Club 44
Mon miroir reflète ma confiance, je suis exigeant ce soir comme tout les jeudi à huit heure. Un café corsé que je savoure toujours en m’admirant avant de le poser sur la desserte.
— Maître Wood ? Puis-je me retirer avec la vaisselle ?
Miranda, seize ans s’écrase devant mon rictus. Pourquoi l’ai-je engagé ? Elle commet plus de bourdes qu’autre chose.
— La question ne se pose jamais dès que tout est aussi vide que ton âme.
Sa référence me satisfait et elle passe derrière moi pour l’embarquer. Je dois reconnaitre que sa noirceur est une beauté. Cependant, même à sa majorité, je n’y toucherais pour une raison de contrat. Bilish me l’a vendu pour une durée de quatre ans. Cela fait quelques mois, qu’elle travaille, je lui laisse encore du temps.
— Maître, elles sont prêtes.
— Parfumez moi de quelques notes de Surin. Ce soir, celle qui sera mienne, aura le luxe de savoir la chance qu’elle a.
— Bien Maître.
Adrian est mon plus fidèle serviteur. Professionnelle, prise d’initiative et discret, c’est par exemple, lui qui m’offre les plus belles flagrances du pays. Surin est le dernier, entre noix, cèdre et glandes de lion.
Une fois embaumé, je m’avance dignement pour prendre place dans mon siège en cuir noir tout en me servant d’une coupe de vin. Ma bague de serpent sur l’annulaire droite m’accompagne et sa parole inaudible donne le feux vert.
Le Club 44 est un hommage au quarante quatre femmes qui ont défilé dans ma vie, en dix ans. Dès son ouverture, des filles de joies ont remplis les cœurs des hommes. Histoire de faire passer encore mieux la pilule, que c’est le seul loisir autorisé avec les bars.
Les femmes sont belles, polies et certaines s’approchent un peu trop pour m’admirer. Bien vite bloquer par mes gardes. Sans un mot, je les dégagent toutes pour la première fois en deux ans.
— Non ! Non ! Dégagez moi ces thons ! Il n’y a plus rien ?!
— Hélas non, Maître. C’était la vingtaine du jour.
Je tente de garder mon calme,
— Avez-vous fait une vérification Minas ?! Les deux dernières listes !
— De suite Maître.
Il tremble tellement que je n’ai qu’une envie, le flinguer sur place. Jil à ma droite, le comprend bien mais reste digne. Je l’ai toujours préféré de tout manière. Le sosie d’Adrian et il ne commet aucune erreur. Enfin, je l’espère, sinon, il va lui aussi passer un très mauvais moment.
Une fois les documents en main, je le compare en jouant avec ma jambe droite sur le tapis rouge tout en jetant un œil aux frères Calvin qui tente de repousser une jeune blonde derrière la porte.
— Le recrutement est à revoir ! Ce sont presque les mêmes !
— Pardon Maître, vous avez établis qu’elles peuvent revenir jusqu’à trois fois.
— On réglera ça plus tard ! Laissez là rentrer bouffons !
— Elle n’est pas sur la liste Maitre me laisse entendre Boris.
— C’est un ordre !
D’un sévère regard, il la laisse entrer. Je m’installe bien pour l’observer. Sa robe grise est maculée de sang. Une indication sur sa provenance. Pourtant, elle me tire une révérence qui me fait à moitié sourire.
— Tu n’es pas d’ici, encore moins sur la liste des femmes qui veulent partager mon dard dans l’espoir de la faire Maitresse de la Terre Brulée. Qui est-tu ?
— Je suis une apprentie d’un croque-mort. Mes origines importent peu. Je tiens d’abord à vous remercier de m’avoir accepté, je sais que vos heures sont précieuses.
— Ton habit est sale hors le reste est d’une tel beauté. Tu aurais pu te changer.
— J’ai fait au plus vite Monsieur Wood avant l’heure de fermeture.
— Et tu penses que je vais vouloir de toi ?
— Je ne cherche pas qu’à répondre à vos désirs sexuels !
— Alors que fais-tu là ?!
— Je souhaiterais avoir une autre occasion d’échanger avec vous. Vous connaître, pour devenir une conseillère et si nos cœurs seront communs, la vie nous unira.
— À part mon nom, c’est tu qui je suis ?
