Chapitre 25: La maison de Quimper

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Point de vue du père Athanase

En croyant que je suis mort, je me réveille par le besoin de reprendre mon souffle. Je crache sur mes vêtements et attends qu'une remontée d’eau vienne s’emparer de mes poumons. Quelqu’un, très gentiment, me tend une bassine. Je crache quelques algues, qui me sont très amères. Il m’aide à allonger ma tête sur le lit et dépose un gant de toilette sur mon front, brûlant de fièvre. Je vois flou autour de moi. Je remarque qu’il s’agit d’une femme et d’un homme, et m’endors, une nouvelle fois.

* * *

La lumière du jour me réveille. Je prends le temps de voir ce qu’il se passe autour de moi. Suis-je au paradis ? J’ai quelques vagues souvenirs qui me reviennent à la mémoire. Les indiens, Constantin, les pirates, la barque, les requins… je me lève, avec un horrible mal de tête et me positionne confortablement sur le lit. Où suis-je ? Je vois que je suis dans une pièce, qui sépare légèrement avec celle de la cuisine. L’odeur des choux à la cuisson viennent envahir mes narines. La dame, qui cuisine, appelle son époux pour lui dire que je suis réveillé. Un jeune homme, je dirais de la trentaine, rentre et prend une chaise pour s’asseoir à côté de moi. Il continue de me tamponner le visage et je tousse encore un petit peu.

— Tu as peut-être soif ?

Pourquoi cette personne me tutoie ? Une lueur du jour vient soudainement se déposer sur son visage. En reconnaissant mon grand-frère, je me jette dans ses bras et pleure.

— Oh Alphonse, comme je suis si heureux de te revoir !

Il me console en me caressant les cheveux.

— Que s’est-il passé ?

Alphonse me raconte qu’il était en train de pêcher à la plage Bénodet lorsqu’il a vu que ma barque était en train de s’échouer et que j’allais me noyer. Il est venu à mon secours, m’a emmené jusqu’à chez lui et j’ai dormi pendant cinq jours. Je le remercie en restant dans ses bras et vois son épouse qui vient me saluer.

— Louison, je te présente mon frère, Athanase.

Nous nous saluons humblement. Tandis qu’elle prépare le repas, je raconte ma longue péripétie que j’ai eu en Amérique et de ma petite aventure à Versailles. Il est impressionné.

— Et toi Alphonse ? Comment se fait-il que tu te retrouves ici ?

Il répond à ma question en me disant qu’après m’avoir vu partir, il a compris qu’il avait été irresponsable envers papa et qu’il a présenté ses excuses. Il a continué de poursuivre l’assassin de maman, mais après avoir rencontré Louison, sa vie a changé. Ils viennent à peine de s’installer ici, à Quimper, après leur mariage et qu’il a trouvé un travail dans une poissonnerie. Je suis heureux pour lui et pour son épouse.

— Et je viens tout juste d’apprendre que nous attendons un enfant.

Je me réjouis pour mon frère et pour Louison.

— Que le Seigneur vous bénisse.

Puis, nous passons à table.

* * *

— Avant que papa meurt, il m’a demandé de te donner ceci.

Alphonse me tend une lettre et la lis. Je suis touché par sa proposition et retrouve le sourire.

— Alors ? Tu acceptes de reprendre la maison ?

— Et toi Alphonse ? Qu’en penses-tu ? Penses-tu que ça ne serait pas une bonne idée que ce soit la maison familiale ?

— Non, je pense que c’est une mauvaise idée… je ne veux plus retourner à la maison après tout ce que j’ai fait…

— Je comprends… et Léandre ? Tu as pensé à lui ?

— Je lui en ai déjà parlé et il était d’accord avec moi. Il voulait attendre ta réponse.

— Que devient notre petit frère ?

— Il poursuit ses études en tant qu’ingénieur pour les moulins.

Je suis impressionné par mon petit frère… cela fait si longtemps que je ne l’ai pas revu…

— Il allait comment la dernière fois que tu l’as vu ?

— Assez bien. Apparemment, aux dernières nouvelles, il va se fiancer.

Le temps passe vite… je suis si heureux que mes frères puissent fonder une famille.

— Elle s’appelle Sophie. Très gentille jeune femme.

— Je n’en doute pas…

— Mais, tu n’as pas répondu à ma question. Que penses-tu en faire alors ?

Je réfléchis, en mangeant mon gratin de chou-fleur.

— Pour tout avouer, je ne sais pas encore… je vais y réfléchir. Merci en tout cas.

— J’avais hâte de te l’offrir.

Nous sommes heureux de nous revoir, cela faisait si longtemps.

— Et que comptes-tu faire ? Retourner à la maison ?

L’idée d’aller revoir notre ancienne maison, n’est pas si mauvaise, puisque nous n'en demeurons pas très loin, mais à la fois, je veux revoir Constantin pour le préparer au baptême et mes amis. Cette affaire est bien plus urgente.

— Non, je dois à tout prix retourner à Versailles pour dire à mes amis que je suis encore en vie. Là-bas, je réfléchirais, mais je te promets que je n’abandonnerais pas la maison de papa et de maman.

— On compte sur toi Athanase. Tu as tous les droits.

Nous terminons le repas avec joie.

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