CHAPITRE 32.4 * VICTORIA
V.R.S.de.SC
♪♫ ... ♪♫
— « L’art de séduire un Highlander » ? répétè-je en gloussant. En combien de tomes au juste ? Ou devrais-je dire en combien de lignes scandaleuses ?
James ricane.
— Merci pour la confiance. Tu m’as pris pour un homme facile ?
Je bouge légèrement et ancre mes mains derrière son cou.
— Autant pousser la démesure. Je précommande l'édition collector illustrée grand format, reliure en cuir, enluminures dorées, papier vélin, écrit à l'encre de genêt avec le cahier central rempli de croquis détaillés et schémas envoûtants, supplément coloriage à l'aquarelle. Le tout, embossé, parfumé, et bien entendu dédicacé.
— Rien que ça ? Si tu veux du relief, je peux t’offrir une transcription en braille… mais il faudra explorer chaque page du bout des doigts.
Oh oui ! La lecture tactile tout un programme ! D'autres sens pourrait même y prendre goût...
— Attends j'ai pas fini, annoncè-je. Ajoute-moi une adaptation holographique en 3D, un audiobook avec intro à la cornemuse, une appli mobile en réalité augmentée, un chatbot pour les questions pratiques avec interactions en temps réel. Quoi d'autre ? Ah oui, un abonnement mensuel donnant accès à des podcasts inédits, des masterclass individuelles, des séances de coaching sur mesure et, soyons fous, un parchemin ancestral décryptant les arcanes de la séduction écossaise transmis depuis les brumes du XIIIe siècle. Autant rentabiliser et maximiser l'immersion.
— Tu sais quoi ? J’ai peut-être une version manuscrite qui pourrait te captiver, propose-t-il en caressant mes omoplates avec la délicatesse d'un papillon butinant un pétale. Par contre, son caractère suggestif se lit exclusivement à la lueur des étoiles...
Sous le sceau du mystère, de la tentation, des mille et une nuits...
— Tu pourrais aussi inclure un simulateur olfactif diffusant l’arôme du feu de tourbe, s'il te plaît ? Oh et une bande-son ASMR avec le bruit du vent dans les landes, le clapotis des vagues sur les falaises, le froissement du plaid qu’on retire. Et pourquoi pas des échantillons ? Des flacons de whisky pour réchauffer le coeur, des écharpes et des chaussettes en laine tricotées main, des bougies parfumées à la bruyère cueillie à la pleine lune. Non, j'ai mieux ! Un kit de survie ultime accompagné d'un manuel truffé de citations et conseils pratiques, intitulé « Comment séduire un Highlander en furie avec seulement un tartan et un verre de whisky ».
— Nom de Dieu, Victoria. T'es hyper douée en marketing ! J'ai peut-être une place pour toi dans ma start-up, si ça t'intéresse.
À chaque parole échangée, nos respirations se tissent et se confondent. J'étouffe sous son regard embrasé.
— Merci, je réfléchissais justement à une reconversion. Mais attention, j'ai quelques conditions : un contrat avec des points de fidélité pour chaque baiser volé, et un bonus pour chaque sourire capturé.
Ses iris brillent de plaisir, d'envie, de chaleur. Ses mains m’enchaînent sans effort, fermes et sûres dans mon dos.
— Eh bien, je crois qu'on a trouvé le deal du siècle. Je te préviens moi-aussi, tu vas devoir signer en petits caractères, il y a une clause cachée : tous tes baisers doivent être à la hauteur de mes attentes.
Il se penche pour m'embrasser doucement, ses lèvres effleurent les miennes avec tendresse, puis ses yeux mes reviennent.
— Tha mi gad iarraidh cho mòr, tu pourrais commencer par me dire ça.
Les syllabes se déposent avec délice dans mon esprit. Je n'ai aucune idée de leur signification, mais mon âme emprisonne chaque vibration, nuance comme s'il s'agissait d'une promesse.
— Tha mi gad iarraidh cho mòr, répétè-je, avec bien évidemment, un accent à couper au couteau. Quel secret t'ai-je avoué, exactement ?
— Que tu me voulais...
