L'insoutenable légèreté de l'être
Ce roman raconte l’histoire d’une rencontre entre deux êtres différents en apparence, mais qui partage la même angoisse existentielle. Thomas est medecin et Tereza photograhe. Leur relation amoureuse est complexe et troublée par de nombreuses relations extra-conjugales surtout de la part de Thomas. Tous les deux se posent de multiples questions : le monde est-il fou ? est-ce raisonnable de s’engager pour des causes humanitaires, est-il possible de faire régner la justice en ce bas monde, que faire pour trouver la paix de l'âme ? Des réflexions plutôt pessimistes sur la vie en général avec pour trame de fond l’invasion russe en Tchécoslovaquie en 1968. Le talent de Kundera pour analyser les ressorts qui animent ses personnages est évident, mais le ton dominant de ce roman est un peu trop sombre à mon goût. J'ai cependant apprécié globalement cet ouvrage en particulier la septième partie « Le sourire de Karénine » ou l’auteur exprime parfaitement, au travers de l’agonie d’un chien, quelques pensées d’une grande profondeur. « La vraie bonté de l’homme ne peut se manifester en toute pureté et en toute liberté qu’à l’égard de ceux qui ne représentent aucune force. Le véritable test moral de l’humanité (le plus radical, qui se situe à un niveau si profond qu’il échappe à notre regard) ; ce sont ses relations avec ceux qui sont à sa merci : les animaux. Et c’est ici que s’est produite la faillite fondamentale de l’homme, si fondamentale que toutes les autres en découlent. » (page 421).
— « L’insoutenable légèreté de l’être », Milan Kundera, folio (2010), 476 pages.
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