Chapitre 4
Carlington s'avança parmi la foule, se faisant saluer avec tout le respect et la crainte qu'il leur inspirait, jusqu'à ce qu'il sente ces regards curieux se fixer sur la petite apeurée, poussée derrière lui. Des murmures grondèrent parmi les invités. Il devait se retenir d'intervenir pour laisser le temps à Taeliya d'assimiler ce qu'elle avait accepté quelques heures plus tôt, dans son bureau. Un coup d'œil lui apprit qu'elle s'était battue avec ses propres pensées. Le dos droit, elle arborait un léger sourire timide, le regard fixé devant elle et les mains posées sur ses genoux. Elle avait tout d'une princesse que l'on menait au sacrifice et qu'elle le savait déjà. Dieu que cette petite avait la bravoure et le courage d'une guerrière !
— Bonsoir, mon cher Carlington ! Qui est donc cette petite chose que vous trimballez avec vous ? demanda un homme en costume, une jeune femme d'au moins vingt ans sa cadette pendue à son bras.
— Ma Pupille.
Le silence qui s'ensuivit fut pesant. Il quitta le groupe pour se diriger vers le centre de la pièce. Il n'avait pas à demander l'attention, il l'attirait naturellement. Taeliya, légèrement en retrait, attendait qu'il prononce son discours et officialise son entrée dans le clan. Attentive, elle étudia la foule, tout en essayant de garder son calme. Il y avait beaucoup trop de monde. Elle voulait pleurer, crier et fuir à toutes jambes, mais dut se faire violence, subissant pour ne pas faire honte à son protecteur et maître.
— Chers amis ! Je vous souhaite la bienvenue, ce soir. Comme vous avez pu le remarquer, se trouve à mes côtés une jeune personne qui vous intrigue sûrement.
— Où l'avez-vous eue ?!
— L'avez-vous achetée ?!
Les blagues grasses commencèrent à tomber, mais Taeliya resta courageuse face à ces gens qu'elle ne connaissait pas. Carlington commença à s'impatienter, ce qui devenait assez dangereux.
— Nul besoin d'arriver à ce genre d'insultes, reprit-il sombrement. Cette jeune fille m'a été confiée il y a peu. Elle a participé à dénoncer une attaque me visant et m'a sauvé d'une certaine humiliation quant à mon ignorance sur un sujet d'art. Bien qu'elle soit malade et fragile, Taeliya Gordon est ma protégée. Elle est présente ici malgré le fait qu'elle soit terrifiée, mais voyez en elle une courageuse guerrière qui a su braver un être bien plus sanguinaire que Vlad.
Des rires fusèrent, mais la pique était là pour rappeler, à qui l'écoutait, qu'il n'avait pas aimé ce qu'il s'était dit quelques instants plus tôt.
— J'espère que vous saurez lui faire bon accueil et profiter de son savoir, bien qu'elle soit très jeune. Je vous souhaite une bonne soirée !
Il se dirigea vers le petit groupe, toucha deux mots à ses gardiens, puis repartit accompagné de Gildas et de quelques autres hommes de mains. Joe poussa le fauteuil jusqu'au buffet et laissa Sonia composer une assiette pour eux, avant de se poster dans un coin de la salle, laissant Taeliya respirer un peu. Mais à peine furent-ils installés que plusieurs invités vinrent les trouver et lui faire passer un interrogatoire musclé auquel elle répondit avec brio, quoique son envie de fuir était la plus forte. Des nausées se disputaient son estomac, l'empêchant de toucher à un seul morceau de sa délicieuse assiette.
La voyant barbouillée et hésitante, Laurent tenta d'écourter les présentations pour donner du temps à la petite qui tremblait de plus en plus.
Soudain, un groupe d'hommes en noir apparut.
— Salut, les gars, fit Hélène en souriant aux nouveaux venus.
— Salut, c'est elle la nouvelle ?
