Chapitre 12

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Taeliya se réveilla doucement le lendemain, aussi fraîche que si elle avait dormi toute une semaine sans se réveiller. Du bruit dans la chambre attira son attention. Un réveil sur sa droite lui indiqua qu'il était à peine 6 h du matin.

— Je t'ai réveillée, petite Princesse ? entendit-elle non loin.

En tournant la tête, elle trouva Noah les cheveux mouillés et une serviette autour de la taille, lui laissant le loisir d'admirer son torse musclé, ainsi que ses bras puissants et marqués des tatouages du clan. Des cicatrices zébraient son corps comme des témoins silencieux de sa vie peu commune et très dangereuse. Il s'approcha et s'installa près d'elle.

— Comment tu te sens ?

— Bien. Merci d'être resté avec moi cette nuit.

Il lui sourit gentiment et ébouriffa ses cheveux qui devaient déjà être dans un état déplorable.

— Jess est rentré dans la nuit. Comme il ne te trouvait pas dans ta chambre, je suis sorti pour lui dire où tu étais, mais tu n'as pas crié.

— Tu m'as laissée toute seule ? s'étonna la jeune fille en se redressant contre les coussins.

— Oui, mais je n'étais pas loin. Il est passé te souhaiter bonne nuit et a réintégré sa chambre.

Taeliya ne pouvait se détacher du regard pénétrant et sombre de l'homme assis à côté d'elle qui se délectait visiblement des rougeurs colorant ses joues.

— Tu devrais retourner dans ta chambre pour préparer ta valise pour ce week-end.

— On part quand même ?

— Le Patron veut célébrer ta première soirée et le fait que grâce à toi, il ait gagné gros hier soir.

— L'expert l'a vu ?

— Oui. Et il a confirmé ce que tu as dit durant les enchères.

— Je suis soulagée de ne pas m'être trompée, soupira-t-elle.

— Tu es douée, petite Princesse, fit le mafieux en lui tapant gentiment sur le bout du nez, la faisant rire. Ne doute pas de toi.

Noah se releva pour aller enfiler un jean sombre délavé et troué aux genoux.

— Kim m'a dit pour ton altercation avec la femme Kinglsey.

— Je l'avais vue venir avec ses allégations... dit-elle en s'étirant dans le lit.

— Qu'est-ce qu'elle t'a dit ?

Taeliya savait que si elle le lui révélait, il serait furieux, mais qu'il le serait plus encore si elle ne lui disait rien.

— Elle m'a demandé ce que j'étais pour avoir le privilège d'accompagner Monsieur Carlington à cette soirée et qu'elle avait pourtant tout fait pour qu'il la remarque et que ça n'avait jamais rien donné. Elle ne m'a pas crue quand je lui ai dit que j'étais sous son aile.

— Elle a insinué que tu avais vendu tes charmes ?

— On va dire ça, oui. Mais je pense que ça aurait pu mal tourner si Kim ne m'avait pas récupérée à la sortie. J'ai tenté de lui clouer le bec, mais elle a failli me rattraper pour me réduire en pièces.

— Une chance alors que j'aie demandé à Kim de ne pas te lâcher de la soirée, confirma Noah en réapparaissant affublé d'un t-shirt noir qui enserrait ses biceps prêts à faire éclater le tissu, moulant son corps à la perfection.

— Merci, Noah, dit-elle timidement.

Il lui adressa son premier vrai sourire, ce qui les étonna tous les deux. Elle se leva sur le lit, s'approcha du géant et lui plaqua un baiser sur la joue, avant de quitter les lieux sur la pointe des pieds, aussi vive qu'une gazelle prise en chasse.

Il avait été si surpris qu'il eût un temps avant de se reprendre. Son cœur battait lourdement contre sa poitrine, cherchant à rattraper la jeune fille pour l'enfermer et la priver de la lumière du jour. Son démon intérieur semblait l'apprécier et tous les deux avaient trouvé une paix étonnante durant la nuit, en la tenant contre eux. Ils n'avaient pu s'empêcher de l'admirer dormir, paisiblement tournée contre leurs cœurs qui s'étaient apaisés le temps de quelques heures.

