Miroir de l'âme
Et je la trouvais simplement là, assise sur le lit, immobile, imperturbable. Le corps présent mais l'esprit à des lieus d'ici. Je l'avais déjà surprise comme ça, comme absente de la réalité, les yeux comme deux trous vides rempli de néant. Je n'avais jamais osé la déranger, toujours effrayé à l'idée que son âme reste coincée dans ces contrées que je ne connaîtrais jamais. Cela me démangeait pourtant quand je croisais son regard perdu quand elle revenait à elle-même. J'aurai tout donné pour que disparaisse la tristesse au fond de ses prunelles, pour que s'évapore toute sa souffrance. Mais je n'étais que moi, alors je me contentai de la prendre dans mes bras et de lui dire que j'étais là, que moi je ne la laisserai pas. Je partageais un peu de sa peine, une infime partie, un bout de son calvaire dans un océan de larmes. Cette fille avait la fraîcheur de l'été avec un je ne sais quoi de feuille morte au fond du regard.
Annotations
Versions