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Louloutre

Quelques Goélands volaient dans un ciel sans nuage, des foulques nageaient sur un miroir d'eau turquoise. Derrière une vieille jetée en bois dormait une forêt de roseaux, paradis des grèbes et des poules d'eau. J'étais arrivée à destination, au paradis.

Meuh non, je n'étais pas morte, j'étais bien vivante au contraire, un petit vent frais de début d'automne caressait mon visage, emmêlait mes cheveux, je me sentais bien, presque heureuse. Le petit parking sur lequel je m'étais garée surplombait l’océan Atlantique de quelques dizaines de mètres, de ce promontoire j'avais une vue dégagée sur une grande partie du littoral. Au loin dans la brume du soir, je devinais les iles de Ré et d’Oléron.

L' hôtel était sur ma gauche, magnifique, majestueux, très chic, très propre, pour tout dire un peu guindé, mais ce n'était pas là où on avait réservés deux nuitées avec petit déjeuner, non, c'était au petit camping en contrebas, bien plus abordable. De toute façon, une chambre n'était faite que pour dormir, que le lit soit de sangle ou à baldaquin m'importait peu, le plus important était plutôt celui qui partageait la couche. Qu'il soit gai et joueur, la nuit serait étoilée, le sommier doux et léger. Qu'il soit bonnet de nuit, pantouflard et ronchon, la nuit serait lugubre triste morne, le lit dur et inconfortable.

Je commençais à être inquiète, mon compagnon de jeu n'était pas encore arrivé, il aurait déjà dû être là depuis un moment déjà, sauf si...

Il m'avait déjà fait le coup, il était si distrait, si tête en l'air, parfois je me demandais s'il ne le faisait pas exprès, apparemment non, il devait être né comme ça. Je l'avais surnommé Pierrot, Pierrot la lune, il avait un petit air de Pierre Richard dans le grand blond à la chaussure noire. Oh non, vous me flattez, je n'ai rien à voir avec la sulfureuse Mireille D'arc, la même robe échancrée dans le dos jusqu'à l'indécence, ne dévoilerait pas le galbe de mes fesses comme cela.

Non, je suis plutôt brune, les hommes s'accordent à dire que j'ai un joli fessier, mais je ne revêt que rarement jupe et robe, un bon jean moulant, c'est tellement pratique et passe-partout, surtout, ça gomme les imperfections d'un arrière-train que je trouve un peu gros, comme le mien. Pierrot, il est très gentil, il me dit tout le temps que mon cul est parfait, je préférerais quelquefois qu'il admire un peu plus mon visage, et qu'il m'écoute quand je lui dis quelque chose. Où est-il allé encore ?

Pourtant, la dernière fois que je l'ai eu au téléphone, on s'est dit :

  • Sais-tu où on va ?
  • Hôtel des pins ou camping beau rivage, il me semble ?
  • Mais non, tu ne t'en souviens déjà plus, tu as loué au camping des flots bleus, juste en dessous de l'hôtel des pins je ne te répète pas le nom de la ville, on en a parlé cent fois, que je voulais faire le tour des iles .

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