Chapitre 34: 5 octobre 1789

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Il y a à peine quelques mois, le peuple s’est emparé de la Bastille et ils ont libéré de grands braconniers… leurs gestes m’ont donné froid au dos… je ne sais pas trop quoi penser de toute cette histoire et j’ai bien peur pour la suite… je suis dans ma chambre, avec la reine qui écrit une lettre à sa famille pour les tenir au courant de notre situation financière, avant que j’entende un mousquetaire venir vers nous.

— Votre majesté, vous devez partir impérativement. Le peuple est aux grilles de votre palais et commence à y pénétrer… nous vous avons préparé une calèche.

Je remercie le colonel et demande à la reine de faire vite nos bagages, et je vais impérativement prévenir mes enfants.


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J’ai le visage assez pâle… je vois à travers les vitres de la calèche les paysans, qui tentent d’envahir le château en jetant du feu et des pierres… je referme les rideaux et regarde mes enfants, en gardant tout de même le sourire. Mon épouse aussi est très inquiète de notre situation. Je prends le dauphin dans mes bras et l’embrasse chaleureusement sur la joue. Notre fille aînée est assez angoissée aussi… nous laissons notre avenir entre les mains de notre Seigneur Jésus-Christ.


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Nous sommes le vingt juin 1789, je me suis rendu à la salle du serment du jeu de paume, mais tout est parti en vrille… les ministres n’ont pas arrêté de s’insulter entre eux, ils veulent tous renverser la monarchie… la situation devient extrêmement tendue… ils veulent à tout prix abolir de nouvelles lois et instaurer une nouvelle Constitution… j’ai le cœur assez lourd et je suis parti, avant même qu’on m’insulte au visage et qu’on me traite de « Louis le dernier... »


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Nous avons essayé de nous enfuir plusieurs fois à Paris, mais les révolutionnaires ont insisté sur le fait que je devais rester ici… je n’ai plus le choix… les mousquetaires veillent encore sur moi et j’ai le père Athanase qui me tient toujours compagnie. Nous récitons des chapelets, pour que cette situation s’apaise, mais rien à faire… ils se révoltent tous contre nous… nous sommes en juin 1792, des soldats ont pénétré dans notre petite maison et nous ont demandé de les suivre… je rassure les enfants et nous suivons les instructions, avant qu’ils nous enferment en prison…


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Point de vue du père Athanase

Alors que j'étais en pleine prière, à l’église de la rue du bac avec Constantin, une bande de paysans et de soldats viennent à notre poursuite pour me capturer. Constantin insiste sur le fait de me libérer et que je n’avais rien à voir dans toute cette histoire… ils ne l’écoutent pas et le frappent à bout de force… ils me demandent de les suivre et me jettent après cela, dans le cachot, avec le roi et la reine et d’autres religieux… nous sommes tous désemparés de cette situation… mais, nous continuons de prier tous ensemble et cela nous arrive même, pour nous rassurer, de chanter des psaumes… nous ne savons pas encore ce qu’il nous attend, mais nous avons tous très peur pour le roi et sa famille… nous nous soutenons mutuellement en donnant à manger aux enfants et aux familles dépourvues…


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Nous sommes le vingt-et-un janvier 1793. Les révolutionnaires nous sortent de prison et mettent tout devant, le roi de France en le bafouant et en lui crachant au visage. Il y a le feu à Paris. Des mousquetaires essayent de défendre le roi, mais malheureusement le peuple est tellement révolté, qu’ils ont dû repartir sur le chemin… tandis que nous marchons tous à la file indienne, devant tous ces gens qui nous crachent à la figure, je vois une petite fille devant moi et je l'entends pleurer. Une religieuse qui était devant elle, la rassure. Des religieuses sont dans des calèches, prêtent aussi à subir le calvaire… des moines et des prêtres sont aussi à notre poursuite… ils nous blasphèment de tous les noms… il y en a même un qui me fait tomber et me rue de coups… j’attends que cette situation se passe et vois enfin la scène qui va suivre : il y a une guillotine, posée sur une astrale. Le roi passe en premier. Des révolutionnaires le positionnent et il y a le duc de Bourbon en premier. Louis ne parle pas et ne regarde même pas son ami qui l’a trahi. Il place sa tête en premier.

— Une dernière prière « votre majesté » ?

Un révolutionnaire me pousse pour que je puisse réciter des prières. Je tremble devant le roi et lui dit qu’il ira rejoindre le Seigneur. Il récite une dernière fois sa confession, avant que la lame tranche sa tête en deux… la reine a pleuré toutes les larmes de son corps et me demande à ce que ses enfants passent en premier… elle aimerait les voir avant qu’elle parte… je comprends et sanctifie aussi ses enfants, avant que d’autres coups les décapitent, un à un… Constantin, Paul et Étienne regardent cette scène, le cœur bouleversé… je n’ai plus de mots… tout ce sang me glace le dos… j’ai des nausées terrible qui m’envahissent… je vois tout le monde, passé un à un… y compris la reine et vois sa tête se trancher en deux… je n’arrive plus à prier… j’éclate en sanglot et tombe au sol, mais les révolutionnaires me demandent de continuer… des enfants y passent, des religieux aussi… ils me regardent tous, en me remerciant de les encourager… il y a même un révolutionnaire qui a pris la tête du roi et qui l’a posée sur une fourche en criant « vive la révolution, vive la révolution ». J’ai le cœur angoissé… je suis paniqué à l’idée de passer… c’est la première fois que cela m’arrive… à mon tour, je récite le « salve regina » et pose ma tête dans la guillotine. Une fois que la lame est passée, je sens les cordes se détacher de mon cou, mais malheureusement, elle est mal passée. Alors, je souffre horriblement. L’air me manque et je tousse… tout mes nerfs se sont bloqués. J’ai très mal, car mon cou est séparé en deux, mais je peux encore respiré, jusqu’à ce qu’il passe une seconde fois la lame dans mon cou… tout est accompli… disait le Seigneur sur la croix avant de mourir…

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