— Tes manières !
— Déso'. Salut, on va pas te manger, t'en fais pas. On vient juste te souhaiter la bienvenue chez nous. Si t'as besoin de quoi que ce soit, vu que t'es sous la protection du grand Patron, t'hésite pas.
L'homme lui adressa un sourire sincère, bien que l'éclat dans son regard indiquait clairement qu'il voulait prolonger le moment pour en découvrir un peu plus sur elle. Étrangement, elle se sentit plus tranquille avec eux présents autour d'elle qu'avec les invités qui lui envoyaient des ondes terrifiantes. Alors qu'ils allaient la quitter, Carlington s'approcha pour lui proposer une danse. Les mafieux s'écartèrent pour le laisser passer.
— Seriez-vous d'accord pour m'accorder cette danse, ma chère ?
— Je... Je ne suis pas adepte des danses devant autant de gens.
— Oh, ne me refusez pas ce plaisir, fit l'homme faussement déçu.
Pour la première fois, Taeliya se prit à pouffer, ce qui fit l'effet d'une explosion de chaleur. Ils la dévisagèrent et se prirent à vouloir l'entendre rire encore plus. Son sourire, même timide, était le plus beau et ils voulaient le voir s'élargir encore plus. Mais ses douleurs étaient beaucoup trop présentes pour qu'elle ne leur offre ce qu'ils espéraient d'elle. Toutefois, Carlington lui tendit la main et on l'aida à quitter son fauteuil. Elle glissa ses doigts fins sur la paume chaude du mafieux qui la referma sur elle pour lui apporter un peu d'aide et de courage. Elle trébucha en voulant avancer, mais il la rattrapa de justesse. Elle était toute fine et en piteux état, mais confiante. Elle lui démontra qu'elle n'allait pas se laisser faire sans se battre.
Il l'aida à traverser la mer d'invités curieux pour se poster au milieu de la piste de danse improvisée et lui indiqua comment placer ses mains. La musique se lança et ils entamèrent une valse d'abord timide, puis, après quelques ratés, il la souleva pour placer ses pieds sur les siens, afin de mieux la faire danser. La musique prit de l'ampleur et il put admirer son regard si rare, sa chevelure brillante sous les lumières, son maquillage léger et son grain de peau parfait. Sa maigreur se voyait à travers sa robe, mais elle semblait ne pas s'y fier et profiter de l'instant. Alors il lui offrit la plus belle des danses, récompense rare qu'il se devait de lui fournir pour ne pas la voir perdre cet éclat qui venait de s'allumer dans ses yeux. Elle était indéniablement très belle et sans nul doute qu'elle ferait des ravages dans les rangs de ses hommes. Rien qu'à l'imaginer entourée de tous ces assassins, dont les mains étaient tachées de sang, discutant avec eux comme si elle parlait à des membres de sa famille ou des amis, le faisait sourire intérieurement.
Il pouvait voir, en relevant la tête, qu'elle était le centre d'attention de ces derniers, attroupés non loin d'eux. Quand la musique prit fin, elle descendit de ses pieds et lui offrit une adorable révérence à laquelle il répondit en s'inclinant, baisant le dos de sa main. Mais la fatigue la rattrapa et il dut la soulever de nouveau, telle une belle princesse, et la redéposer dans son fauteuil.
— Merci pour cette danse, ma chère, lui dit-il en souriant. Mangez et montez vous coucher. Demain sera encore plus exténuant.
— Merci, Monsieur Carlington, lui répondit-elle, les joues légèrement rosies. C'était ma première fois et j'espère ne pas trop vous avoir écrasé les pieds.
— Oh, vous avez été une excellente partenaire. Bonne nuit, ma chère.
— À vous aussi.
