Seul au monde

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Avec le soutien de  Julien Ducrocq 
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Jour 1

Je me réveille lentement, une chaleur écrasante pesant sur mon corps. En ouvrant les yeux, je suis ébloui par le soleil qui domine l’horizon. Je me redresse avec difficulté et observe les alentours. Tout ce que je peux voir, c'est une vaste étendue de sable noir.

Pourtant, dans mes souvenirs, j’étais au milieu de la mer. J’avais embarqué sur un ferry en direction d’une île proche de chez moi, une île où j’avais grandi, où vivaient mes amis et ma famille. Un sentiment de nostalgie me serre le cœur.
J’habitais près du port, où une compagnie maritime réputée organisait de longs voyages. L’un de ses navires les plus célèbres était un paquebot assurant la liaison entre l’Amérique et l’Égypte. Mais moi, je n’avais réservé qu’une simple excursion vers une île voisine, à une quinzaine de kilomètres d’ici.

Le bateau s’est éloigné du port, et un étrange pressentiment m’a traversé. Une impression oppressante… Celle que je ne reviendrais peut-être jamais.
Alors que l’île apparaissait enfin à l’horizon, la mer s’est soudainement déchaînée. Le ferry tanguait violemment, les vagues frappaient de plus en plus fort, projetant de l’eau sur le pont et les passagers paniqués. J’étais à l’arrière du bateau lorsque tout bascula : le navire s’inclina brutalement, et je compris en un éclair que nous étions aspirés par un tourbillon gigantesque.

Jour 2

Deux jours… Cela fait maintenant deux jours que je suis coincé ici. Je n’ai rien trouvé pour survivre. Je sais qu’un être humain peut tenir plusieurs jours sans manger, mais sans eau, c’est une autre histoire. Trois jours, tout au plus.
Cette pensée me hante, me rappelant que le temps m’est compté.

Dans cet enfer désertique où le sable est noir et le ciel d’un blanc aveuglant, j’ai aperçu de petites créatures ressemblant à des lapins, bien plus petits que ceux que je connais. Malgré ma faim, je n’ai pas eu le cœur de leur faire du mal. Leur présence me réconforte d’une certaine manière. Plutôt que de les chasser, je préfère les observer.

Jour 7

Je marche sans relâche à travers ce désert en espérant retrouver l’épave du bateau… ou des survivants. Peut-être même de la nourriture.
Après d’interminables heures sous un soleil brûlant, j’aperçois enfin une oasis. Une première, puis une seconde. Je m’y abreuve avidement avant de poursuivre mon chemin.

Jour 63

Je ne sais plus depuis combien de temps je tiens ce journal mental. Chaque jour, je parle à voix haute pour me donner du courage, racontant ma journée comme si quelqu’un pouvait m’entendre. Comme si quelqu’un allait un jour lire mon histoire.

J’écris dans mon esprit sur des pages blanches comme ce ciel, des pages qui disparaîtront avec moi lorsque mon corps s’effondrera définitivement.

J’ai fini par me résoudre à chasser ces petits lapins. Mais sans feu, impossible de cuire la viande. Ce n’est qu’en atteignant une nouvelle oasis que j’ai découvert un maigre arbuste, suffisant pour faire du feu dans cet univers aride.

Jour 65

Il faut que je mange. Je sens mes forces décliner chaque jour un peu plus.
Alors, quand l’un de ces lapins surgit devant moi, je vois enfin une chance de survie.

Je tente de le poursuivre, mais malgré mes efforts, il m’échappe. Dans sa fuite, il me griffe violemment la main, laissant une plaie profonde. Je déchire un morceau de mon vêtement pour la couvrir, priant pour trouver bientôt une autre oasis où je pourrai nettoyer ma blessure.

Jour 70

Cela fait sûrement plus d’un mois que je suis ici… prisonnier de ce désert.

Je ne compte plus les jours. Mais quelque chose a changé. Une sensation étrange, une impression glaçante.

Je me sens suivi.

À chaque pas, à chaque halte, cette présence invisible me hante. J’ai beau me retourner, scruter l’horizon, je ne vois rien. Pourtant, je sais que quelqu’un – ou quelque chose – est là.

Jour 102

Je crois que c’est la fin.

Je me suis évanoui plusieurs fois sous l’assaut du soleil impitoyable. Mon corps est épuisé, déshydraté. Mes vêtements ne sont plus que des lambeaux, à peine suffisants pour cacher ma peau brûlée.

Mais à l’horizon, quelque chose apparaît.

D’abord, un simple mirage, semblable aux illusions créées par la chaleur sur le sol. Mais plus j’avance, plus je suis convaincu que ce n’est pas une simple hallucination.

Mon cœur s’emballe. Je me mets à courir, ignorant la douleur, oubliant ma faiblesse.

Lorsque j’arrive enfin devant cette étrange flaque de chaleur, elle est bien réelle. Elle semble scintiller sur le sol, comme une surface liquide sur du béton brûlant.

Sans réfléchir, je ferme les yeux et me laisse tomber dedans.

Jour 107

Je me réveille en sursaut.

L’odeur d’antiseptique me frappe immédiatement. Les draps sous mes doigts sont propres et doux. La lumière, trop blanche, me fait cligner des yeux.

Je suis dans un hôpital.

La porte s’ouvre brusquement et une infirmière entre. En me voyant éveillé, elle sursaute, surprise.

Épilogue

Après plusieurs jours de convalescence, j’ai enfin appris la vérité.

Le ferry a bien été aspiré par un tourbillon causé par des courants marins violents. Heureusement, l’équipage et les secours ont réussi à sauver tous les passagers. Tous… sauf moi.

J’ai été porté disparu.

Les derniers à m’avoir vu affirment que j’étais tombé à l’eau à l’arrière du bateau. Mon t-shirt, de la même couleur que les abysses, m’a rendu invisible aux sauveteurs. Mon corps aurait dû se perdre dans les profondeurs…

Et pourtant, me voilà, vivant.

Pendant mon séjour à l’hôpital, certains passagers sont venus me voir, laissant des fleurs et des cartes de bon rétablissement. Ma famille et mes amis n’ont cessé de veiller sur moi.

Une fois rentré chez moi, j’ai repris ma vie. Mon travail. Mes habitudes.

Mais je sais que ce que j’ai vécu était réel.

La preuve ? Cette cicatrice sur ma main.

Ce n’était pas un rêve.

Ce désert, ces lapins, cette solitude… Tout était vrai.

Alors, je me demande…

Si ce que j’ai traversé était réel, où étais-je vraiment ?

Et surtout…

Qui m’observait dans ce désert ?

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Table des matières

En réponse au défi

Seul au monde

Lancé par Julien Ducrocq
Vous vous retrouvez seul dans une contrée aride, foulant un sable noir surplombé d'un ciel blanc.
Comme vous ne rencontrez rien d'autre que de chétifs lapereaux à peine suffisants pour un apéritif, vous crevez de faim et de soif, et à peu à peu, devenez fou au point de vous parlez à vous même.

Sous la forme d'un journal de bord, racontez la manière dont votre personnage survit au jour le jour, sachant qu'au bout de son périple il trouve le moyen de retourner vivre parmi les hommes.

Commentaires & Discussions

Survivre a tout prisChapitre1 message | 1 mois

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