Chapitre 31: La galerie des Glaces

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Le roi est en deuil. Il n’arrive pas à se séparer de la mort de son fils… l’ambiance au château est extrêment lourde pour tout le monde… la reine a proposé d’organiser un bal masqué à la galerie des Glaces pour se changer les idées. Cette fois, nous sommes extrêmement prudents. Le colonel d’Argenteuil a tout organisé. Dès qu’il y a le moindre faux mouvement, nous donnons un signe d’alerte pour prévenir l’autre, qu’il y a un danger. Tous les invités portent un masque noir et rigolent, lorsque l’orchestre joue le gloria de Vivaldi. Le roi est tout ramolli. Il ne bouge pas de sa place et reste assis, sur une chaise. La reine l’invite tout de même à se lever et reste à carreau devant les invités. Il soupire de désespoir et passe devant moi, en s’excusant à plusieurs reprises du comportement qu’il a eu envers moi. Je lui ai répondu qu’il était tout à fait normal, suite à la mort de son fils… il compte désormais sur son autre fils pour diriger le royaume. Alors que la princesse Bourbon danse avec le duc, je lève mon regard et vois que le lustre en cristal est en train de bouger. Je fronce les sourcils et remarque qu'il est en train de se détacher du plafond. Abasourdi, je cours vers eux et les pousse, au moment même où le lustre tombe. Tout le monde est affolé. J’entends des cris et ferme les yeux, lorsqu'il s’écroule sur moi…


* * *


Point de vue de Constantin


Je n’ai même pas vu la scène venir. J’étais dans le couloir lorsque l’accident a eu lieu. J’entends des personnes qui parlent et me dirige vers le brouhaha. Je vois avec le sang glacé, Étienne, allongé au sol, couvert de sang, avec des bouts de verre implantés dans son visage. Avec Paul, nous déplaçons le lustre en entendant la panique du public. Le roi reste sous le choc. Il a les cheveux qui hérissent. Je peux même entendre son cœur battre à une vitesse folle. La reine se cache dans ses bras, outrée de voir cette scène.

— Il respire encore ?

Paul palpe son pouls, tandis que moi, j’enlève le lustre et les joyaux qui y demeurent.

— Il faut impérativement qu’il voit le père Athanase… son front est glacial…

Une fois que je me suis débarrassé des débris, je porte Étienne sur les épaules et croise le regard de la princesse, qui est toute chamboulée. Elle a les mains crispées aux vêtements de son époux. Je sais que Étienne l’a fait par amour… et j’en ai le cœur déchiré pour lui… les voir ensemble m’horripilent davantage…


* * *


Je soupire de tristesse en quittant la salle d’opération. Apparemment, Étienne est dans le coma et risque de perdre la vie à tout moment… son corps a reçu un grave choc… et sa tête a été la première à avoir été touchée… ce qui fait qu’à tout moment, son cerveau peut s’arêter… le père Athanase ne nous l’a pas annoncé avec le cœur joyeux… j’aurais du le remplacer et je sens en moi, une pointe de culpabilité. Lorsque j’ai refermé la porte, je remarque que la princesse de Bourbon est assise sur une chaise et me demande si elle peut le voir. Je lui bloque le passage.

— Il serait préférable que vous regagnez vos appartements, princesse.

Elle insiste en me suppliant d’ouvrir cette porte. Je veux y renoncer, mais je cède à ses caprices et rentre avec elle, par précaution. Elle s’assoit auprès de son lit et lui caresse les cheveux, à chaudes larmes.

— Je suis désolée Étienne pour tout ce que je vous ai fait subir… je m’en veux de vous avoir détesté… vous avez été si bon avec moi….

Je roule des yeux en trouvant cette scène pathétique. Elle est ou pas amoureuse de lui ? Je ne comprends plus très bien ces émotions… elle l’embrasse sur le front et repart, en repliant son éventail.


* * *


Point de vue du duc de Bourbon


— J’ai demandé à ce qu'on tue le roi et la reine ! Pas ma fille bande d’abrutis !

Je m’énerve contre les gens que j’ai embauchés et les vire en un claquement de doigt. Ils referment la porte derrière eux et frappe les poings contre la table en marbre. Je lâche un long soupire et jette des documents au sol.

— Rien n’est encore perdu, monsieur le duc. Vous pouvez toujours vous rattraper.

Je n’écoute pas monsieur le ministre. Je repense à la scène que j’ai vu. Ce petit morveux a sauvé ma fille… je ne sais pas trop quoi en penser de cette histoire… après tout, il reste un ennemi à mes yeux et je dois impérativement le tuer. Mais, je suis assez fier qu’il puisse être dans son lit. Bon débarras, je vais pouvoir manipuler plus facilement le roi.

— Je le sais monsieur le ministre… mais j’ai déjà utilisé tout mon jeu de carte…

— Patience monsieur le duc. Je vous promets qu’on réussira à renverser le roi de son trône. Il perdra toute sa richesse et ensemble, nous instaurons la nouvelle constitution.

J’en rêve depuis un bon moment… de ne plus vivre dans cette monarchie diabolique.

— Pensez-vous que nous devrions embaucher de nouvelles personnes ?

— Non, à mon avis, le ministre des finances finira bien à se rallier avec nous. Essayez encore de lui dire qu’il y en a assez d’être sous la monnaie de Louis. Nous devons impérativement changer le cours de l’histoire.

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