Unis
Mes mains, son ventre, mes doigts et son nombril se sont unis.
Apaisé, je les imagine maintenant, mes mains, simplement posées. L’une sous l’ensorcelant nombril tout juste défloré, l’autre au-dessus. J’apprécie le calme de sa respiration et le réconfort que son ventre dompté m’apporte.
Je ne me trompe pas en affirmant que, docile, elle me laisse dorénavant pleinement savourer l’onctuosité de sa peau.
Je la surprends même à frissonner.
Je lui devine une pointe de plaisir.
Je reconnais sans ambages mon sadisme, mon outrecuidance et mon audace déplacée ; je ne m’attendais donc pas à ce que son ventre, et par syllogisme à ce qu’elle, réagisse ainsi.
Mais alors que je me laisse aller, je ressens en son intérieur comme des petites contractions. N’ai-je pas parlé trop vite en usant du terme "dompté" ?
Méfiant, je me contente d’attendre.
Tout devient lenteur.
Tout, si cela est encore possible, semble encore et encore ralentir.
Et , elle, qu’attend-elle ?
Mes mains apposées montent et descendent au rythme du souffle de son ventre.
Mes mains remontent.
Sa riposte tarde à venir et, moi, pris à mon propre piège, voilà que je ne sais comment agir.
Mes mains redescendent.
Je m’impatiente, je m’inquiète.
Elle patiente, semble prête.
Qu’attend-elle… de moi ?
Ça recommence, ça continue, ça perdure, mes mains montent encore et encore, descendent encore et encore.
Sans réaction, j’attends tel un joyeux condamné à mort qui se prépare à l’échafaud, tel un triste marié qui avance vers l’autel.
Son ventre gonfle, gonfle, mes mains montent, montent.
Son ventre se gonfle, se gonfle, mes mains l’enserrent, l’enserrent.
Sa peau se tend, se tend et alors je comprends... enfin, me direz-vous !
La voilà donc, sa réponse !
La voilà, sa riposte !
Elle n’avait qu’à attendre…
Sa peau se fendille et son nombril auparavant creux devient petite bosse.
J’ai gravi ses seins, me suis jeté sur son ventre et me suis surpris à croire qu’il était enfin mien.
Je pense comprendre que mes pensées, toutes aussi perverses furent-elles, n’avaient pour but que cette folle union fertile.
Là où la gêne n’a pas sa place, là où rien n’est à sa place, là où l’improbable est en place, manipulation, dépravation, machination et perdition seront-elles un aperçu de mon, pour ne pas dire de notre, avenir ?
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