Ivre d'émotion, mon coeur effectue un saut périlleux. Cet homme déploie une confiance en lui qui confine à l'arrogance ou plutôt... à la clairvoyance. Il a parfaitement saisi l'essence de mon désir pour lui. Incandescent et absolu.
— Tu es vraiment sûr de ton interprétation ? le taquinè-je néanmoins.
— Sûr et certain.
— Finalement, je me demande si ce style de leçons est le plus judicieux pour commencer mon apprentissage du gaélique. Il n’y a pas un vocabulaire de base un peu plus utile et convenable, genre des salutations et formules de politesse ? « Bonjour », « merci », « où sont les toilettes ? » Parce que, entre nous, des flatteries pour ton ego, c’est bien joli…
Il me coupe avant que je puisse achever mon argumentaire.
— Non, en général, on apprend d’abord les gros mots. Tu verras, en gaélique, on a recourt à un jargon très imagé, des métaphores visuelles et colorées. Tu vas adorer.
Priorités pédagogiques discutables, mais il a piqué ma curiosité.
— J’ai hâte. Entre nous, j’ai déjà droit à un avant-goût au quotidien. On peut dire que ton accent agit sur moi comme une sorte de préliminaire. Par contre, pour une question de rigueur académique, j’exige une expérience immersive totale.
— Je comprends, l’authenticité avant tout, me glisse-t-il avec un clin d’œil.
— Oui et en conditions réelles. La scénographie a son importance donc… je m’attends à ce que tu sois toujours torse nu et… en kilt !
— Carrément ? pouffe-t-il. Tu n’es pas facile à contenter, hein ?
Histoire de l’attaquer sur son propre terrain, je réplique :
— Tu ne penses pas que m’enseigner à draguer me poussera à mettre mes acquis à l’épreuve avec d’autres charmants Écossais croisés à l’occasion ?
James fait un petit bruit de désapprobation. Ses iris flamboient de défi. Si sa réponse inclut une clause d’exclusivité, je ne serais pas surprise.
— Oh, Madame Experte en langues souhaite tester ses compétences sur mes compatriotes ? Très bien, mais ne t’étonne pas si tu te retrouves avec des montagnes de devoirs maison et des heures de colle en prime. Je pourrais t’enfermer dans mon bureau pendant des jours, tu sais…
Ah, oui ? Fascinant…
— Je ne crois pas que les menaces soient appropriées. Je vais devoir dénoncer cet abus d’autorité imaginaire…
Je doute que quiconque prenne ma plainte au sérieux si je souris comme une idiote en le signalant.
Son poing s’enroule dans mes boucles, tire dessus pour m’obliger à pencher la tête en arrière. Je me laisse faire sans résistance. Son souffle caresse ma gorge lorsqu’il enchaîne :
— Tu le découvriras par toi-même, mon ange… La discipline, les réprimandes, les…
Le claquement de sa paume sur ma fesse résonne dans l’air.
— … punitions, c’est pas mon truc. Enfin… Il paraît que certaines règles sont faites pour être contournées. Je peux revoir mes méthodes, si tu l'exiges.
— J’espère au moins que ça fait partie du programme officiel et pas d’une option spéciale.
Quand il relâche sa prise dans mes cheveux, j’en profite pour contre-attaquer. Je l’embrasse sans préavis, doucement avant de pincer sa lèvre entre mes dents et d’y additionner un coup de langue taquin. Réponse instinctive du corps à corps. James sourit, puis m’honore à son tour d’un baiser appuyé, profond. Ses bras m’enserrent un peu plus fort, mes cuisses en font de même. Le goût de sa passion me réchauffe et m’enflamme.
— Je garde ça dans un coin de ma tête, ne t’inquiète pas, chuchotè-je à mon futur prof lorsque, finalement, nos bouches se détachent.
Content de son effet, James ne cache pas son amusement en lâchant un dernier commentaire, faussement sévère :
— Bien, et pas de triche aux examens.
Il n’a jamais vu mon niveau en antisèche… Une vibration me traverse quand il ponctue sa phrase d’une pression subtile sur mes hanches.
