Chapitre 11: Le collier de perles

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Point de vue d'Étienne

Le roi tient la main de sa bienheureuse épouse d’Autriche, et ils entrent dans le palais, dans des tenues très chics. Les enfants les accompagnent avec des cierges.

— Nous avons l'honneur d'organiser ce bal pour le roi et la reine pour leur douzième année de mariage, déclare un homme.

Tandis que les familles font leur entrée, Alexandre, Paul et moi surveillons les alentours. Je guette la table des invités. Une musique classique, je suppose, venant de Mozart, joue sa cinquantième symphonie. Cela me donne envie de danser. Quelques personnes sont au billard, pendant que d’autres picolent. Le roi invite la reine à la valse. Elle accepte et danse, aux sons des instruments. Le petit Louis-Joseph, que je regarde très attentivement, offre sa bougie à la reine. La mère s'arrête de danser pour la prendre. Étonnement, lorsqu’elle l’approche de son collier en perles, je remarque avec effroi, des étincelles qui prennent feu.

— Votre majesté, éloignez-vous tout de suite de ce cierge !

Elle m'obéit et repasse la bougie à son enfant.

— Enfin monsieur Martel, retournez donc tout de suite à votre poste, m’ordonne le roi.

— Votre majesté, je vous en conjure, enlevez votre collier.

— C’est scandaleux, elle ne va pas enlever mon si joli bijou !

La reine m'écoute, le détache habilement et me le donne. En revoyant l’étincelle, je montre au roi, le danger de ce bijou. Je me rends dehors, sous la pleine lune. Je le lance avec du feu et tout à coup, il explose dans les airs. Le public est stupéfait et désire rentrer chez eux.

— Enfin, c’est inadmissible !

Soudain, un homme masqué sort du jardin. Alexandre le poursuit. Le caporal vient d’arriver, mais le voleur s’est échappé. Le mousquetaire remonte depuis les jardins des fleurs et s’excuse de ne pas l’avoir retrouvé.

— À mon avis, nous avons notre réponse, votre majesté. Quelqu’un veut la mort de votre reine, modère monsieur le duc.

— Je suis navré votre majesté… nous n’avons pas repéré ce voleur avant l'arrivée de vos invités…

Le roi, déçu de la prestance du colonel Dubain, arrache son honneur de sa tenue et l’offre au duc de Bourbon.

— À partir de maintenant, votre caporal sera le duc de Bourbon. Je vous nomme sous-officier, mon caporal. Vous m’avez déçu.

L’ancien colonel reconnaît son erreur fatale. Il aurait du vérifier tous les invités, car si quelqu’un avait allumé du feu devant la reine, elle aurait explosé.

— Merci à vous, brave mousquetaire d’avoir secouru ma reine. Nous allons clore le bal.

Le roi regagne son château avec son épouse et ses enfants. En pensant à la princesse de Bourbon, je la vois, me regarder avec des yeux doux et repart avec son frère, qui la titille sur ses armures. Le roi l’a nommé récemment en tant que mousquetaire… j’ai assez peur qu’il fasse des bêtises… mais en attendant, je suis triste de voir que monsieur Dubain ne soit plus notre chef... mais qui en est le coupable ?