— Vous êtes le Maître des Terres Brulées, reconnu pour votre fort caractère, votre puissance et le sens des affaires.
— Tu as quelle âge ?
— Dix-huit ans Monsieur.
— Ton nom ?
— Nala.
— Hum…si tu ne portais pas ce vêtement indigne d’une poupée, tu seras déjà dans mon lit. Et puis, je ne donne jamais de deuxième rendez-vous sans de bonnes raisons.
— Alors pourquoi m’avez-vous laissez rentrer ?
Elle a du caractère la coquine, ses yeux bleus lumineux osent me défié. J’aime ça, c’est ce qui me manquait, une rivale à écraser. Les autres demandaient qu’à toucher mon aura, elle, veut me décortiquer, être une possible alliée.
Il me faut la tester avant de savourer, qui sait, son corps svelte et harmonieux. Je devine ses petites seins fermes qui suit l’assurance de leur maitresse.
— Qui me dit que tu ne viens pas de l’autre côté ?
— Mes parents sont morts, je n’ai aucune attache, ici ou là-bas.
— Pourquoi croque-mort ?
— Il m’a recueilli alors que je mourrais de faim. Je lui en ai reconnaissante et il m’autorisera à partir, si le cœur m’en dit.
— Je suis exigeant dans le choix de mes relations. Bien qu’il est vrai que je recherche ma promise pour perdurer le sang des Wood. On va faire plus simple, convainc moi de nous revoir.
— Je suis fatale au lit autant qu’une bonne oreille attentive. Je ne juge jamais et désire que le bien de l’autre. Enfin, j’aimerais sortir de l’odeur des morts pour connaitre celle de l’homme qui se tient devant moi. Je ne serez pas déçu que vous me jetez comme une chaussette sale, si je vous conviens pas. Essayer moi, moi, je vous décevrais jamais.
J’approche Jill d’une mon autre main pour lui demander son avis. Nala me quitte pas d’un œil et patiente quelques minutes, sans doute anxieuse. Elle est surprise quand je descends la voir de plus près pour effleurer son doux visage :
— Depuis combien de temps tu es ici ?
— Quatre mois Monsieur Wood.
— Tu es orpheline, juste majeur, qui sont ces hommes qui ont partagés ta couche ?
— J’étais pendant deux mois, une fille de joie.
— Quelles bordels ? Des noms !
— À domicile en échange de beuverie et de nourriture.
— Hum, demande ta démission à ton patron dès demain. Deuxième, tu iras t’acheter des habits pour me séduire, débrouille toi pour te le payer. Enfin, on se retrouve, six rue des Deniers. Les frères Calvin qui t’ont laissé passer, seront là pour que tu viennes à moi. Heure ? Vingt-heure. Casses-toi maintenant, pas un mot, tu es la première à avoir ce privilège. Tes arguments m’ont parlés, ne me déçois pas.
— Merci Monsieur Wood.
Elle me salut une deuxième fois et quitte les lieux dignement. Qui lui appris ces bonnes manières ? Jill me murmure de faire attention, d’après lui, elle ment.
— Elle sera torturé à ma manière.
— Très bien Maître. Que souhaitez-vous faire ?
— Faite passer le message que les candidatures sont clos jusqu’à nouvel ordre. Je vais me retirer au Palais, besoin de prendre du recul sur cette femme.
— La première qui vous perturbe autant, pourquoi l’avoir laissé parler Maître ?
— Aucune idée, sans doute que son insistance m’a poussé à lui laisser une chance. Et puis, elle est belle, mystérieuse et….
— Vous la voyez en vôtre futur épouse Maître ?
— Je dois savoir ce qu’elle a dans le ventre avant de savoir si mes sentiments iront loin. Au Palais !
Enfin dans mon salon avec un feu préparé par Miranda, je reprend la dégustation du même vin. Dans les jours à venir, j’irais inspecté son lieu de vie. Il me semble qu’elle est une intrue dans mon nid, prêt à me tuer au nom d’Ana Rivers.
Elle reste en paix dans son palais, hors, je n’en pas fini avec elle. Mon père est mort à cause d’elle. Et si, Nala est une tueuse, je pourrais l’utiliser pour l’envoyer éliminer Ana. Mes plans divers se dessinent dans ma tête et je sais d’avance, que je vais réussir.
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