Dans le grand bain

3 minutes de lecture

Marcher dans de la boue n’est pas une chose qui me dérange, sauf, que le sang se mêle ainsi que d’autres substances étranges. Le Palais n’est plus dans mon champs de vision dès qu’on bifurque à gauche.

Je fixe mes pieds, évitant de prendre un garde de trop haut si jamais nos pupilles se croisent. La chaleur de chez moi, me manque déjà. Ajouter, que je commence à lui en vouloir à ma mère de m’avoir envoyé ici. Avait -elle déjà mis les pieds ? J’en doute fortement.

— Bonjour Will, c’est la nouvelle recrue ?

Trop occupé à oublier mon environnement, une nausée m’envahit soudain. Les corps pendent par centaine au plafond de ce hangar presque à ciel ouvert. Les mouches, les bruits de scies bourdonnent sans cesse et je vomie sous le rire des deux hommes.

— Tu vas t’y faires, crois-moi !

La tape du barbu bedonnant, ne m’aide pas. Je vacille et Will me soutient. Le sang sur sa blouse blanche me fait penser aux bouchers, ce qui, permet de me ressaisir un peu mieux. Il me tend la main :

— Minor, le Directeur de la partie dépôt-vente. Je peux comprendre ton état, il te faudra du temps pour y faire face. Will est un très bon chef, il saura te former.

— Elle est à l’essai Minor.

— Il y a des femmes dans ces métiers ?

— Pas de différences. C’est un choix, où tu l’acceptes pour devenir le meilleur et rendre fier le Maitre ou tu es une merde, incapable de se décider et tu finis par être mourir. Je te laisse, on m’appel. On se voit bientôt les gars !

Il l’a relâche assez vite pour se tourner vers un probable client. D’un mouvement de tête, je suis Will et on reprend la route à travers les ruelles étroites et crasseuses.

L’air était chargé d’une pestilence insoutenable, un mélange de chair en décomposition, de formol et de sang coagulé. L’Ossuaire

On arrive enfin devant un ancien hôpital désaffecté, dont les murs suintent ’humidité et la rouille. Une enseigne bancale grésillait au-dessus de l’entrée, affichant simplement un symbole d’os croisés.

— Bienvenue à l’Ossuaire, le lieu est vide, l’entrée se trouve tout même au sous-sol, au moins trois.

L’ascenseur digne des mines de charbons, ne respire pas la confiance. Situé juste à gauche d’un vieux guichet, j’essaye de comprendre pourquoi, ce lieu de soins, n’est plus accessible. Avant de saisir, que ce soigner est symbole de liberté.

Une fois en bas, il pousse une porte en fer donnant sur une pièce glaciale, faiblement éclairée par des néons blafards. Des corps étaient empilés sur des brancards, certains encore recouverts de leurs vêtements, d’autres réduits à des morceaux dispersés dans des sacs plastiques. Des casiers métalliques forment une longue rangée contre les murs, chacun marqué d’un numéro et d’un prix.

Will pose sa mallette sur une table de dissection en inox, éclaboussée de sang séché.

— Bienvenue chez moi, souffle-t-il en retirant ses gants de cuir. Ici, la mort a plus de valeur que la vie.

Un homme en blouse crasseuse, les mains noircies par les fluides cadavériques, s’approcha en haussant un sourcil.

— Elle, c’est la nouvelle ? demande-t-il en désignant Nala d’un regard indifférent.

Will hocha la tête.

— Elle apprendra vite.

— Je m’appelle Nala et vous ?

— Boris, son associé.

Je n’ose le toucher et il insiste pas avant de lui aussi, retourner à ses occupations.

— On va à l’hôtel, je te préviens, pas le grand luxe. Oui, je te tutoie maintenant.

Il me chuchote avant qu’on remonte. L’Antre ne mentionne aucun prix hormis un panneau en rouge sur le présentoir "PAIEZ OU DISPARAISSEZ." n’a visiblement peu de client et ma chambre est à peine la moitié du dressing de ma mère.

Par chance, le matelas à des draps gris qui semblent propres, une ampoule clignotante trône au plafond, et une fenêtre condamnée qui laisse à peine filtrer l’air vicié de la ville.

— Je n’ai pas d’argent, c’est combien ?

— Je paye pour toi.

— Le Club 44 est où ?

— Il faut s’inscrire sur une liste pour le voir. Soit patiente, quatre mois d’apprentissage avec moi, tu auras aussi du temps pour connaitre les environs, les coutumes disons.

— Ok et la salle de bain ?

— WC dans le couloir, la douche, à l’Ossuaire.

— Vous dormez vous où ?

— À l’Ossuaire. Bien, on a du corps à l’ouvrage.

Je laisse mon sac et ferme la porte en bois de piètre qualité pour me retrouver avec une blouse et des gants. Je commence par l’assister et j’ai le droit à des questions. Il m’arrive de vomir encore et je reviens, prêt à tout surmonter. Ce n’est qu’une courte étape, pas l’objectif.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 1 versions.

Vous aimez lire La passeuse d'histoires ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0