Lettre à moi-même, autant dire à personne.
Il est un temps où il faut penser à mourir.
J'y ai pensé une fois, cent fois, mille fois. Parce qu'un goéland à queue noire volait au-dessus de la jetée, alors que le phare disparaissait derrière les nuages. Parce que mon passé flotte et s’éteint au gré de la houle. Il dérive sans but, jusqu’à ce qu’il s’envole prit au bec d’une mouette rieuse.
Ciel pourpre, oh quel monde éphémère !
Les vagues vont et viennent sous mes pieds, emportant un peu de ce sable qui ressemble à ma vie. Les ténèbres éternelles m’attendent. J'y ai pensé plus de cent fois auparavant. Comme ce coquillage échoué sur la plage. Il est temps de mourir. Je ne suis rien d’autre qu’une enveloppe vide, depuis trop longtemps il n'y a plus rien dans mon cœur.
Il est temps de mourir, parce qu’un enfant n’arrête pas de me regarder. Je suis à genoux dans le sable m’excusant auprès de moi-même, auprès de l’enfant que j’étais. Je suis arrivé à la conclusion futile qu’il est sourd au chant de mon chagrin. Moi qui étais si jeune il n’y a pas si longtemps. J’ai commencé à devenir adulte sans même m’en rendre compte. Devenant un peu plus âgé à chaque jour écoulé. Je pourrirai comme les feuilles qui sont tombées sans jamais n’avoir rien fait de ma vie.
Même la tristesse de ce jour, même la douleur de ce jour…
Juste le parfum amer, embruns des derniers souvenirs, restera ancré l’espace de quelque vagues sur la plage.
Je sais que le flot de mes propos cédera au vent. Comme c’est absurde de dire que mes paroles reflèteraient une quelconque vérité. Alors, dans l’obscurité j’ai tracé les contours des derniers mots que j’ai écris sur la grève…
JE T’AI TRAHI, PARDON !
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