt.
— On la ramène ?
Il demande cela avec ironie et alors qu’il réalise que son camarade a toujours bon goût en matière de femmes. S’il ne préférait pas les hommes, cette idiote aurait pu lui faire de l’effet !
— Pas besoin, elle est grande, grince Joakim sans se retourner vers la concernée.
— Nickel, ciao du coup ! conclut Kristofer d’un air mauvais.
Les deux comparses filent ensuite vers l’extérieur du nightclub. Ils abandonnent ainsi une demoiselle choquée. Elle n’a encore jamais subi pareille humiliation et en déglutit de honte, avant de se ressaisir et prendre le chemin de la sortie peu après.
À l’extérieur de la boite de nuit, elle constate qu’Amy et Noah l’attendent depuis un quart d’heure, car le blondinet savait que son cousin ne la ramènerait pas.
Émue par sa gentillesse, la rouquine le remercie chaudement et les trois lycéens se mettent en route pour repartir.
Le couple aux cheveux dorés marche main dans la main. Ils discutent de tout et de rien, de la soirée qu’ils viennent de passer dans une ambiance chaleureuse et conviviale… Trisha les trouve adorables et très assortis. L’ange tombé du ciel, Noah, va bien avec sa meilleure amie. Les observer lui rappelle le comportement de Joakim à son égard, alors qu’on ne la laisse jamais derrière d’habitude. On a encore moins honte de l’embrasser ! La côtoyer reste une fierté pour tout homme normalement constitué ! Sans prétention, elle se sait capable de séduire n’importe qui, rien qu’en claquant des doigts. La preuve : elle séduisait quand même la coqueluche du lycée, Joey Sanders, sans lever le petit doigt ! « Elle n’est donc pas n’importe qui et le diable Bauer doit de s’en rendre compte ! » songe-t-elle avec une colère noire pour l’infâme ingrat !
La petite bande arrive devant son immeuble vingt minutes plus tard. Noah l’a ramenée en premier, car il espère grappiller quelques minutes d’intimité avec sa nouvelle conquête. Compréhensive, la rouquine leur souhaite une bonne nuit et, alors que le jeune homme blond l’enlace amicalement avant de la quitter, il lui glisse dans le creux de l’oreille :
— Ne t’attache pas à lui…
Il file ensuite reprendre la main de sa douce pour repartir en sa compagnie, tandis que Trisha les regarde s’éloigner, l’air perdu, perturbée par sa phrase…
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