Son démon avait refusé de la quitter quand la sonnerie de son portable avait retenti vers 4h30 du matin, afin qu'il aille faire sa séance. Il avait d'abord hésité à la quitter, se souvenant de ce qu'elle lui avait confié sur ses cauchemars, mais quand il était revenu, elle dormait toujours aussi paisiblement.

« Ils ont peur de toi et de ton antre ».

La réflexion l'avait fait sourire et il espérait qu'elle lui demande de dormir avec lui ce soir, même si c'était loin du manoir.

Noah avait poussé son ami et chef à tenter une expérience, afin d'en savoir plus. Il savait que cette nuit serait décisive pour lui, comme pour le futur de la petite.

Il pouvait entendre ses hommes en train de se réveiller et de se préparer pour le voyage. Stein était debout depuis longtemps. Noah doutait même qu'il se soit vraiment endormi, tant ça cogitait dans sa tête depuis qu'ils avaient discuté du dossier envoyé par Joe. Ils ne partiraient pas avant au moins 10 h, ce qui laissait le temps à Stein d'aller faire son test, mais il fallait un élément de comparaison pour savoir. Noah se tourna vers son lit et chercha.

— Je te tiens.

Un long cheveu miel était étalé sous le coussin sur lequel avait dormi la jeune fille. Il prit de quoi enfermer l'échantillon et profita de rentrer dans le bureau du Boss pour lui donner le sachet où était indiqué le nom de la demoiselle.

Stein lui adressa un regard surpris. Aucun mot ne fut prononcé, mais il comprit le geste et le remercia d'un hochement de tête.

Noah retrouva Taeliya et quelques membres du clan en train de prendre leur petit déjeuner dans une ambiance détendue. Kim lui fit signe de venir le rejoindre. Taeliya discutait avec Joe et un autre gars de la soirée qu'elle avait passée la veille. Ça avait visiblement fait le tour du manoir et chacun y était allé de son petit commentaire. Elle ne sembla pas contrariée ni perturbée quand on lui apprit ce qu'il s'était passé au petit restaurant. Elle poussa simplement un long soupir et déclara :

— Je suis juste déçue que la soirée se soit finie ainsi. J'avais hâte d'avoir un moment plus tranquille...

— Tu verras, Princesse, intervint Jess à côté d'elle. Tu vas passer un chouette week-end à l'hôtel de la côte.

— Monsieur Carlington m'a dit que j'allais pouvoir nager !

Elle avait l'air si joyeuse que Noah s'interdit de rajouter quoi que ce soit qui lui ferait perdre ce sourire intense qui faisait briller son regard vairon.

— Tu as déjà fait ton sac ?

— Oui. J'ai eu un peu de mal à savoir quoi prendre, mais Sonia est venue à ma rescousse.

— Elle devait être contente de pouvoir t'aider, affirma le mari de la mafieuse en souriant. Tu ne t'es pas sentie trop fatiguée, hier soir ?

— Non, N-... l'Oni m'a administré correctement mon traitement.

— J'ai eu un bon professeur, répondit le concerné en posant son assiette et sa tasse sur la table.

Taeliya sursauta. Elle lui adressa un sourire timide, mais reconnaissant.

— Merci de l'avoir aidée.

— Pas de soucis. On part à 10 h, tu auras le temps de préparer tes devoirs ?

— Je les ai déjà finis.

— Tu es très studieuse, petite Princesse.

— Je suis boursière. Si je me loupe, je peux lui dire au revoir.

Noah ne dit rien, mais lui caressa la tête, comme pour la récompenser. Elle lui tira la langue et quitta la table sous les rires des hommes.

— Cours, petite Princesse, tu sais que tu ne fais pas le poids.

— Non, ça, c'est sûr ! s'écria-t-elle en quittant la pièce en courant pour se réfugier dans sa chambre, afin de se préparer et de jeter un dernier coup d'œil à ses devoirs. Il lui restait encore quelques heures avant qu'ils ne partent pour la côte.

Elle n'avait pas revu Stein depuis leur retour. Elle se demanda s'il avait pu dormir et s'il allait bien. Elle monta alors, bravant l'interdit, pour rejoindre l'étage de l'élite et toqua à la porte des appartements du patron, mais personne ne lui répondit. Elle tenta alors son bureau et n'eut pour réponse qu'un silence pesant. Déçue, elle retourna dans sa chambre pour faire ce qu'elle avait programmé.

