Chapitre 10
Le repas du midi fut le dernier non chassé, non pêché. Les femmes s’efforcèrent de savourer leur sandwich le plus discrètement possible, mais cela ne fut pas suffisant.
— Vous exagérez, franchement, souffla Paulo.
— On avait attrapé de belles grosses truites l’an dernier ! ajouta Rafael.
Laurence fut la première à craquer.
— Elles avaient TOUTES un goût de vase !
— Oh ! T’exagère chérie… répondit Joaquin. Une fois bien assaisonnées, ça se sentait à peine !
Personne ne chercha à le contredire, c’était de toute façon peine perdue et elles le savaient d’avance en venant ici.
Le repas se termina néanmoins dans la bonne humeur. Une fois les déchets triés et rangés, la troupe de mâles partit en quête du repas du soir sous les regards résignés des femmes en détresse.
— Qu’ils s’amusent ! Moi, je vais faire une sieste ! déclara Sofines.
— Bonne idée que je m’empresse de suivre ! répondit Laurence en s’étirant.
— Avec cette chaleur ? Mais comment faites-vous ? s’exclama Marie-Louise.
— C’est très simple, tu peux me regarder faire si tu veux ! proposa la mère de Sonia.
— Non merci, je pense que je vais plutôt aller me baigner ! Les filles, vous venez avec moi ?
Sonia se tourna vers Océane qui haussa les épaules, elle prit cela pour une approbation.
— On se change et on te suit !
Océane n’était pas particulièrement emballée à l’idée de se baigner, mais les gorges étaient magnifiques. L’occasion était parfaite pour tester sa longue-vue et son matériel de dessin. Elle enfila rapidement son maillot de bain, au cas où, et mit son matériel dans son sac à dos. Elle marcha légèrement plus lentement pour laisser Sonia discuter avec sa tante.
La balade à travers le bois fut des plus agréable ; le bruissement du vent dans les branches, le chant des cigales, les jeux d’ombre et de lumière dans le feuillage. La jeune fille tentait de tout mémoriser, chaque son, chaque odeur, chaque rayon de soleil… Il ne faisait aucun doute pour elle que de telles vacances étaient un privilège et au fond, elle était convaincue que celles-ci étaient les dernières. Il fallait donc en profiter le plus possible, inscrire tous ces instants délicieux dans sa mémoire.
Enfin arrivée au bord du lac, la vision la bouleversa. Elles se trouvaient au cœur d’immenses formations rocheuses, donnant un air d’oasis paradisiaque aux eaux turquoise du lac. Elle avait oublié à quel point l’endroit était beau. Un peu plus loin, elle remarqua les deux bateaux où les hommes étaient en train de pêcher. Lorsqu’ils les aperçurent, ils leur firent signe avant de retourner à leur conversation. Elle n’arrivait toujours pas à réaliser qu’un tel endroit soit la propriété privée de cette famille.
À peine arrivées à la plage artificielle, Maloue et Sonia se mirent en maillot de bain et s’aventurèrent dans l’eau. Plus raisonnable, mais surtout plus fragile, Océane se tartina de crème solaire tout en cherchant du regard un modèle pour son premier croquis. Quand une tache rouge attira son attention : un pic épeiche. Elle avait grandement espéré en apercevoir un durant sa semaine de vacances, mais tomber sur un nid dès le premier jour, c’était extraordinaire !
Insensible aux appels désespérés de son amie l’invitant à la rejoindre dans l’eau, elle s’approcha prudemment de l’arbre où se trouvait le nid, équipée de son carnet et de ses crayons. Elle réalisa plusieurs croquis rapides, entrecoupés de longues observations, avant de s’emparer d’une page blanche pour y réaliser son premier dessin en couleurs. Alors qu’elle s’attardait sur les finitions du plumage, s’émerveillant de la belle pigmentation de ses outils, elle eut une pensée pour sa grand-mère, une pensée tendre bordée de tristesse. Combien de temps avaient-elles encore ensemble ? Combien de temps avant que la maladie ne lui dérobe sa douce personnalité ? Les différents symptômes cités par le médecin étaient tous plus horribles les uns que les autres… Perdue dans ses pensées, ses coups de crayon se firent plus lents sur le papier, quand soudain, une ombre menaçante apparut derrière elle, couvrant son carnet.
