Chapitre 4 : La piscine

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La surprise est de taille : une magnifique piscine trône fièrement devant eux. Les bords en granit s’accordent parfaitement avec la roche des lieux alentour. Impressionné, Tony échappe un sifflement d’admiration. Recouverte d’une bâche noire, il s’autorise à soulever un coin pour vérifier la température de l’eau, mais constate qu’elle est glacée. La couleur douteuse et les nombreuses feuilles jaunies finissent de calmer son émerveillement. Madame Landrieux précise aussitôt que son mari Raymond viendra dès le lendemain la nettoyer. Il lui faudra tout de même attendre quelques jours avant qu’il ne puisse en bénéficier pleinement. Tony la rassure, il n’est pas pressé.

Sur la spacieuse terrasse qui borde la piscine sont installés une table en fer forgée et les deux Chiliennes turquoise. Tony s’imagine déjà profiter de cet espace aux allures de vacances et du jardin qui prolonge l’ensemble. Celui-ci est parfaitement entretenu. Il s’étend jusqu’à l’orée d’un petit bois que Tony aperçoit au fond de la propriété. Suzanne admire les parterres fleuris et deux arbustes fraîchement plantés. Son mari a fait du bon travail. Puis, elle s’esquive quelques instants, avant de revenir de l’intérieur de la maison. Elle ouvre en grand la baie vitrée du salon et active le store électrique qui vient donner de l’ombre à la terrasse.

— Pensez à le dérouler dès le matin, vous risquez d’avoir chaud, sinon.

— Entendu, je n’y manquerai pas.

— J’ai laissé notre numéro de téléphone fixe dans le tiroir de la commode de l’entrée. N’hésitez pas à nous appeler au moindre souci. Nous habitons un peu plus haut, cela ne nous pose aucun problème.

— Entendu, c’est très gentil à vous.

— Il ne me reste qu’à vous souhaiter un agréable séjour. Vous serez au calme, ici, dit-elle en lui confiant le trousseau de clefs.

Tony la remercie de nouveau pour son accueil. Alors qu’elle s'apprête à prendre congé, elle revient sur ses pas.

— J’oubliais, le garage !

Celui-ci abrite une vieille mobylette rutilante.

— Elle est en parfait état de marche, Raymond l'a fait réviser l’hiver dernier.

Tony ne peut cacher sa joie. Il reconnaît là, l’AV88, appelé couramment la “bleu”, modèle phare des années 70 qu’il a eu adolescent. Il s’agenouille pour l’admirer de plus prêt, en passant sa main dessus. Elle est superbe. Suzanne sourit poliment.

— Un petit quart d’heure et vous serez directement au village. Si vous préférez la marche, il y a le sentier situé à l’avant de maison, de l’autre côté de la route.

— Et bien, écoutez madame Landrieux, c’est tout simplement parfait. Je crois que je suis un homme comblé !

Cette fois-ci, Suzanne le quitte pour de bon.

Tony prend son sac de voyage qu’il monte à l’étage. Le grincement et l’odeur du bois des marches lui rappellent celles de sa maison d’enfance, il en est tout ému. Il ouvre une première porte qui donne sur une modeste chambre, avec lit d’une personne, recouvert d’une couverture bleu. La deuxième chambre est une copie conforme de la première, hormis la couleur rose pâle du couvre-lit. Il choisit la chambre du fond, grande et lumineuse. Les draps du lit ont visiblement été changés et sentent bon le frais. Un secrétaire assorti d’une chaise cossue accueilleront son ordinateur. Son éditrice a visiblement pensé à tout.

Il ouvre le seul placard de la pièce dans laquelle sont rangés trois chemises et deux costumes pour homme. Ceux-ci sont légèrement démodés sans pour autant être en mauvais état. Anne-Marie n’a pas pu s’en empêcher de lui prévoir une soirée mondaine. Il s’en amuse, malgré une note d'agacement. Elle sera déçue, car il est bien décidé à se considérer en vacances, avec pour seule tenue, des vêtements décontractés.

Il ouvre à présent une large porte-fenêtre donnant sur une terrasse. Elle surplombe le jardin et la piscine, qui, vus d’ici, n’en sont que plus majestueux. Ses mains se posent sur la pierre froide du balcon. Les rayons du soleil sur son visage lui font du bien. Durant quelques minutes, il profite, les yeux fermés, de la chaleur de cette journée. On dirait déjà l’été. Puis, il revient à l’intérieur et après s’être déchaussé, se laisse tomber sur le lit, tel un gisant. La fatigue du voyage le rattrape d’un coup et Tony s’endort profondément.

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