— Peut-être devras-tu organiser des oraux plus fréquents pour t’assurer de ma progression. Ça ne te dérange pas, j’espère ?
— Es-tu en train d’exiger un tutorat plus… poussé, Victoria ?
Ses lèvres sont déjà si proches des miennes.
— Oui, soufflè-je en me cambrant contre lui. J’aurais effectivement besoin de beaucoup d’entrainement pour dompter les prononciations surprenantes, rouler les « r », aspirer les « h », ce genre de choses...
Son regard ardent lorgne ma bouche.
— Aucun problème. Je veillerai à ce que tu t’exerces à intervalles réguliers et je prendrai soin de corriger ta langue de très près.
Le picotement dans mon bas-ventre m’indique que je suis bel et bien disposée à me laisser séduire par cet homme, quel que soit le dialecte.
— En clair, chacun de tes mots en gaélique se déposera exclusivement sur ma peau, peu importe l’endroit, on est d’accord ?
— Évidemment, certifiè-je. Je compte sur toi pour me faire réviser très, très souvent.
Je marque une pause, le temps de caler mes jambes contre ses flancs.
— Puis-je me permettre une suggestion, Monsieur Cameron ?
James hoche la tête tout en jouant discrètement avec mes cheveux.
— Certainement, lass.
— Je me connais. Soyez clément sur la notation, il ne faudrait pas me décourager et vous risqueriez d’être bien embêtée de me voir redoubler. Aussi, bien que je sois une élève très appliquée, j’ai une vilaine tendance à la… dissipation. Je papote et remue sans cesse pour rien.
Pour appuyer mes dires, mon bassin bascule, engendrant une friction dangereuse de nos sexes.
— Pour le coup, je vous recommande plutôt d’être impitoyable sur la pratique. Si je commets des erreurs ou des écarts de conduite, n’hésitez pas à me sanctionner.
Plongeant mon regard dans le sien, je le préviens :
— J’ai un secret à vous confier… Je n’ai rien contre une fessée de temps à autre.
Un éclat de feu passe dans ses yeux suivi de son rire qui résonne, grave et vibrant.
— Mon Dieu, Vi, je prie que tu n’aies pas été aussi avenante avec tous tes profs.
Oula, Monsieur a de l’imagination et un léger penchant pour les insinuations. Autant couper court aux hypothèses avant qu’il m’invente un palmarès. Je me mords la lèvre puis décide de le rassurer tout en glissant une mise en garde.
— De un, je ne me suis jamais retrouvée nue dans un lit avec un de mes profs. De deux, aucun n’aurait eu ne serait-ce qu’une chance d’y parvenir. De trois, j’ai dit « lit », mais tu peux englober tout autres endroits ou circonstances.
Je préfère être exhaustive et anticiper les malentendus. Certains ont le don de jouer sur les failles du règlement.
— De quatre, j’ai menti, il y a bien eu un lecteur dans le département d’italien avec qui je suis très brièvement sortie, mais il n’était pas un de mes enseignants attitrés. De cinq, ou six, je ne sais plus, quand bien même, il ne me faisait pas perdre la tête comme toi. Enfin, appelons ça un avertissement, professeur Cameron : si tu continues à insinuer que je suis une élève trop… avenante, je pourrais envisager de te montrer à quel point je peux le devenir. Et crois-moi, mon enthousiasme en matière de participation active n’est pas à prouver.
Il a intérêt à avoir prévu une annexe disciplinaire pour ce genre de situation.
Au fil de ma réplique, James change de position, s’accoude en arrière, tandis que je reste confortablement installée sur ses genoux, à la merci de son regard ténébreux. Son sourire se fait fripon, ses prunelles enflammées ne quittent plus mes lèvres. Les muscles de sa poitrine saillent sous la tension, mes ongles glissent sur chaque relief, chaque ligne sculptée. Il me laisse le temps d’observer, de savourer chaque détail de sa posture. Cet homme connait l’art de la soumission volontaire. Une qualité rare et précieuse. À exploiter sans modération.
Une longue exhalation s’échappe de ses poumons. L’espièglerie danse sur ses traits, sa main s’élance vers mon visage, repousse une mèche derrière mon épaule, puis il me lance :
— C’est bon, t’as fini ta tirade ? Tu vas écoper de points en moins pour bavardage, Mademoiselle Saint Clair.