Stein était déjà parti depuis quelques minutes quand Joe l'appela.

— Elle te cherchait.

— Je suis à l'hôpital, ton ami m'a appelé ce matin pour l'y rejoindre. Noah m'a donné un échantillon qu'il a trouvé dans sa chambre.

— Le cachottier, pouffa Joe. Tu veux que je vienne te chercher ?

— Oui. Ton ami m'a dit qu'il aurait les résultats dans peu de temps.

Les deux hommes raccrochèrent et le mafieux s'installa dans le cabinet du fameux ami médecin.

— Vous êtes prêt ?

— Il faut que je sache, faisons ça vite.

— Bien, Monsieur.

Stein était exténué. Il n'avait qu'une peur, que ce dossier soit faux. Mais savoir qu'il pouvait s'avérer exact lui retournait l'estomac. Cela voudrait dire que le bébé qu'il avait perdu n'était pas le sien. Ça changerait beaucoup de choses. À qui donc était ce bébé qu'il avait pleuré ? Si Taeliya était sa fille... Si elle l'était réellement...

Alors qu'il attendait dans le couloir, une larme brilla au coin de son œil. Il se refusa à la laisser couler tant qu'il ne saurait rien.

— Boss ! entendit-il sur sa droite.

Joe venait d'arriver. Il marchait rapidement au moment où son ami sortit du labo où il faisait les tests ADN.

— Ah, salut, Christian.

— Salut, Joe. J'ai vos résultats.

Stein se redressa d'un bond, le regard plein d'espoir. Le médecin lui tendit une feuille et se recula, laissant le temps au mafieux de lire et d'en tirer ses propres conclusions.

Il se laissa choir lourdement sur le siège, le regard dans le vide.

— Quoi ? Quoi ?! Stein, dis-moi ! Qu'est-ce que-

— C'est elle.

L'information tomba brutalement dans le silence froid du couloir. Joe lui prit la feuille et lut toutes les informations médicales qui s'y trouvaient, jusqu'au résultat. 99,999 %. Elle était la fille de Stein Carlington. Les doutes du médecin avaient trouvé leur réponse. Il avait vu juste. La petite avait le tempérament de son chef et la douceur de sa femme décédée. Mais une ombre restait inexpliquée.

— Si elle l'est... Qui est mort dans les bras de Maria ?

— Je crois que j'ai une réponse à ce propos, entendirent-ils derrière eux.

— Oni...

Stein se leva et attrapa le géant par le col de sa veste.

— Dis-moi ! Dis-moi ce que tu sais ! Qui ai-je pleuré dans les bras de ma femme ? Qui était avec elle ?! Dis-moi ce que tu sais !

— Les bébés ont été échangés.

Stein reçut le coup comme une balle perforante d'un calibre de fusil.

— Échangés ? Que veux-tu dire ?

— J'ai pu remonter, depuis les informations que j'ai récupérées sur Taeliya, jusqu'à sa naissance. J'ai trouvé le lieu et la clinique se souvenait de ce nourrisson adorable, mais en difficulté respiratoire. Maria avait eu un accouchement si difficile à cause des coups de feu que le cordon avait failli étrangler le bébé. Une autre femme venait d'accoucher dans une autre salle, mais l'enfant n'a pas survécu. Il était mort-né et la femme était devenue hystérique. C'était aussi une petite fille.

— Qui ?

— Gordon.

— Les parents de Taeliya ?

— Techniquement, Stein est son père biologique, de ce que je viens d'apprendre. Quand la femme Gordon a perdu son bébé à la naissance, le père bossait déjà pour l'hôtel et escroquait tes employés. Quand il a appris que Maria accouchait dans la même clinique, il s'est empressé d'échanger les bébés. Ils n'ont pas eu le temps de vérifier l'état du tien, car Maria a été tuée avec le cadavre encore chaud du leur.

Stein reçut chacune des informations avec une rage et une tristesse des plus violentes.

Il devait voir Taeliya. C'était urgent ! Il devait la voir et la prendre dans ses bras pour s'assurer qu'elle était bien sa fille.

Il récupéra la feuille et fonça vers sa voiture, le regard furieux, les sourcils froncés et une boule dans la gorge qui l'empêchait de respirer correctement. Sa fille, son bébé, était là, chez lui, vendue par ceux qui l'avaient kidnappée et qui n'avaient eu aucun scrupule à l'utiliser pour se sauver d'une mort qu'ils s'étaient eux-mêmes donnée par pure lâcheté.

