13. États d'âme

14 minutes de lecture

Elena marchait en tête, plus silencieuse que jamais. Elle n’avait pas prononcé un mot au petit déjeuner. Julien avait bien remarqué sa mise à l'écart :

- Dis donc, tu as la forme aujourd’hui ! Ça me fait plaisir de voir que ta cheville va mieux. J’ai du mal à te suivre, plaisanta-t-il.

Mais son sourire s'effaça rapidement lorsqu'il vit qu’Elena ne réagissait pas. Elle ne semblait pas avoir le cœur à rire. Il tenta de relancer la conversation pour percer le silence qui pesait entre eux :

- Si tu veux, on pourrait avancer notre périple de quelques jours, qu’en dis-tu ?

Toujours aucune réponse. Julien accéléra le pas pour se mettre à sa hauteur. Il lui prit doucement la main :

- Elena ? Que se passe-t-il ? C'est à cause de la perruque ou des...

Elle s'arrêta, le regard sombre et le coupa d'une voix à peine audible :

- Tu l’aimes toujours, n’est-ce pas ?

Julien se figea. Ces quelques mots, si simples, s’infiltrèrent dans son esprit comme une vague inexorable. Il fut soudain plongé dans une confusion qu’il avait cherché à éviter.

L'aimait-il encore ?

La question résonnait en lui depuis pas mal de temps mais il fuyait la réponse. Il se revoyait avec Michèle, les moments de tendresse échangés, les sourires partagés, mais quelque chose avait peut-être changé.

Était-ce encore de l’amour ? Ou simplement l’attachement à une vie qui lui échappait ?

Son regard se perdit dans les montagnes qui les entouraient. Elles étaient immuables, comme cette stabilité qu’il avait eue avec Michèle. Avec Elena, tout était différent. Elle avait rallumé en lui une flamme qu'il croyait éteinte, une passion imprévisible, troublante. Peut-on aimer deux personnes à la fois. Peut-on les aimer différemment ?

Ce qu’il ressentait pour Michèle était ancré dans le passé, dans des promesses silencieuses. Avec Elena, c’était un feu brûlant, intense, qui éveillait ses sens.

Il baissa les yeux, fuyant son regard. Il se tenait au bord d’un précipice émotionnel : un pas en avant ferait s'effondrer tout ce qu'il connaissait.

Mais derrière cet effondrement, il devinait une vérité plus profonde, une liberté qu’il n’avait jamais envisagée. Un tourbillon d’émotions l'envahissait, chaque pensée s'entremêlait et créait en lui une douleur sourde.

Après un silence lourd, il murmura d'une voix tremblante :

- Oui... je crois que je l’aime toujours.

Ces mots, alors qu’ils franchissaient ses lèvres, ne l’apaisèrent pas. Ils étaient vrais, mais incomplets. Cet amour pour Michèle n’avait plus la même intensité. C’était devenu une affection mélancolique, une ombre du passé. Il jeta un coup d’œil à Elena qui cherchait à comprendre ce qu’il ressentait vraiment.

Elle ferma brièvement les yeux, puis les rouvrit avec une détermination fragile :

- Si je t'aidais à trouver un traitement pour te guérir, tu retournerais vers elle ?

La question tourna dans la tête de Julien :

"Guérir, retrouver la vie qu’il avait imaginée... avec Michèle ?"

Nerveux, il passa une main dans ses cheveux. Il cherchait une échappatoire dans ses pensées. Le silence s’étira, chaque seconde fut un supplice :

- Je ne sais pas, souffla-t-il. Peut-être... Si tout redevenait comme avant... peut-être que je retournerais vers elle, oui. Mais je ne sais plus, Elena, je ne sais plus ce que je veux.

Son regard croisa celui d’Elena. Il y vit une douleur qu’il aurait voulu effacer. Il savait qu'il il ne pouvait lui offrir que la vérité, même cruelle :

- Je ne veux pas te mentir.

Elena hocha lentement la tête, les lèvres pincées. Elle savait qu'il disait la vérité, mais cela ne rendait pas la situation plus supportable. Il hésita puis lui déclara :

- Il faut que je te dise quelque chose.

- Est-ce vraiment nécessaire ? demanda-t-elle avec une note de résignation dans la voix.

- Oui, c'est vraiment nécessaire.

Il s'approcha d'elle puis lui prit les deux mains. ses yeux étaient remplis d’une intensité qu’Elena ne lui avait jamais vu :

- Si tu ne devais pas t'en aller, tout aurait été différent.

- Que veux-tu dire ?

- Je sais que tu vas repartir, que je ne te reverrai probablement plus jamais...

- Et... ?

