Magicienne

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Plus petite que moi, mince, jeune sans que je ne puisse lui donner d’âge, elle est vêtue d’une jupe à carreaux – la traditionnelle rouge et noire – et de ce petit haut blanc, un brin trop court, qui laisse entrevoir sa peau ivoire – fantasme d’une Britney Spear ou d’une Alizée, me demanderez-vous ?

Et en un instant, peut-être suite à un naturel clignement de me yeux, voilà que je prends conscience qu’elle porte non plus une jupe mais un pantalon noir.

Me revient aussitôt en mémoire qu’elle fricote avec les Égyptiens ribambelles. À sa guise, et elle me prouve là qu'elle ne s'en privera pas, elle peut donc changer d’image en un battement d’ailes.

Magicienne, ta magie fait s’agrandir mon rictus et m’oblige encore à m’attarder. Décidément !

Dans la foule tout juste réapparue – si tant est qu’elle ait disparu –, tu te meus doucement, sans excessif excès, au rythme de la musique ambiante qui, me semble-t-il, après s’être tue résonne à nouveau.

Tes hanches bougent, tes épaules montent et descendent alors que ta tête se dandine d’un côté puis de l’autre. Tu es sensuelle et cette fois, dans mes paroles, aucune vision obscène.

Non, plus de tout ça, le cap est passé, dépassé, derrière moi. Je te regarde, c’est tout ; obnébuleuse magicienne, tu es sensuelle, c’est tout.

Ta main se porte dans tes cheveux, s’y perd, les entremêle, suffisamment pour que j’entrevoie ta manucure curieuse – ou pas me diras-tu – d’ongles peints en noir, tellement sombre… Magicienne ou, comme j’ai déjà aimé à t’appeler, sorcière ?

Séductrice sorcière, tes cheveux à la garçonne poussent à mesure que ta main s’y engouffre. Cheveux maintenant mi-longs jusqu’aux épaules, tu continues à les peigner, à les démêler, ainsi tu dévoiles une oreille bordée de multiples atours. Petite chaîne pendante à ton lob, avec à son extrémité une perle d’or, et, fixés le long de ton cartilage, de multiples anneaux noirs, épais, verts, fins, rouges, ovales ou tout ronds, d’argent ou en toc.

À mesure que tu persistes à te coiffer, passant ta main le long de ton oreille, elle devient électrique, s’éclaire d’arcs bleutés, se fait tondeuse au point que le côté de ton crâne se retrouve soudainement rasé. Coupe à la punk, tu me dévoiles ton cou sur lequel j’entraperçois la naissance – ou la fin – d’un tatouage tribal.

Sorcière, illusionniste ou simple magicienne, quelle sombre magie opère donc ici ?

Dois-je prendre mes jambes à mon cou ?

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