Chapitre 32: Le bouleversement
Point de vue du père Athanase
Beaucoup d’événements se sont passés ces derniers jours au château… le roi rencontre énormément de difficultés de financement… la reine est très inquiète… elle m’a demandé de m’occuper de leur fils et de le faire étudier davantage, pour qu’il puisse avoir toutes les connaissances lors de son couronnement. Louis XVI n’arrive pas à négocier avec ces ministres… le ministre des finances insiste sur le fait d'augmenter le prix des marchandises et des impôts, mais le roi refuse, catégoriquement… puis, sur le poids de l’insistance, il a donc écouté son ministre et a augmenté de partout les prix… le peuple s’en est beaucoup plaint… il s’en est terriblement voulu… je suis en train de faire étudier le futur dauphin, jusqu’à ce que j’entende une nouvelle dispute qui éclate dans le couloir.
— Il était hors de question que j’augmente les prix ! Désormais, mon peuple va me détester… et ils vont tous mourir de faim…
J’ai de la peine pour le roi… il est très angoissé à l’idée de perdre son peuple…
— Je le sais, votre majesté, mais il le fallait… le château était en train de s’écrouler sous les dettes, il fallait bien que j’intervienne…
Je suis persuadé que ce ministre se réjouit de gagner de l’argent qui proviennent des autres… quelle honte… j’entends le roi qui soupire et rentre dans la chambre de son petit fils et lui caresse les cheveux. Il m’invite à quitter la pièce et à rester auprès de lui.
— Je suis perdu mon père, complètement perdu…
Je pose très gentiment une main sur son épaule pour le détendre.
— Il faut que je trouve un moyen pour que ma famille puisse rester stable et à vous aussi… je ne veux perdre aucun de mes confrères…
Je suis touché par ses paroles. Quelle charge difficile pour notre roi…
— Pensez-vous que mon fils pourra bientôt recevoir la confirmation ?
— Oui votre majesté. Cependant, il rencontre beaucoup de difficultés dans les langues… et les sciences aussi…
Le roi est fatigué et soupire de désespoir.
— Mais, il a une très belle foi.
Il se réjouit de cette nouvelle.
— Pour me faire pardonner, je vais aller voir mon peuple demain.
Je trouve que cette idée est à la fois bonne et mauvaise.
— Soyez prudent votre majesté.
J’emprunte un autre chemin pour aller me rendre à la chapelle et confier ces nouvelles, à notre Seigneur, Jésus-Christ.
* * *
Point de vue de Paul
Étienne ne s’est toujours pas réveillé. Monsieur le curé veille sur lui en priant avec son chapelet. Le roi a désiré rencontrer son peuple. Nous sommes à côté de sa calèche, avec la reine et nous partons au milieu de la place. Les paysans y demeurent dans toutes les rues et quelques uns, très gentiment, saluent leur roi et leur reine. Arrivés au milieu de la place, nous voyons soudainement une foule se précipiter vers la calèche et se mettre en colère. Il y en a même un qui a ouvert la porte et qui a tenté de s’emparer de la reine. Offusqué de voir cette scène, j'ai brandis mon pistolet et tire un coup en l'air, pour les faire partir. Le peuple part, en criant que c’est scandaleux, qui veut tuer le roi, qu’on devrait l’enfermer. Déçu de sa prestance, le roi ordonne au cocher de rentrer à la maison. Nous sommes tous déçus de ce qu’il s’est passé et repartons, en faisant fuir quelques paysans qui poursuivent la calèche… décidément, nous rentrons dans une période assez rude… j’ai bien peur que tout cela se dégrade…
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