Il écrasa son pied sur l'accélérateur et fonça droit vers le manoir qui n'était qu'à une quinzaine de minutes de l'hôpital.

Il déboula dans le hall et cria le nom de la jeune fille.

— Taeliya ?! Taeliya !!

— Ou... Oui ? entendit-il à l'étage.

Elle était terrorisée. Il s'en voulut, mais il n'avait pas le temps de regretter le ton qu'il employait. Il avait besoin de la prendre dans ses bras et de lui parler. C'était urgent.

— Prends ton manteau et rejoins-moi dans le jardin, immédiatement.

— D... D'accord, j'arrive.

Il sortit en trombes pour aller s'installer près du kiosque, à l'écart des regards curieux et effrayés du clan. Elle le rejoignit peu après, frissonnante de peur, se demandant ce qu'elle avait pu faire pour déclencher une telle attitude chez lui.

— Je... J'ai fait quelque chose ?

Stein se retourna et lui présenta la feuille. Hésitante, elle la lui prit, les mains peu assurées, et se mit à lire. Quand elle arriva à la ligne de résultats, ses yeux s'agrandirent. C'était une blague ?! Ça ne pouvait être que ça. Mais quand son regard croisa celui du mafieux, ses doutes se dissipèrent. Il pleurait. Les gouttes d'eau inondaient son visage au point qu'elle ne le reconnaissait plus. Il était détruit et s'effondrait à genoux face à elle. Taeliya l'écouta s'excuser sans interruption. Il lui demanda pardon, sans qu'elle ne comprenne pourquoi.

— Joe avait des doutes. Des parents ne pouvaient être aussi cruels... dit-il entre deux sanglots, la tête basse. J'ai envoyé Noah enquêter et tous les deux m'ont poussé à faire un test ADN.

— Que... Je... Je ne comprends pas... Qu'est-ce que...

— L'Oni a appris que le soir où j'ai perdu ma femme, ta mère a également accouché. Ton père travaillait déjà à l'hôtel et avait déjà bien engagé ses dettes dans ses petites escroqueries au sein du staff. Ta mère a perdu son enfant à la naissance, une petite fille. Maria, ma femme, a failli perdre la nôtre à cause du stress. Le cordon s'était enroulé autour du cou du bébé... Ton père, sachant qu'elles étaient dans la même clinique, s'est empressé d'échanger les bébés et ma femme a été tuée, un cadavre encore chaud dans les bras.

La jeune fille mit sa main devant sa bouche, s'empêchant de crier. Les larmes lui brouillaient la vue, sans pour autant couler. Elle voulait savoir et ne pleurerait pas avant.

— Le bébé était déjà mort quand ma femme l'a eu dans ses bras, avant d'être abattue. Mais toi, tu avais été sauvée pour être kidnappée. Taeliya, ce test indique que tu es ma fille biologique. Dans leurs méfaits, ils t'ont sauvé la vie.

Taeliya pleura alors toutes les larmes de son corps. Tremblante, elle s'effondra sur le sol en bois du vieux kiosque. Elle pleura à la fois de soulagement et d'horreur. Elle ne pouvait en vouloir au mafieux d'avoir tenté de savoir, mais elle s'en voulait d'avoir osé appeler cet homme « monstre ». Elle avait certes très peur de son monde, mais elle y était née et en avait été arrachée par jalousie ou envie de vengeance, elle ne le saurait jamais. Avaient-ils réellement voulu la vendre pour s'enrichir sur son dos pendant que cet homme pleurait la perte de son enfant présumé et de sa femme abattue froidement devant ses yeux ?!

Elle pleura et sentit contre elle une paire de bras qui la collait à un torse puissant dont le cœur meurtri résonnait contre sa poitrine.

— Taeliya... l'entendit-elle murmurer contre son oreille. Je suis désolé, j'aurai dû le faire avant. J'aurai dû enquêter plus tôt pour te retrouver... Je suis désolé...

— Non... Non...

Ils pleurèrent, l'un contre l'autre, leurs cœurs battant à l'unisson, s'appelant l'un l'autre, se comprenant, se familiarisant. Elle avait un vrai père qui avait cru à sa mort et qui avait tenté de la venger, alors qu'elle vivait tout près.

