Comment commencer une lettre quand c'est pour clore la lettre de la fin de sa vie?
Cette question tourne et retourne dans ma tête. Devrais-je commencer par "Salut"? Ou alors devrais-je m'excuser de la tristesse que je vous cause... Je l'ignore.
Tout ce que je sais. C'est que je me sens vide. Et que je ne ressend plus aucune joie à l'idée d'écrire. En faîte je ne ressent plus rien. Un opaque brouillard a envahit mon corps.
Alors, avant de commencer à m'expliquer sur les raisons de mon geste. J'aimerais vous poser une question simple... Qui es-tu : toi qui tiens cette lettre.
Une personne de ma famille? Ou un un/e ami/e? Si c'est le cas, je te remercie de m'avoir tout donné. L'amour, la vie, le courage et des souvenirs joyeux... Je te remercie d'avoir été là, et je m'excuse pour ce que je viens de faire. Sachez que vous avez fait partie des seuls à m'avoir fait douter de mon choix. Je vous aime. Pour chaque particule de bonheur que vous m'avez offert sans exiger en retour. Pour chaque parole réconfortante, optimiste, motivante que vous m'avez donnée, dans ma vie. Je vous souhaite un bonheur sans limite. De la taille de votre bon coeur et de votre courage. Vivez en paix, faites-le pour moi s'il vous plaît.
Quelqu'un qui m'a connue de loin, ou alors un/e inconnu/e : Je te remercie aussi.
Si tu ne te classes dans aucune de ces catégories... Ou alors que tu as trouvé ta place, ne t'installes pas trop vite. Car il se pourrait que je te nomme dans les lignes à venir...
Commençons, par vous, tiens... Mes chers harceleurs...
Je ne sais même pas quoi vous dire. Tellement juste penser à vous me dégoûte. Vous avez détruit ma confiance. Mais désormais, vous êtes de l'histoire ancienne. Je ne vous laisserai pas pourrir ma vie deux fois... Enfin presque... Parce que maintenant mon existence se termine à cause de vous... Pas que, mais vous en faites partie.
Maman, papa. Ne soyez pas surpris après avoir lu ces lignes. Ne culpabilisez pas non plus. Je n'ai pas choisi de me taire. Et vous n'avez pas raté quelque chose. La vie m'a imposé ce choix. Je ne vous en veux pas. Alors, soyez doux avec vous-même.
Deuxièmement: Vous là-bas, raciste professionnel, qui crachez votre haine et votre amertume sur les gens. Vous politiciens richissimes qui débitent vingt conneries à la seconde. Vous, qui utilisez la violence comme monnaie courante. Violeur, sexiste, facho... Vous m'avez dégoûté de la vie en si peu de temps. Vous m'avez bien fait comprendre qu'on vit dans un triste monde.
Vous n'avez eu qu'un seul impact sur moi. Vous m'avez déprimé. Détruit de l'intérieur. J'ai dépéri en silence... Et voilà, où j'en suis aujourd'hui.
L'écriture a été ma seule bouée de sauvetage. Malheureusement j'ai l'impression qu'elle vient de crever. Ou plutôt qu'elle terminera de se dégonfler à la fin de cette lettre. C'est la dernière chose que j'aurais écrite avant de mourir...
Si demain, je disparais et que cette lettre se trouve sur mon bureau. Ne vous étonnez pas.
Ce n'est pas un accident. Ce n'est pas un oubli ou une coïncidence.
Tout disparaît. Rien ne reste. Les feuilles tombent toujours des arbres en automne.
Je vous aime. Mais j'ai décidé de vous quitter.