Chapitre 26: Le quiproquo
Point de vue d’Adélaïde
À la fin du mariage, je voulais à tout prix revoir mon bien-aimé, mais il a soudainement disparu… je suis triste à l’idée qu’il ait cru au mensonge de mon grand-frère… j’étais anéantie lorsque j’étais obligée de lui mentir… Louis m’a demandé à ce que je fasse semblant d’être avec quelqu’un, sinon, il allait s’en prendre à lui et à ses amis… je connais mon frère, il a tous les droits… mais j'ai le désir ardent de le retrouver pour lui dire que je ne suis pas mariée… l’idée me frustre d'avoir menti… je garde sa bague autour de mon doigt et croise, par chance, Marthe, qui porte des draps.
— Vous avez un petit moment ?
Elle regarde de droite à gauche et nous nous cachons dans une salle, sans que mon frère et mon père ne m’espionnent.
— Est-ce que vous savez où se trouve Paul ?
— Aux dernières nouvelles, il était à la cave pour inspecter le vin que le roi a reçu aujourd’hui… après, je n’en sais trop rien…
— Merci beaucoup.
Elle s’incline devant moi et nous nous quittons ainsi. Je dois immédiatement revoir Étienne, avant qu’il ne s’effondre de tristesse…
Point de vue de Paul
Je remonte des caves et, arrivé en haut, je croise ma future fiancée. Elle est si ravissante dans sa robe de servante… je suis sous le charme. Elle s’approche de moi, soucieuse.
— Tout va bien ?
Elle me prend par la main pour que nous puissions discuter.
— La princesse de Bourbon a l’air d’être très inquiète… je ne sais pas ce qu’elle a… je ne l’ai jamais vu aussi triste…
Il a du se passer quelque chose avec Étienne.
— Vous savez où elle se trouve ?
— Je lui ai dit que tu étais dans les caves, en espérant que tu étais avec Étienne.
— Étienne n’est pas avec moi. Il garde les portes du roi. Vas voir Étienne et dis lui que je suis avec la princesse de Bourbon. Je ne veux pas la laisser seule dans les caves. Merci pour l’information.
Je l’embrasse tendrement sur la joue et remets mon chapeau pour aller aider la princesse.
* * *
Point de vue d’Étienne
Je surveille les portes, jusqu’à ce que je vois Marthe, d’un pas pressé, venir me voir.
— Étienne, il y a la princesse qui te cherche partout.
Je m’en moque et tourne les talons.
— Il faut à tout prix que tu la vois, c’est urgent.
— Tu peux lui dire que je m’en moque.
Marthe, surprise, insiste en lançant les affaires sales au sol.
— Étienne, ce n’est pas drôle. Elle a vraiment besoin de toi.
Je soupire et lui demande où elle est.
* * *
Il fait sombre dans les caves à vins. Je ne sais même pas où je pose les pieds… il y a de l’eau et des rats qui grouillent sous mes pieds. J’allume une torche et visite plusieurs caves. Soudain, je vois des gouttes de sang dans une marre d’eau et un bout de tissu. Oh non, ce n’est pas vrai… je suis les traces rouges et j'imagine la scène : la princesse de Bourbon se fait kidnapper. Je me précipite, en cherchant pour savoir où elle est, et me fait soudainement capturer.
* * *
Piégé dans une cave à vin, lié sur une chaise, je vois un monsieur devant moi, qui porte un sac à patate sur la tête pour cacher son visage. Je remarque avec surprise qu’il s’agit d’une dame. Elle a de grandes bottes, avec de longs cheveux noir et très épais. Elle s’approche de moi en rigolant.
— Lâchez immédiatement la princesse. Je sais que vous l’avez capturé.
— De quoi parliez-vous jeune homme ? Je n’ai capturé aucune princesse.
Mais alors, où sont donc la princesse et Paul ?
— Que voulez-vous ?
Elle se relève très souplement, comme un chat et me montre un tonneau, rempli de vin.
— Qui vous paye ? Je veux savoir le responsable de cette affaire !
— Vous perdez votre temps à nous chercher, monsieur Martel.
Je vois avec surprise qu'il s’agit du cardinal de Strasbourg. Mon sang se glace.
— Vous avez bien joué, Étienne, mais malheureusement, j’ai bien peur que ce soit votre fin.
Le cardinal rit et commence à vider un premier tonneau de vin. Il ordonne à ses collègues d’en faire de même et quitte la salle.
— Buvez bien monsieur Martel.
Il rit d’un ton cruel et referme la salle. Je suis pris au piège, je n’ai aucune issue… j’essaye en vain de détacher la corde et y arrive, à l’aide d’un petit couteau. J’ouvre la porte, mais elle est coincée… alors que le vin monte dans la cuve. Je vois qu’il y a une petite meurtrière et appelle du secours… rien à faire, je suis coincé… le vin monte au niveau de mon bassin… je n’ai plus aucun espoir et appelle de toutes mes forces du secours… le niveau atteint, je plonge ma tête et vois avec espoir, que l’eau diminue. Quelqu’un vient d’ouvrir la porte. Tout le vin tombe dans le couloir et je reprends de l’air. Une main vient doucement me consoler. Je la reconnais… cette douceur… je lève mon regard et remarque qu'il s’agit de la princesse.
— Adélaïde…
Je vois Paul, qui me salue avec son chapeau et le remercie de m’avoir secouru. Je prends la princesse dans mes bras et j’entends qu’elle me murmure des « pardon Étienne, j’ai été si cruelle avec vous... » Elle me raconte qu’il s’agissait d’un coup monté pour son mariage. Me voilà rassuré…
— Tu sais qui t’as coincé Étienne ?
Je réponds à Paul que j’ai vu le cardinal, un bourreau et une dame bien mystérieuse qui voulaient ma mort…
— Bon, au moins, nous en tenons un. On sait que le cardinal de Strasbourg joue un double jeu.
— À mon avis, nous tenons pas encore le responsable… mais nous allons y arriver.
Avant que nous partions, Adélaïde semble vouloir encore me voir.
— Étienne ? Puis-je tout de même vous tenir au courant d’une autre affaire ? J’ai bien peur que cela vous déplaise…
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