VII
Je l’ai rencontrée au bord des épis tendres
Seul, entre l’odeur de bruine et les gazouillis
Elle s’est approchée, sans murmure, fendre
Les rais en rubans longs où j’étais assoupi
Elle a demandé d’un regard immanent
Si place à mon côté saurait trouver auspice
Si sa robe velours, sa main m’enlaçant
Si son silence aussi me serait bon complice
Elle s’est assise entre le chêne et moi
J’entendais ses respirs peupler le sourd du temps
Ses sourires tisser dans les nues les lois
Qui font chérir les vœux, joüer comme un enfant
Elle est restée rouler les plis de mon ombre
Les songes, les images que je projetais
Sur l’écran d’horizon, que l’azur décombre
Parait d’aurores mourantes, d’océan jais
Je l’ai voulue toucher, mu par une fièvre
Un baiser ! Le transport de déjà la connaître
Elle était partie.
J’ai gardé sur les lèvres
Un peu d’encre et des mots que les blés ont vu naître.
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