Tâche

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Il n’y a absolument personne qui t’attend, pourtant tu restes planté là. Il n’y a absolument personne qui doit venir, pourtant tu restes là. Enfin… qu’est-ce que tu crois ? Qu’est-ce que tu attends ? De l’aide ? Qu’on te tende la main ? Que quelqu’un t’arrache à cette eau putride, étouffante et collante, où tu peines à rester à la surface ? Mais pourquoi ?

Tu espères encore, encore et toujours. Tu attends LE moment. Mais toi… que fais-tu ?

Tu as toujours été cette chose, incompréhensible, même pour toi. Aujourd’hui encore, tu serais incapable de dire avec certitude qui tu es. C’est comme une tache. Oui, cette métaphore est basique, banale même, mais… c’est la pure vérité.

Tu es cette tache qui est apparue alors que le tableau, déjà achevé, avait trouvé son équilibre, sa beauté, son harmonie parfaite entre les couleurs. Mais cette tache… cette petite tache est venue troubler l’ordre établi. D’abord, on se dit : « Cette tache ne va pas gêner, au contraire, elle fait partie de la beauté du tableau. » Mais alors qu’elle grandit, qu’elle prend de l’ampleur, on finit par se poser la question : « À quoi sert cette tache ? »

On essaie de lui trouver un sens, on s’efforce de l’intégrer au tableau. On donne tout, parce qu’avec le temps, cette tache s’est bien ancrée dans la toile. Mais au fond… on ne peut rien pour elle. Tu comprends ? Moi-même, qui ai dû vivre avec toi, subir toute ta vie… Moi, une chose qui n’aurait même pas dû exister, qui d’ailleurs n’existe pas ! Moi, et les deux autres… Nous, qui ne sommes rien, avons pourtant subi chaque seconde de ton existence.

Et malgré cela… j’en ai le souffle coupé. Je suis fatigué.

Je veux tout arrêter. TU veux tout arrêter. Mais tu ne peux pas. Tu as peur d’arrêter. Ça fait peur, hein ? Tout arrêter ?

Tous les mois, c’est la même chose. Tu me réveilles sans crier gare, et quand je te parle, tu m’écoutes. Oui… tu m’écoutes. Mais tu refuses d’agir. Tu refuses d’arrêter.

Alors à quoi ça sert ? Le serpent continuera de se mordre la queue. Tu continueras de te débattre dans cette eau boueuse, à croire aux voix des mégaphones qui pénètrent le « refuge de l’amour », t’insufflant cette raison qui te pousse à ne pas lâcher.

Je t’en supplie… arrête. Arrêtons. Acceptons de plonger.

Ce qu’il y a sous l’eau est peut-être inconnu. Certes, tu ne reverras plus jamais la surface, mais cette eau… c’est de là que nous venons. C’est là que nous devons retourner. Tu dois cesser d’avoir peur. Tu dois, comme tu dis, changer ta réalité.

Mais je sais que c’est impossible. Cette peur est trop grande. Tu es bien trop têtu.

Alors, au lieu de ça, tu te contentes de laisser des traces de ta différence, pour ne pas dire de ta folie.

Qu’est-ce que tu attends, hein ? Qu’on te prenne en pitié ? Que quelqu’un comprenne ?

Je vais te dire la seule chose qui ressortira de tout ça :

FOU ! FOU ! FOU ! FOU ! FOU !

Voilà ! C’est tout ce qui va en sortir. Une tache de merde. Exactement comme tu te montres chaque jour, chaque seconde de tes foutues journées. Tu ne seras jamais rien d’autre qu’un FOU.

Mais je prie. Oui… je prie pour qu’un jour, cette eau boueuse te fatigue tellement le cerveau, l’âme, le cœur et l’esprit… que tu accepteras enfin de rentrer chez toi.

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