Chapitre 18: Sous la pluie 

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Point de vue d’Étienne

Nous cherchons désespérément le coupable. Je retourne dans les jardins, pour être sûr qu’il s’agit bien du jardinier. Je regarde l’endroit exact où il taillait ces roses. Il n’est nul part… décidément… un homme cri à l’autre bout du château. Je cours jusqu’au bruit et me retrouve dans la chambre du duc. Je demande au roi de ne pas regarder la scène. Je sors le duc de sa chambre et vois avec pitié, le jardinier, qui s’est pendu au milieu de sa chambre…

* * *

Le duc est tremblant lorsqu’il prend sa tasse et n’arrête pas de répéter la scène qu’il a vu. Si seulement il savait combien j’en ai vu dans ma vie… le roi fait son possible pour le rassurer en le prenant par la main et le laisse tranquille, en regagnant ses appartements.

— Je ne sais plus quoi faire Étienne… pensez-vous qu’il serait plus prudent à ce que ma famille et moi allions à Paris pour être plus en sécurité ?

Sa proposition n’est pas mauvaise… mais laissez Versailles sans surveillance est aussi une mauvaise idée…

— À mon avis, l’assassin aura plus de facilité à vous tuer en cours de route… je pense, qu’il serait préférable que vous restiez ici, mais si jamais cela venait à risquer votre vie, partez loin d’ici. Vous pouvez commencer à envoyer vos enfants à Paris ?

— Non, je préfère les garder avec nous… mais vos idées me semblent juste, soupire, monsieur Martel, pensez-vous trouver l’assassin ?

Son visage triste me brise le cœur.

— Nous allons faire du mieux que nous pouvons, votre majesté.

— Vous savez, ce n’est pas la première fois qu’on veut ma mort… cela me rappelle de mauvais souvenirs lorsqu’il y a eu cette émeute à Versailles… je suis de plus en plus angoissé, sans vous mentir…

— Je ferai tout mon possible pour vous protéger, majesté.

Il retrouve peu à peu confiance et me quitte pour aller à son bureau.

* * *

Point de vue du duc de Bourbon

— Argh, je n’arrive pas à éliminer ce mousquetaire ! Monsieur Martel trouve toujours une solution pour s’en sortir, sale petit morveux !

Je frappe le poing sur la table et me resserre une tasse à café, devant le cardinal de Strasbourg et le ministre des affaires.

— Pensez-vous que nous devons jouer la carte de madame de La Motte ?

La fumée me ressort par le nez. Je balance la tasse au sol et la casse volontairement.

— Essayons encore monsieur le duc. Nous allons bien arriver à éliminer le roi et la reine.

— Pour le moment, ce ne sont pas eux qui m’intéressent…

— À mon avis, on ne devrait pas éliminer ce mousquetaire.

— Je partage le même avis, monsieur le ministre des affaires. Je vois bien le père Athanase…

— Et les trois autres minables mousquetaires. Paul, Alexandre et Gaston Dubain.

— Pas si vite, j’ai une nouvelle idée avant de jouer notre dernière carte.

* * *

Point de vue d’Étienne

Il pleut des cordes dehors. Je cours pour aller m’abriter sous la terrasse. Quelques éclairs défilent dans le ciel. Une fois au sec, je vois la princesse de Bourbon assise sur un banc, à regarder l’orage. Quelques gouttes de pluie tombent dans ses cheveux. J’attrape le parapluie, dans le hall d'entrée, et m’approche pour la protéger. Étonnée, elle pose une main sur sa poitrine.

— Vous m’avez fait peur Étienne. J’ai cru qu’il s’agissait d’un animal.

Je ris, en m’installant à côté d’elle.

— Quel temps de chien…

Nous regardons les éclairs, qui zigzaguent dans les nuages.

— Et moi qui voulais me rendre au kiosque…

Malgré l’averse, je lui propose de marcher avec moi, pour aller se rendre à l’endroit qu’elle voulait. Elle accepte en glissant sa main sous mon bras et courons en rigolant, pour ne pas se faire foudroyer. Une fois que nous contournons le grand lac, nous nous mettons sous le kiosque, à contempler le palais, dans un cadre somptueux.

— Espérons qu’il ne pleuve pas pour le jour du mariage…

Je referme le parapluie et me mets à côté d’elle. Elle a le visage écarlate.

— Je l’espère aussi, princesse…

Elle se tourne vers moi. Ses longs cheveux retombent en cascade sur ses épaules. Je passe ma main dans sa chevelure. Son visage devient plus rouge que tout à l’heure. J’enlace mes mains dans les siennes. Elle est surprise et rit doucement.

— Je vous aime depuis le premier jour, Adélaïde.

Ma déclaration l’a rendue toute palpitante et lève ses yeux de biche vers les miens. Mon cœur bat comme une locomotive.

— Moi aussi Étienne. Je vous aime.

Je caresse sa joue et embrasse son front, délicatement. Je la prends dans mes bras et sens l’odeur parfumée de ses cheveux. Son visage est posé sur ma poitrine et la berce, sous le son mélodieux de la pluie.

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