Immobilisme

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Je devrais.

Mais je suis ensorcelé, sous emprise.

Je devrais, l’idée me trotte bel et bien dans la tête. Mais je n’esquisse pas le moindre mouvement.

Le temps semble être arrêté.

Te voilà mutique, totalement immobile au milieu de cette foule.

Cette foule qui, tout juste revenue à mon bon souvenir, se dégrade, se désagrège, tout doucement – rappelez-vous le morphing –, pour au final ne plus exister.

Oui, elle disparaît, tout bonnement.

Te laissant seule.

Ne reste que moi et mon hésitation.

Ne reste que toi et ton attentisme.

Même tes cheveux, arrivés à mi-dos – excepté cette partie du crâne rasé –, ont cessé de pousser et d'onduler.

Quant à ta main qui s'y baladait, elle est maintenant enchevêtrée.

Qu’attends-tu ?

Au risque de me répéter, dois-je te fuir ?

Prendre mes jambes à mon cou ?

Sans jamais me retourner ?

Sans plus jamais te regarder ?

Mais alors que je me questionne, je prends conscience qu'autour de nous un changement s'opère.

L'ambiance, le climat, deviennent petit à petit pesants et oppressants.

La pénombre s’installe ; le froid aussi, un frisson me gagne ; une brume s’élève paresseusement du sol.

Nul doute que, malgré ton immobilisme, ta sorcellerie est en œuvre.

Je réalise qu'il est bien trop tard pour fuir.

Peu m'importe, de toute façon où aurais-je bien pu aller ?

Car où suis-je ?

Cette question qui se pose depuis le début de mon initiation est décidément toujours d'actualité.

Où sommes-nous ?

Au milieu de rien.

Nulle part et partout.

Au centre de tout et du néant.

Puis-je vous être plus clair ?

Me dois-je encore de vous être plus clair ?

Ici tout est possible, vous le savez, pourtant l'ensemble paraît impossible. Ici tout peut être créé mais rien ne reste figé. Ici le tangible est sans cesse remis en question. Ici règne la manipulation et alors tout devient folie. Ici je suis moi et, en même temps, je ne suis plus maître de ma conscience. Ici tout est au laisser-aller, en gage d'atteindre la sérénité.

Ici, tout n'est que vérité, mais rien n'est encore totalement dévoilé.

Ai-je été plus clair ?

Non ? Tout reste confus ?

Oui, car ici la compréhension passera par l'obscurantisme.

Et en ce sens, la pénombre est devenue totale obscurité, la brume blanchâtre devenant mon seul repaire dans l’espace.

Et c’est de tes pieds enracinés que s’élève cette brume !

Ce tableau, tout aussi effrayant puisse-t-il paraître, me pousse ici à l'action la plus sensée qu'il soit :

En finir avec l'immobilisme et accourir vers toi !

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