- Mais bon sang, Elena, tu comprends ce que je veux dire, non ?

- Non, Julien. Dis-le-moi, je veux l'entendre.

Il plongea son regard dans celui d'Elena, captivé par ses yeux aigue-marine. Il marqua une pause, chercha son souffle, puis lâcha enfin les mots qu’il retenait :

- Elena, je suis tombé amoureux de toi... depuis le jour où tu as posé ton regard sur moi.

Elle le regarda en silence. Sans un mot, elle l’attira doucement à elle avant de déposer un tendre baiser sur ses lèvres.

Julien répondit à ce baiser, enlaçant son corps frêle et fort à la fois. Il la serra comme s’il ne voulait jamais la quitter. Quand leurs lèvres se séparèrent, elle posa sa tête contre sa poitrine :

- J’avais imaginé que tu resterais avec moi, que nous trouverions un foyer ensemble.

Puis, elle leva les yeux vers lui, un doux sourire triste au coin des lèvres et ajouta, tout doucement :

- Un foyer parmi les étoiles.

Julien la regarda, ému :

- Mon Dieu, Elena… je ne sais pas quoi te dire.

Il sentait son cœur tiraillé, partagé entre l’amour qu’il croyait éternel pour Michèle et cet amour naissant, inattendu, qui bouleversait tout ce qu’il pensait ressentir.

Il ferma les yeux un instant, submergé par ses pensées, tandis que le souffle d’Elena contre son torse résonnait en lui. Les mots qu'elle avait prononcés flottaient encore dans l'air aussi éthérés que les rêves qu'ils avaient partagés :

"Un foyer parmi les étoiles"

Mais une réalité implacable s'imposait : ils ne marchaient pas sur le même chemin :

- Julien... reprit-elle doucement, nous ne sommes pas faits pour la même vie. Toi, tu appartiens à cette terre, à tout ce qui te retient ici : Michèle, ta maison, ton passé.

Il baissa les yeux. Il se sentit vulnérable sous le regard lucide d’Elena. Elle avait raison, mais une partie de lui résistait :

- Et toi, Elena ? A qui appartiens-tu ? demanda-t-il, la voix à peine audible.

Elle se détacha légèrement de lui, le regard perdu dans l’horizon, là où les montagnes se fondaient avec le ciel. Il lui semblait qu’elle venait d’une autre dimension, d’un endroit qu'il ne pourrait jamais véritablement atteindre, ni même comprendre :

- J’ai longtemps cru que mon destin était ailleurs, loin, parmi les étoiles. Maintenant que je t’ai rencontré, je me rends compte que les étoiles ne brillent plus aussi fort qu’avant. Je sais désormais où trouver ma voie.

Une douleur sourde lui serra la poitrine de Julien. Il avait toujours admiré son indépendance, son regard tourné vers des horizons qu’il n’avait jamais osé rêver. Pourtant, à cet instant précis, il se demandait si ce qu’ils avaient partagé ici, sur cette terre, n'était pas plus précieux que tous les astres du ciel.

- Et si... commença-t-il, avant de s’interrompre. Les mots lui échappèrent.

Elena le regarda avec une douceur infinie. Elle devinait déjà sa pensée :

- Si je restais, c'est ça ? dit-elle, finissant la phrase qu’il n’avait pas osé formuler.

Julien hocha lentement la tête, son cœur battant la chamade. Il ne savait plus ce qui était juste.

- Rester ? répéta Elena. Son regard devint plus distant, presque rêveur. Mais si je reste, que deviendrons-nous ? Je ne suis pas comme elle. Elle fait partie de ton histoire, de tes racines, de ton monde. Moi, je suis une passante, une étoile filante qui traverse ta vie. Et puis... ils finiront par me trouver.

Julien se rapprocha d’elle. Il prit son visage entre ses mains. Ses yeux débordaient d’émotion :

- Et, cette étoile filante... Je peux la suivre ?

Un silence lourd s'installa entre eux. Le vent caressait doucement les branches des arbres, accompagnant ce moment suspendu. Elena ferma les yeux un instant. Ses lèvres tremblaient :

- Tu ne peux pas tout quitter pour moi, chuchota-t-elle. Parce que... Enfin, tu ne sais pas qui je suis réellement. Tu dois arrêter de fuir, Julien.

Il sentit son cœur se serrer. Une part de lui avait toujours su qu'ellle représentait quelque chose de bien plus grand dans sa vie, quelque chose d'inattendu, mais irrésistible :

Il colla sa tête contre la sienne :

- Je ne fuis rien, Elena.