— C’est très beau ce que tu dessines… ce serait dommage que cela prenne l’eau, tu ne penses pas ?
Océane se figea avant de se tourner lentement vers Sonia, la découvrant ruisselante d’eau dans son maillot de bain vert fluo. Elle soupira, résignée.
— Ok, ok ! J’arrive ! Laisse-moi juste ranger mes affaires et je viens faire trempette avec toi !
Un sourire triomphant se dessina sur le visage de la belle brune.
— Bien ! Et ne m’oblige pas à ressortir de l’eau ! Bon, elle paraît un peu fraîche au début, mais une fois dedans, on est trop bien, tu vas voir !
L’intéressée acquiesça, peu convaincue, mais bien contrainte de coopérer.
Lorsque les températures commencèrent à baisser et le jour à décliner, elles se décidèrent à sortir de l’eau. Elles se dirigèrent vers le hangar pour rejoindre les hommes, de retour de la pêche, afin de rentrer ensemble jusqu’au campement.
Ce premier repas se révéla meilleur que ce qui avait été craint, d’autant plus que Laurence et Sofines avaient toutes deux ramené plein d’épices différentes. Du côté du potager « sauvage », la récolte avait été bonne aussi, permettant d’agrémenter le poisson de quelques légumes.
Enfin, Alexandre s’arrangea pour être assis à côté d’Océane toute la soirée, ce qui la troubla plus qu’elle ne le montra. Sonia remarqua aussi cet intérêt de son cousin pour son amie, mais elle eut la délicatesse de ne pas l’embarrasser plus qu’elle ne l’était déjà.
Le repas du midi fut le dernier non chassé, non pêché. Les femmes s'efforcèrent de savourer leur sandwich le plus discrètement possible, mais cela ne fut pas suffisant.
— Vous exagérez, franchement, souffla Paulo.
— On avait attrapé de belles grosses truites l’an dernier ! ajouta Rafael.
Laurence fut la première à craquer.
— Elles avaient TOUTES un goût de vase !
— Oh ! T’exagère chérie… répondit Joaquin. Une fois bien assaisonnées, ça se sentait à peine !
Personne ne chercha à le contredire, c’était de toute façon peine perdue et elles le savaient d’avance en venant ici.
Le repas se termina néanmoins dans la bonne humeur. Une fois les déchets triés et rangés, la troupe de mâles partit en quête du repas du soir sous les regards résignés des femmes en détresse.
— Qu’ils s’amusent ! Moi je vais faire une sieste ! déclara Sofines.
— Bonne idée que je m’empresse de suivre ! répondit Laurence en s’étirant.
— Avec cette chaleur ? Mais comment faites-vous ? s’exclama Marie-Louise.
— C’est très simple, tu peux me regarder faire si tu veux ! proposa la mère de Sonia.
— Non merci, je pense que je vais plutôt aller me baigner ! Les filles, vous venez avec moi ?
Sonia se tourna vers Océane qui haussa les épaules, elle prit cela pour une approbation.
— On se change et on te suit !
Océane n’était pas particulièrement emballée à l’idée de se baigner, mais les gorges étaient magnifiques. L’occasion était parfaite pour tester sa longue vue et son matériel de dessin. Elle enfila rapidement son maillot de bain, au cas où, et mit son matériel dans son sac à dos. Elle marcha légèrement plus lentement pour laisser son amie discuter avec sa tante.
