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Claude Lucien,
( Claudio Luciano )
J’avais un de ces maux de tête ce matin au réveil ! Les tambours du Bronx ou de l’enfer jouaient une folle sarabande dans ma caboche, bien fait pour ma pomme, je n’avais aucun besoin de boire autant Je n’aurais pas dû mélanger somnifère et champagne.
Du fond du canapé où j’étais avachi, j’admirais le désastre, l’appartement que je louais devenait un cloaque, un gourbi sans nom. Depuis combien de temps n’avais-je pas fait le ménage ? je n’osais m’approcher de l’évier, des monstres pouvaient sortir de l’eau croupie ou baignaient verres et assiettes. Je cherchais en vain un récipient propre pour avaler mon comprimé d’aspirine. Il restait, heureusement, du café carte noire et des filtres dans un placard, je rinçais rapidement le vase de la cafetière. Il ne changea pas de couleur. J’avais trop besoin de caféine pour faire mon difficile !
Pendant que le breuvage que j’avais dosé en aveugle glougloutait, je me précipitais vers la douche, l’eau chaude me fit du bien. Aujourd’hui, je ne travaillais pas, il me faudrait remplir le frigo, j’avais une certaine propension à ne me nourrir que de Burgers et de pizzas, depuis quelque temps.
Ensuite, le nettoyage !
Cela faisait un an qu’elle m’avait quittée, c’est ce que j’ai fêté hier soir, la bouteille de champagne Tsarine je l’ai bu seul, en pleurant ! Et le fond de scotch, du Jack Daniel’s, également !
Putain d’anniversaire ! Ça fait un an, que je pense à elle, et ça fait toujours aussi mal. D’avoir changé de ville, n’a pas suffi. Elle est éternellement là, à chaque coin de rue, dans chaque bar ou restaurants. J’ai même vu son sourire dans un nuage hier encore.
Mais aujourd’hui, je le décréte il est temps de dire stop ! Une nouvelle vie commence !
C’était pourtant ce que je m’étais promis en arrivant ici : ne plus penser à celle qui avait brisée mon coeur en claquant la porte de ma vie un peu trop fort en sortant !
Il y avait bien des jolies filles au travail à qui je plaisais, un mot ou deux et hop, elles seraient dans mon lit, ou moi dans le leur. Mais je passe pour un timide, un névrosé ou un sauvage au bureau. Je fuis les soirées entre collègues, les vamps trop maquillées qui oublient de boutonner les derniers boutons de leur chemisier, celle qui vous lèche des yeux comme si j’étais le dessert ! Non !
Foutez-moi la paix ! Bordel !
Mais, aujourd’hui, ça va changer, la première qui me sourit, chiche, je lui dis oui !
D’abord, je me rase, et je me coiffe, depuis combien de temps un peigne ne s’est pas planté dans cette tignasse ?
Je bois mon litre de café, noir, sans sucre !
Je me prépare, j’ai encore un jean propre, dans le placard, la chemise ne va pas vraiment avec, mais c’est la seule potable, j’opte pour un polo plutôt, le couleur Parme, il me porte bonheur, c’est celui que j’avais quand j’ai rencontré…
Zut, j’ai dit que je ne pensais plus à elle, je l’enfile tout de même, c’est le seul qui soit repassé et non taché.
D’un air sévère, je regarde l’état de mon appartement, pitoyable, si je dois attirer des filles ou des femmes dans ce taudis, il y a du boulot !
Mais d’abord faire les courses, remplir le frigo, ne pas oublier un seau une serpillère et des produits. Changer la cafetière aussi. Et acheter quelques fringues ne serait pas du luxe.
Mais comment ai-je pu en arriver là !
Vraiment, il était temps de faire du ménage, et pas que dans ma piaule !
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