Chapitre 27: Le retour du roi de France
Point de vue du père Athanase
Après ma très longue absence, me voilà de retour à la cour de Versailles. Je revois les mousquetaires, qui mènent sur leurs chevaux, la garde du roi. Devant le palais, je peux apercevoir une calèche, dont le roi et la reine descendent. Tiens, ils sont partis ? Même leurs enfants les suivent. Je demanderais à Constantin ce qu’il s’est passé… le duc de Bourbon semble l’accueillir avec une grande joie et l’invite à prendre un petit quelque chose. Lorsque la reine veut suivre son époux, elle me voit déambuler avec un gros sac à affaires sur le dos. Surprise de me voir, elle demande au mousquetaire de rester et s'avance d'un pas décidé.
— Que faites-vous là mon père ? Je pensais que vous étiez en Amérique ?
— Me revoilà de retour, votre majesté.
— Vous me raconterez comment s'est passé votre séjour. Avez-vous pu les rencontrer ?
Cette reine est brillante. Elle ne m’avait pas manqué.
— Oh oui, votre majesté, ce fut un honneur d’avoir pu apprendre leur langue et leur culture. Constantin pourra aussi vous raconter notre petit séjour.
Elle élargit un grand sourire sur son ravissant visage. Au moment même de la rejoindre pour poursuivre notre conversation, je sens une terrible frappe au dos. Je me retourne, le cœur battant à mille à l’heure.
— Je t’ai manqué ?
Je reconnais Paul avec son chapeau, portant avec une plume de hibou et me rassure.
— Tu m’as fait peur…
— Je savais bien que vous étiez encore en vie, mon père.
Je reconnais cette voix, c’est celle de Constantin. Nous nous donnons une petite frappe aux épaules, avec Étienne, qui semble joyeux.
— Bon retour parmi nous Athanase.
Nous discutons, et lorsque nous avançons pour aller rejoindre la reine et le roi, j’attrape Constantin par le bras.
— Vous souhaitez toujours le baptême ?
Il me prête un tendre sourire.
— Toujours mon père.
* * *
Après avoir raconté ma longue péripétie, le roi envisage à nouveau, de mettre un terme à la colonisation en signant le traité de paix. Étonnement, le trois septembre 1783, l’Amérique est devenue indépendante et nous avons été assez fiers de les avoir aidés pendant le long de cette guerre. Enfin, tout fini bien… pour l’instant, le coupable ne s’est pas réveillé ces derniers jours. Le roi a pu m’accompagner avec la reine pour aider les sœurs de la Sagesse à Versailles. J’étais si fière, que j’ai eu ma petite idée pour le testament de papa. J’ai écrit une lettre à mes frères pour les tenir au courant de mes projets. Je leurs ai dit que je désirais à ce que la maison devienne un monastère, pour éventuellement aider les personnes malades. J’ai eu des réponses assez rapidement et ils m’ont soutenu en me donnant quelques sommes d'argent. La reine m'a aussi aidé, en me sollicitant pour reconstruire ma maison. J’éprouve un grand amour pour ces dirigeants. Le roi dirige notre pays assez bien, même si les récoltes de pommes de terre sont assez mauvaises cette année… il a tout fait les paysans paient d’impôt… mais j’ai entendu son ministre insisté sur le fait de les augmenter afin de vendre les légumes plus chers… ce fut une honte aux yeux du roi et a ordonné à ce que les impôts n’augmentent pas. Il pense aux pauvres et aux affamés de son peuple. Il éprouve une grande affection pour ses fidèles et les rend assez souvent en visite en calèche et vient les secourir lorsqu’une personne désire à manger. Je l’ai vu une fois, vider sa cave à nourriture pour en donner à toutes les personnes de la rue… il m’a assez souvent confié qu’il avait une grande dévotion à notre Seigneur Jésus-Christ et qu’il était indigne d’en être le roi… ô mon bon et doux Jésus, vous avez choisi entre vos mains une âme très fidèle et qui est prête à se dévouer pour son prochain… il a tellement vidé sa cave à nourriture, qu’il a demeuré pendant plusieurs jours à ne manger que de la soupe et son ministre des affaires a trouvé cela honteux… je lui ai assez souvent offert mes repas, pendant le rude hiver qui s’annonce… mais plus les mois passent et plus les récoltes sont assez bonnes. Nous voilà tous rassurés. J’en ai profité pour baptiser Constantin. Il l’a enfin reçu.
Ce fut le plus beau cadeau que vous avez offert, ô Jésus-Christ. Il m’a même demandé s’il pouvait quitter les mousquetaires pour venir me rejoindre et devenir prêtre, mais je lui ai dit que ce n’était pas encore le bon moment et qu’il devait encore protéger le roi et la reine. Ce printemps là, je suis retourné à la maison et avec mes frères, nous l'avons retapée. Quelques mois plus tard, nous avons enfin réussi à en faire un monastère. J’ai pu accueillir des jeunes religieuses, qui étaient déjà assez douées dans le domaine de la médecine. En tant que père spirituel, j’ai accompagné pendant ces jours-là, plus d’une quinzaine, qui ont aidé les malades et les pauvres, surgissant dans la moindre ruelle. J’ai même pu refaire fonctionner le moulin, en les nourrissant de pains et de céréales. Ils ont été assez satisfaits. Nous voilà arrivés en 1786, plus précisément, le quatre mai. C’est une journée plutôt assez douce. Les nuages sont blanc comme de la porcelaine et le ciel est bleu comme la mer étoilée. Je suis de retour à Versailles, j’ai demandé à une religieuse, sœur Thérèse, d’être la mère supérieure pendant mon absence, pour que je puisse confesser les mousquetaires. Je suis très heureux de tout ce qu’il nous arrive. Le roi et la reine éduquent assez bien leurs enfants. Malheureusement, les nouvelles sont assez tristes pour Étienne… nous avons appris qu’il y a trois jours, que monsieur de Bourbon avait marié sa fille à un autre Orléans, depuis 1769 : Louis-Philippe. Pour l’instant, il n’est pas au courant, mais tôt ou tard, je devrais lui annoncer… encore une fois, cela me déchire le cœur de voir qu’elle n’est entièrement pas amoureuse de lui et qu’elle aime à la folie Étienne. La princesse de Bourbon n’arrête pas de me le confesser et cette histoire m'en brise l'âme… pourvu que le duc de Bourbon soit moins sévère envers sa fille, pour qu’elle puisse être libre d’aimer Étienne et d’en faire son époux… mais malheureusement, les liens du mariage ont eu lieu bien avant. Elle a menti à Étienne en disant qu’elle ne s’était jamais mariée, mais que tôt ou tard, elle devrait mettre un terme à cette histoire, avant que son époux apprenne qu'elle le trompe… cette jeune fille est très mature pour son âge. J’espère que Étienne sera au courant… avant que cela ne se termine mal…
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