Il les quitta, toujours accompagné de ses gardes du corps. L'attroupement de mafieux autour d'elle ne put s'empêcher de la complimenter ou de la taquiner sur sa danse avec le Boss. Ce fut le déclic qui lui donna soudainement faim. Ce fut à cet instant qu'elle poussa un long soupir d'aise quand elle put enfin ingurgiter autre chose que du riz et de la soupe. Elle se laissa aller avec ce simple morceau de poulet braisé. Malgré sa faim évidente, elle n'en prit pas plus. On pouvait voir un plaisir non feint dans son regard vairon brillant de gourmandise.
— Tu veux un dessert ? demanda Sonia en souriant, heureuse de la voir manger, même si ce n'était que très peu.
— Hmm... Non merci, c'est déjà trop ce que je viens de manger et je pense que mon corps n'en supportera pas plus. Mais c'était délicieux !
« déjà trop »
Cette phrase semblait les avoir tous choqués. Elle n'avait quasi rien mangé, mais pour elle, c'était trop... Joe fit signe de ne rien dire, pour ne pas la mettre plus dans l'embarras.
— Tu veux monter te coucher ?
— Je veux bien... Merci.
Elle s'adressa alors aux autres en s'excusant de leur fausser compagnie et leur souhaita une bonne fin de soirée. Subjugués, ils lui répondirent avec beaucoup trop de joie. Elle pouffa et les salua d'un hochement de tête, avant que le groupe ne quitte définitivement la salle.
— Elle est trop mignonne...
— Elle a quel âge ? Vous savez ?
— Pourquoi ? Tu veux te la faire ?
— Gaffe à toi, c'est la protégée du patron !
Les hommes se mirent à rire, mais cette information ne resta pas dans le vide. Oui, elle était la protégée du patron et s'il lui arrivait quoi que ce soit, ils se savaient déjà tous morts.
Dans sa chambre, Hélène et Sonia l'aidèrent à se mettre en pyjama, puis l'accompagnèrent jusqu'au grand lit moelleux. Elles la bordèrent et restèrent une bonne demi-heure avec elle, le temps qu'elle s'endorme.
Une fois la lumière baissée et la porte refermée derrière elles, Hélène ne put s'empêcher de vouloir redescendre pour trouver son mari, mais Sonia lui proposa une accolade pour partager ses émotions.
— Pauvre petite, pleura-t-elle contre son amie.
— Rassure-toi, le Boss a accepté qu'elle continue ses études et son traitement.
— Il a flashé sur elle, murmura Laurent, non sans pouffer.
— C'est vrai qu'elle a fait sensation, ce soir.
— Elle est très courageuse. Il faudra en prendre soin.
— Il ne devrait pas tarder à rentrer, non ?
— Il ? Oh ! Qu'est-ce qu'il va penser de la petite ?
— Je pense qu'il va juste l'ignorer.
Un silence entoura le groupe jusqu'à ce qu'ils ne soient appelés dans le bureau du chef, afin de profiter d'un moment calme.
— Ah, vous voilà ! Jess et Ty vont vous remplacer.
— Elle s'est endormie, mais avec tout ce qu'elle a subi, je ne pense pas qu'elle dormira très longtemps, prévint Sonia aux deux hommes de mains qui notèrent l'information, avant de partir pour la chambre de la jeune fille et de se poster devant la porte, tels deux gardes.
— Elle a fait sensation.
— Ils sont déjà très curieux, gronda Carlington.
— Boss, Il rentre bientôt, non ? Ça va lui faire tout drôle de voir la petite au manoir.
— Personne ne l'a prévenu ?
— Je crois pas, non.
— Je l'ai envoyé en mission, il ne doit pas savoir que Taeliya est ici ni comment elle est arrivée là. Laissons-lui la surprise, ironisa le chef en souriant, imaginant la tête que fera son bras droit une fois face à ce petit bout de femme.