La balade à travers le bois fut des plus agréable ; le bruissement du vent dans les branches, le chant des cigales, les jeux d’ombres et de lumières du soleil dans le feuillage. La jeune fille tentait de tout mémoriser, chaque son, chaque odeur, chaque rayon de soleil… Il ne faisait aucun doute pour elle que de telles vacances était un privilège et au fond, elle était convaincue que celles-ci étaient les dernières. Il fallait donc en profiter le plus possible, inscrire tous ces instants délicieux dans sa mémoire.
Enfin arrivée au bord du lac, la vision la bouleversa. Elles se trouvaient au cœur d’immenses formations rocheuses, donnant un air d’oasis paradisiaque aux eaux turquoise du lac. Elle avait oublié à quel point l’endroit était beau. Un peu plus loin, elle remarqua les deux bateaux où se trouvait la famille Jorique en train de pêcher. Lorsqu’ils les aperçurent, ils leurs firent signe avant de retourner à leur conversation. Elle n’arrivait toujours pas à réaliser qu’un tel endroit soit la propriété privée de cette famille.
À peine arrivées à la plage artificiel, Maloue et Sonia se mirent en maillot de bain et s’aventurèrent dans l’eau. Plus raisonnable, mais surtout plus fragile, Océane se tartina de crème solaire tout en cherchant du regard un modèle pour son premier croquis. Quand une tache rouge attira son regard : un pic épeiche. Elle avait grandement espéré en apercevoir un durant sa semaine de vacances, mais tomber sur un nid dès le premier jour, c’était extraordinaire !
Insensible aux appels désespérés de son amie l’invitant à la rejoindre dans l’eau, elle s’approcha prudemment de l’arbre où se trouvait le nid, équipée de son carnet et de ses crayons. Elle réalisa plusieurs croquis rapides entrecoupés de longues observations, avant de s’emparer d’une page blanche pour y réaliser son premier dessin en couleurs. Alors qu’elle s’attardait sur les finitions du plumage, s’émerveillant de la belle pigmentation de ses outils, elle eut une pensée pour sa grand-mère, une pensée tendre bordée de tristesse. Combien de temps avaient-elles encore ensemble ? Combien de temps avant que la maladie ne lui dérobe sa douce personnalité ? Les différents symptômes qu’avait cités le médecin étaient tous plus horribles les uns que les autres… Perdues dans ses pensées, ses coups de crayon se firent plus lent sur le papier, quand soudain, une ombre menaçante apparue derrière elle, couvrant son carnet.
— C’est très beau ce que tu dessines… ce serait dommage que cela prenne l’eau, tu ne penses pas ?
Océane se figea avant de se tourner lentement vers Sonia, la découvrant ruisselante d’eau dans son maillot de bain vert fluo. Elle soupira, résignée.
— Ok, ok ! J’arrive ! Laisse-moi juste ranger mes affaires et je viens faire trempette avec toi !
Un sourire triomphal se dessina sur le visage de la belle brune.
— Bien ! Et ne m’oblige pas à ressortir de l’eau ! Bon, elle paraît un peu fraîche au début, mais une fois dedans on est trop bien, tu vas voir !
L’intéressée acquiesça, peu convaincue, mais bien contrainte de coopérer.
Lorsque les températures commencèrent à baisser et le jour à décliner, elles se décidèrent à sortir de l’eau. Elles se dirigèrent vers le hangar pour rejoindre les hommes, de retour de la pêche, afin de rentrer ensemble jusqu’au campement.
Ce premier repas se révéla meilleur que ce qui avait été craint, d’autant plus que Laurence et Sofines avaient toutes deux ramené plein d’épices différentes. Du côté du potager « sauvage », la récolte avait été bonne aussi, permettant d’agrémenter le poisson de quelques légumes.
Enfin, Alexandre s’arrangea pour être assis à côté d’Océane toute la soirée, ce qui la troubla plus qu’elle ne le montra. Sonia remarqua aussi cet intérêt de son cousin pour son amie, mais elle eut la délicatesse de ne pas l’embarrasser plus qu’elle ne l’était déjà.
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