Ah, donc, il prend officiellement ses fonctions. Quelle rigueur !
— Basta, les digressions. Je suis bien heureux d’avoir une italophone pour me tenir compagnie ce week-end. J’espère que tu es toi aussi prête à me transmettre quelques subtilités de la langue de Dante.
Il récidive…
— James, on ne peut pas s’envoler pour l’Italie samedi !
La voix de la raison tonne dans ma tête. Celle de la folie sautille dans tous les sens.
— Pourquoi pas ? Milan me semble un excellent choix pour commencer. Je t’emmènerai faire les boutiques. Si t’es partante, bien sûr. Je parie que la gastronomie italienne saura nous combler. J’adore les pâtes. Et toi ?
Il s’exprime avec une telle assurance, comme si décoller pour Milan dans quatre jours n’était qu’une formalité, une simple routine. Non, décidément, mon esprit peine à assimiler cette idée qui me paraît à la fois décalée et tout sauf dans mes habitudes. C’est officiel, cet homme est une faille spatio-temporelle dans mon quotidien.
— Arrête de te moquer de moi…
En un clignement de paupières, le voilà à nouveau dans mes bras, son visage enfoui dans mon cou. Sa barbe m’irrite délicieusement. J’aime ça donc je ne proteste pas bien que mon envie de le secouer et de le repousser se mêle à un désir encore plus puissant de le retenir davantage. Entre sagesse et perdition, mon favori commence à s’imprimer noir sur blanc.
Visiblement amusé, James sème des baisers sur ma peau, de mon oreille jusqu’à l’arête de mon nez. C’est une manœuvre subtile pour me désarmer, je suppose.
— A gràidh, pourquoi je te ferais une telle proposition si c’était le cas ? Il faut que tu sortes des sentiers battus, Vi. C’est toi-même qui m’as raconté que tu rêvais de découvrir l’Europe.
Je fronce les sourcils, partagée entre l’incrédulité et l’excitation qui renaît en moi.
— Oui, mais…
— Mais quoi ? C’est le fait d’y aller avec moi qui te freine ?
Il me dévisage avec un mélange de suspicion et de déception.
— Non, je t’assure que l’idée est plus que tentante, mais…
Je n’ai même pas le temps de finir ma phrase qu’il me coupe.
— Alors, viens.
— Mais, je ne…
— Victoria…
Il m’interrompt encore, avec un sourire cette fois plus franc. D’accord, donc, sa stratégie consiste à m’envoyer une attaque-surprise à chaque tentative de justification.
— Me ferais-tu l’honneur de m’accompagner en week-end à Milan ? Ou à Naples si tu préfères ? Rome ? Même si t'y es déjà allé.
Je secoue la tête de gauche à droite, fixe mes paumes calées sur son torse.
— C’est complètement dingue, je…
— Non, pas dingue, Vi. Juste… un petit saut hors de ta zone de confort.
En plein dans le mille. Moi, la maniaque du contrôle qui calcule chaque mouvement, chaque respiration, chaque détail… Un voyage à l’improviste ? Typiquement le genre de folie qui me bouscule dans mes retranchements, met mes certitudes en déroute. Je… je… Je crois que j’aime cet homme. Il me pousse à me révéler. C’est ça, l’amour ? Une évasion totale de soi-même ?
— D’accord. Mais…
— Ah non, oublie tes « mais ». Laisse-moi gérer. Tu n'auras qu'à préparer ta valise, OK ?
Son ton est presque autoritaire, pas désagréable. À la fois nerveuse et excitée, je m’apprête à envoyer un coup de pied dans la fourmilière de mon esprit trop ordonné.
— Très bien. J’accepte de venir avec toi. C’est bon, t’es content ?
Sans un mot de plus, James capture mes lèvres. Bien entendu, la douceur de sa bouche reste mille fois plus persuasive que n’importe quel discours. Ses mains trouvent rapidement mon visage. J’ai envie de lui préciser que je ne vais pas m’échapper, mais je lui permets de revendiquer sa victoire. Son sourire se marie à la tendresse de son baiser, un message sans équivoque : il est ravi.