Nul doute qu'il sera perturbé, mais acceptera-t-il sa présence au sein du clan ? Il n'était pas connu pour être tendre. À vingt-huit ans, c'était un homme très sombre dont les colères étaient redoutables. Sa force brute n'épargnait personne, pas même lui qui se retrouvait isolé à chaque fois qu'une crise de colère éclatait. Tout était détruit sur son passage et les meurtres s'enchaînaient. Bien que Carlington apprécie l'homme, il ne faisait pas le poids face à lui et à chaque fois, il devait s'assurer que ce dernier reste le plus calme possible. Alors oui, la question se posait. Comment réagirait-il face à la jeune fille terrifiée par ce monde dans lequel elle avait dû plonger tête la première et non par choix ?
Pendant qu'ils discutaient, appréhendant le retour de l'homme le plus sanglant et violent de tout le clan, Taeliya se tournait et se retournait dans son lit, en prise avec un cauchemar.
« Ma chérie, pourquoi as-tu fait ça ? »
« Qu'est-ce que j'ai fait ? Vous m'avez abandonnée pour de l'argent et vendue à la mafia ! »
« Tu as donné la mort à un homme innocent. »
« Innocent ?! Non, mais tu t'écoutes, papa ? Cet homme voulait escroquer le plus grand patron de la mafia et tu voulais que j'y laisse ma peau pour quoi ?! »
« Tu aurais pu nous rejoindre », hasarda sa mère.
« Mais tu t'écoutes, maman ? Tu as été la première à me dire de survivre et maintenant, tu veux que je meure pour vous rejoindre ? C'est une blague ? »
« Tais-toi, meurtrière ! »
« Marc... Toi aussi ? Est-ce que je dois citer ce que j'ai appris et pourquoi j'ai été vendue et abandonnée ? »
Les visages de sa famille, bien que flous, lui apparurent choqués.
« Quoi qu'il ait pu te dire, c'était un mensonge », grommela son père.
« Un mensonge, hein ? Et les dettes pour mes soi-disant soins à l'hôpital, alors que vous avez utilisé l'argent pour vous payer une nouvelle voiture, des produits de luxe et ce fameux séjour dans le SPA des alpes ? Est-ce que je les invente ? »
Les formes devinrent encore plus floues, puis se jetèrent soudain sur elle, tentant de l'étrangler. Taeliya se débattit comme elle put, cherchant à se réveiller autant qu'à échapper à ces visions qu'elle ne s'expliquait pas.
« Les meurtriers, c'est vous ! » parvint-elle à hurler, avant d'être brutalement réveillée par un sol dur et des bras puissants qui cherchaient à la faire revenir à la réalité.
— Eh, petite ! s'exclama une voix au-dessus d'elle. Petite, tu m'entends ? C'est Jess, on s'est vus tout à l'heure, dans la salle de réception. Dis, tu m'entends ? Ça va pas ? Va chercher le doc !
Taeliya suffoquait, tentait de hurler à l'aide, mais le manque d'air était beaucoup trop violent, lui faisant tourner la tête. L'homme la souleva pour la replacer dans le lit, tout en essayant de la faire revenir à elle. Quand elle ouvrit les yeux, il pouvait voir la terreur, celle que ses victimes avaient avant de mourir. Elle venait de subir quelque chose qu'il ne comprendrait peut-être pas, mais il savait qu'elle avait peur et qu'elle était à deux doigts de partir s'il ne faisait rien pour l'aider.
— Là, tout va bien, ma belle, dit-il d'une voix plus douce. Là, regarde, je suis bien vivant et réel. Tu es en sécurité.
Elle prit un moment avant de réaliser que le jeune homme était effectivement tangible et qu'elle était enfin revenue à elle. Alors elle se jeta dans ses bras et pleura tout son saoul. Ses phrases étaient incompréhensibles, mais il n'y fit pas attention, lui caressant le dos pour l'aider à retrouver son calme. Tout son corps tremblait d'une frayeur bien visible, mais pour l'heure, il devait l'aider à retrouver ses esprits. Peu importe ce qui l'avait amenée à une telle frayeur, Jess se dit que quelque chose la poursuivait dans son sommeil et qu'avec les évènements récents, elle les avait matérialisés au point que ceux-ci s'étaient retournés contre elle.