* * *


Le duc et le roi ont eu une longue discussion, lorsque son ami a suggéré de voir avec le bijoutier. Il pense que c’est lui le coupable et qu’il devrait le jeter en prison. Nous avons mené notre enquête, emprisonné le bijoutier et depuis, nous n’avons plus aucune trace de ce bijou. Nous patrouillons plus qu’auparavant et faisons extrêmement attention, à l'assassin, qui cherche en vain, de tuer la reine et le roi. Maintenant que le colonel Bourbon est au commande, tout a changé. C’est son fils aussi qui dirige tout. Il m’exaspère… il veut toujours montrer ses talents devant sa famille et en faire des démonstrations. Pour ça, nous faisons semblant de nous battre et d’être éliminés, alors que lui-même est très nul au combat. Cela devient une honte pour tous les mousquetaires… même Alexandre en a marre. D’ailleurs, je commence à me lier d'amitié avec lui. Il semble ronchon, mais peut-être un peu amical. La dernière fois, il m’avait suggéré de prendre une épée plus fine et plus lourde. Pour les armes, il a du talent. D’ailleurs, je ne sais toujours pas d’où il vient… Paul aussi est un très bon mousquetaire. Nous rigolons de temps à autre. Il m’a raconté qu’il connaissait le père Athanase. À mon avis, aucun de nous n'est croyant… mais je devrais peut-être me confesser. Après tout, mon père m’a quand même enseigné quelques cours de catéchisme. Je suis en train de desceller mon cheval, lorsque Alexandre se plaque contre une porte de l'écurie pour se plaindre.

— Le prince Bourbon n’en fait qu’à sa tête. Il n’arrête pas de parler de son mariage et lèche sans cesse les bottes de son père. On ne pourrait pas les éliminer ?

Je roule des yeux et range mes affaires d'équitation à la sellerie.

— Je suis désolé de te l’apprendre, mais il est de notre devoir de les protéger.

— Ah, Étienne, je vais me confesser, tu veux venir avec moi ?

— Oh non, pas lui, maugrée Alexandre qui descend de la porte de l’écurie.

— Heu… oui, pourquoi pas Paul.

— T’as été sacrément doué hier. Jamais je n'aurais deviné que son collier était une bombe.

— Oui c’est ça, il a bien assuré, on a tout compris, rouspète Alexandre.

Qu’est-ce qu’ils ont les deux à se battre ? Je range mes affaires au bon endroit.

— Figures toi que le père Athanase est un bon ami. Je voulais qu’on soit tous les deux mousquetaires, mais bon, monsieur a préféré faire sa vie autrement…

— Oh pauvre chou, et tu es venu t’en plaindre ?

— La ferme Alexandre, marmonne Paul.

— Pauvre Paul... je le vois très clairement ton petit jeu. Tu m’en veux parce que je suis devenu le meilleur des mousquetaires du roi.

Paul ne réprimande pas et m’attend pour qu’on aille se confesser.

— Tu peux dire à ton ami que j’en ai fini pour aujourd’hui. Ras le bol de m’occuper du petit Louis-Henri à son petit papa.

— Hé ! Tu n’as pas le droit de faire ça. C’est ton tour de garde !

Alexandre l’ignore et part pour aller s’occuper de son cheval.

— Tss, je te jure, ces gens-là, j’ai envie de les écraser. Totalement impoli..

— Écoute Paul, tu penses qu’il est comme ça, alors qu’il a bon cœur. Il ne le montre pas, c’est tout. Et puis, je dois t’avouer qu’il est le meilleur d’entre nous.

— Peut-être que tu arriveras à le battre demain au tournoi ?

— Un tournoi ? Quel tournoi ?

Paul me demande de me baisser pour que je puisse l’écouter.

— Le roi a organisé des jeux. J’ai entendu le lieutenant Dubain en parler. Ils veulent déterminer le meilleur moursquetaire de la garde royale. Et devine quoi ? On gagne une bourse. Je vais pouvoir m’acheter de l’alcool avec. Génial non ?

Super ta vie Paul…

— Et toi ? Tu penses pouvoir y participer ?

— Je… je n’en sais trop rien… je ne pense pas pouvoir gagner…

— Arrête Étienne. Tu as fait d'excellents progrès. Je suis sûr et certain que tu vas gagner.

— Pas sûr face à Alexandre. Il est un très bon tireur et un excellent combattant à l’épée.

— Tu oublies une chose Étienne que toi tu as et pas lui.

— Et je peux savoir ?

Il me montre mon cœur.

— Toi au moins, tu en as un.

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