Il l'écarta de lui, prit son visage en coupe et plongea son regard dans le sien. Ils ne pouvaient plus se retenir. Taeliya essuya du pouce les larmes qui coulaient des yeux du mafieux. Elle n'y croyait pas. Elle voulait une confirmation, il le voyait bien dans son regard, et ne pouvait la lui refuser.

— Je vais te donner la confirmation que tu es bien de mon sang, déclara-t-il, déterminé, en l'aidant à se relever.

Au loin, Noah et Joe les attendaient.

Ces deux-là devaient avoir des pouvoirs se dit Stein, prenant la main de sa fille pour la guider vers la voiture. Elle leur adressa un regard interrogateur, mais s'engouffra tout de même dans la berline qui partit à nouveau vers l'hôpital.

« résultats : 99,999 % »

Son résultat était le même. Quand elle sortit de la salle, elle posa son regard sur le mafieux qui attendait, tendu comme un arc, qu'elle lui dise.

— 99,999 %...

Sa voix était tremblante et elle n'eut pas le temps de s'approcher qu'il la soulevait déjà dans ses bras, tous deux pleurant à chaudes larmes. Il avait retrouvé sa fille. Elle lui était certes revenue de la pire des manières, mais elle était vivante et bien là.

Il la serra contre lui, tournoyant sur lui-même avec Taeliya accrochée à son cou, riant et pleurant à la fois.

Il s'arrêta et la tint contre lui, appréciant enfin ce moment tant rêvé.

— Ta mère serait tellement heureuse de savoir que tu es devenue aussi belle, dit-il en replaçant une mèche derrière son oreille.

— As-tu une photo ?

Il tira son portefeuille et lui montra leur photo de mariage.

— Garde-la.

— Elle était si belle... Vous étiez si beaux, tous les deux...

— Petite Princesse a enfin retrouvé son palais, dit Noah en lui adressant un sourire heureux.

Elle lui tira la langue, ce qui fit rire les trois hommes. Elle n'y croyait pas encore. Il lui faudrait du temps pour s'y faire, mais son esprit et son cœur savaient déjà depuis longtemps qu'elle était chez elle avec Stein Carlington.

— Ce voyage est amplement mérité, déclara Stein.

— On ferait mieux de rentrer au manoir pour récupérer nos affaires, dit la jeune fille.

— Tout est déjà dans le coffre, lui dit Noah. Kim attend dans la voiture. Partez avant nous, je vais récupérer les autres. On sera juste derrière vous.

Soudainement inquiète, Taeliya quitta les bras de son père tout juste retrouvé pour agripper celui du démon, le suppliant du regard de ne pas la laisser.

— Petite Princesse ne veut pas se séparer du dangereux démon ? la taquina-t-il.

— S'il te plaît...

— Kim est tout aussi dangereux que moi. Il saura vous protéger, ton père et toi, le temps que l'on vous rejoigne. Il sait ce qu'il doit faire. Il y a trois heures de route. On se retrouvera à mi-chemin pour une pause déjeuner.

— Tu ne seras pas loin ?

— Juste derrière vous.

Le regard effrayé de la petite lui brisa le cœur, mais son besoin de lui réchauffa son corps qui se contractait d'un besoin vital de l'embrasser, de la marquer et de lui faire comprendre qu'elle était à lui. Son démon grondait sourdement en lui, lui intimant de le faire, mais il dut se résoudre à juste lui caresser la joue. Il devait calmer ce besoin oppressant qu'il avait de vouloir la garder pour lui et la protéger de tout. Mais présentement, le danger se trouvait en lui. Son démon intérieur hurlait qu'il la voulait, qu'il fallait la posséder et qu'elle leur appartienne.

— Noah sera dans le SUV derrière nous, confirma Stein en lui entourant les épaules pour la rassurer.

— Pa... commença-t-elle.

— Plus tard, ma belle. Nous avons un voyage à faire. Jess sera content de savoir qu'il sera avec nous durant le trajet.

Pauvre Jess. Quand il apprendrait qu'elle était la fille présumée morte du Boss du plus grand clan de mafieux du pays, il allait vite déchanter et la traiter encore plus comme une Princesse. Elle le voyait gros comme une maison.

— En route.

***

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