Puis, un éclair de lucidité m’envahit. Je me souviens qu’il avait l’air de connaître sur le bout des doigts les vols en partance de Toulouse, et cette pensée allume en moi une étincelle d’intérêt.
— Au fait, comment tu sais pour Venise ? Ne me dis pas que t’as déjà les billets dans ta poche ? questionnè-je mi-taquine, mi-soupçonneuse.
Franchement, suis-je naïve ou est-il un génie de la manipulation ?
James rit de bon cœur, un son rauque et chaleureux, tandis que ses paumes chatouillent mes jambes.
— Les poches de ma nudité ? me charrie-t-il, en écho à ma boutade précédente. Non, en réalité, Isla et moi, chaque année, on choisit un coin du monde à explorer pour marquer notre anniversaire. Vu que le prochain arrive à grands pas, on a commencé à passer en revue nos options en vérifiant les départs directs.
Je hausse un sourcil, amusée par l’idée de son énième projet d’évasion. James, l’âme d’un aventurier insatiable. Cette part de lui m’attire et me fascine.
— Alors, vous allez où cette année ?
J’adopte une attitude plus détendue, toujours à cheval sur lui, mes mains vissées sur sa nuque. J’aime sentir la force qui émane de son corps.
— Eh bien, figure-toi que c’est l’année du « elle ».
Il lâche l’information d’un ton décontracté. Son sourire en embuscade trahit son manège. Je le scrute, déconcertée.
— L’année du « elle » ? Qu’est-ce que ça veut dire ?
— Quoi ? Ma petite cérébrale a du mal à suivre ? me taquine-t-il.
Son souffle caresse ma peau lorsqu’il dépose un baiser furtif sur ma gorge.
L’éclat de satisfaction dans son regard, ses épaules qui se haussent paresseusement, Monsieur jubile en silence, savoure le spectacle de ma confusion et n’a pas l’air pressé d’éclairer ma lanterne.
— C’est un jeu de sélection. Le principe est simple : choisir une ville dont le nom débute par un L. Nos destinations respectent l’ordre alphabétique. On a démarré avec Amsterdam, Barcelone et Cancún, mais sans le faire exprès. Quand on s’en est rendu compte, on a décidé de lancer une tradition.
Je souris, séduite par le concept. C’est rafraîchissant, et surtout, tout semble si… fluide dans son monde. Parfois.
— Ce voyage d’anniversaire se fait toujours uniquement entre frère et sœur ?
— Ça dépend de nos... situations personnelles, explique-t-il, un brin malicieux. Apparament, cette année, Antoine ne se joindra pas à nous. Par contre, pour la Jamaïque, il n’a pas hésité à s’incruster.
J’éprouve une étrange combinaison d’intrigue et de… quelque chose qui frôle la jalousie. Amy a sans doute fait partie de leurs aventures. Combien d’autres conquêtes a-t-il invitées ? Non, je ne dois pas y penser. James, tout comme moi, a connu son lot d’expériences et de relations.
— Donc, tu n’es pas le seul globe-trotter dans ta famille. Vous partez combien de temps en général ? En plus, la Jamaïque, c’est un pays pas une ville ? ajoutè-je.
Sa main baladeuse atteint le bas de mon dos. Ses gestes sont aussi lents que la montée du désir en moi.
— On ajuste selon nos disponibilités. Parfois deux jours, d'autres une semaine, m’éclaire-t-il, sa voix vibrante d’une joie tranquille.
Il m’attire encore plus près, et mon corps se conforme à cette pression langoureuse, répondant à l’appel silencieux de ses bras, de ses doigts. Chaque centimètre de nos peaux en contact m’électrise. Cette sensation d’étreinte infinie nous approche d’un apogée délicieux.
— La Jamaïque, c’est pour Kingston. Pour le J, on était à Johannesbourg. J’ai passé presque trois mois en Afrique du Sud cette année-là, après le… la…
Ces mots trébuchent, il déglutit. Ses lèvres frémissent à peine quand il lâche :
— L’annulation du... mariage.
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