— Tout va bien. Je suis là, tu te souviens de mon nom ? lui demanda-t-il d'une voix aussi posée que possible.
Il l'entendit renifler et la sentit hocher la tête contre son épaule.
— Bien, dis-le.
— J... Je... Jess...
— C'est bien, Princesse. Dis-le encore une fois.
— J-Jess...
— C'est ça, encore une fois.
— J... ess...
— Très bien. Dis-le encore une fois et prends une grande inspiration. Concentre-toi sur ma voix et uniquement ma voix, d'accord ?
La porte s'ouvrit, mais il fit signe de garder le silence le temps qu'il lui donne ses consignes et qu'elle les applique pour retrouver son calme.
Après une bonne quinzaine de minutes, Taeliya s'endormit contre lui. Jess ne l'avait pas lâchée un seul instant. Il l'allongea et retapa le lit pour qu'elle y soit plus à l'aise.
— Que s'est-il passé ? s'enquit Carlington, visiblement inquiet.
— Je pense que sa famille la poursuit dans ses rêves, mais celui-là a été violent.
— Une forme de PTSD* ?
— Elle n'a pas vraiment eu le temps de faire le deuil de sa famille, alors ça peut jouer, oui, confirma Joe en s'affairant autour de la jeune femme.
— Merci, Jess.
— C'est mon job, Boss.
— Jess, tu lui as évité le pire, donc merci.
Le jeune homme étudia la petite endormie et ressentit un point au cœur. Elle était si jeune et venait de traverser une épreuve que personne n'aurait pu subir sans se donner la mort.
— C'est une battante... murmura-t-il. Je vais rester dans la chambre pour la surveiller, vous inquiétez pas. Si y a le moindre souci, je vous appellerai.
La chambre redevint silencieuse après le départ du groupe. Jess reçut des recommandations de la part de Joe et s'installa dans le grand fauteuil près de la fenêtre. Il se perdit dans ses réflexions, alors qu'elle dormait un peu plus calmement.
Durant la nuit, il dut la border plusieurs fois, réduisant ses cauchemars autant qu'il le pouvait. Elle s'était même accrochée à lui et il avait fini par s'allonger près d'elle, la laissant s'agripper à sa chemise noire comme à une bouée de sauvetage, tandis qu'il lui caressait le dos, un bras replié derrière sa nuque. Au petit matin, Joe entra s'enquérir de son état et les trouva ainsi, dans le lit. Jess ouvrit un œil et fit signe de rester silencieux.
— Comment va-t-elle ?
— Elle s'est beaucoup agitée, mais s'est calmée dès qu'elle s'est agrippée à moi.
— Merci, Jess. Tu peux aller te coucher, je vais rester avec elle jusqu'à ce qu'elle se réveille.
— Ok. Bonne nuit, doc, fit le jeune homme en quittant le lit en baillant.
Taeliya se réveilla un peu désorientée et découvrit, grâce à Joe, ce qui lui était arrivé durant la nuit. Elle lui expliqua alors son mauvais rêve et il en conclut qu'elle avait fait une sorte de cauchemar révélateur. Elle s'en inquiéta, mais il la rassura en disant qu'avec le temps, elle arriverait à s'en défaire et à les combattre.
On lui apporta son repas dans la chambre et deux heures plus tard, Sonia arriva pour les conduire à l'hôpital International où se déroulerait sa journée.
***
* PTSD : ou Troubles du Stress Post Traumatique (TSPT) survient après un gros évènement traumatisant, causant des troubles psychiatriques. Cela peut se traduire par des souffrances psychologiques ou physiques qui altèrent profondément la vie de la victime, que ce soit sur le plan social, personnel ou professionnel.
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