Elle se détacha doucement de son étreinte, prit sa main en plantant son regard dans le sien une dernière fois :

- Tu es sûr ? Si nous partons vers les étoiles, nous ne reviendrons pas. Elle regarda sa réaction et ajouta :

- Nous ne reviendrons jamais.

La déclaration d'Elena pesait dans l'air, chaque mot plus grave que le précédent. C'était une décision sans retour, un moment décisif. Il ferma les yeux un instant, tiraillé entre l'irréalité de la situation et l'intensité des sentiments qu'il ressentait pour elle. Il savait qu'il devait prendre une décision, une décision qui bouleverserait tout. Le moment qu'il mit à réfléchir obligea Elena à sourire, un sourire tendre mais triste :

- Ton silence parle pour toi. Je comprends, tu sais. Tu as une vie ici, quelqu’un que tu aimes, des amis. Le moment venu, je te donnerai le traitement. C’est vraiment ce que je veux pour toi. Tu pourras réaliser tout ce dont tu as rêvé.

Elle lâcha sa main tout doucement et ajouta d'une voix encourageante :

- Allez, on doit continuer notre entraînement si on veut atteindre notre objectif.

Elle reprit sa marche. Julien la suivit, perplexe, en proie à l'émotion et au doute.

Ils revinrent à la ferme aux environs de midi. Dès qu’ils franchirent le seuil de la maison, une délicieuse odeur envahit leurs sens, créant une atmosphère réconfortante. Michèle avait préparé un des plats préférés de Julien.

Sur la table en bois, un grand plat en céramique trônait, dévoilant un gratin doré, encore fumant. Dans un autre plat, une salade verte apportait une touche de fraîcheur et de vivacité. Le pain de campagne posé à côté, promettait des morceaux croustillants et dorés.

Elena adressa un salut rapide à Michèle et Kévin avant de se diriger prestement vers la salle de bain. Sa démarche pressée et ses yeux fuyant trahissaient une agitation intérieure. Elle cherchait à échapper à une conversation non dite.

Julien se dirigea vers la table, un sourire rêveur aux lèvres, sa fatigue momentanément oubliée face à l'odeur envoûtante qui embaumait la pièce :

- Tu n'as pas oublié.

Un sourire tendre se dessina sur les lèvres de Michèle :

- Comment pourrais-je oublier cinq ans de vie commune ?

Julien se laissa aller à un sourire nostalgique. Le gratin doré, la salade et le pain encore tiède n’étaient pas de simples plats ; ils représentaient des moments précieux, des souvenirs d’un quotidien empreint de petites attentions et de complicité :

- Ça me touche, murmura-t-il à son ancienne compagne.

Émue par ses mots, Michèle baissa les yeux. Ses gestes, empreints d’une douceur familière, trahissaient ses sentiments toujours aussi forts pour lui. Elle déposa doucement le plat qu'elle tenait, s'approcha de lui et prit sa main :

- Ça m'a fait plaisir de le préparer.

Il hocha la tête. Son sourire devint plus discret alors qu’il prenait conscience de la fragilité du moment.

Chaque seconde passée ici, avec Elena, Michèle et Kévin, serait précieuse et chargée d'émotions complexes.

Ce repas devenait un espace de réconfort et de réflexion, un moment pour apprécier des liens éphémères, naviguer à travers les incertitudes de leurs vies croisées.

Ils passèrent à table quelques minutes plus tard. Julien attendit que tout le monde soit installé avant de prendre la parole :

- Nous partirons demain matin, de bonne heure. Il est temps d’effectuer notre périple. Je pense que nous sommes prêts. C'est le bon moment.

Il lança un regard vers Elena, cherchant son approbation et son soutien dans ce moment crucial. Ses yeux rencontrèrent ceux de Julien et un silence pesant s’installa un instant, avant qu'elle ne se redressât légèrement.

Une lueur de détermination courait dans son regard :

- Oui, je pense que tu as raison. Nous devons mettre un terme à cette aventure pour que chacun puisse trouver son chemin.

Julien observa les réactions de Michèle et de Kévin avec une attention particulière. Leur réponse, au poids de ses paroles, était perceptible dans chaque mouvement et chaque expression.

Michèle, dont le visage avait été illuminé par un sourire tendre un instant plus tôt, était maintenant marquée par une ombre de tristesse. Ses yeux, normalement vifs et pleins de vie, se voilèrent légèrement et trahirent une profonde inquiétude, une nostalgie palpable. Pourtant, en dépit de la tristesse, une lueur d'espoir persistait dans son regard, comme une étincelle ténue, un espoir fragile que Julien trouvât la guérison qu'il cherchait et qu'il revînt à elle.

Kévin, quant à lui, arborait une expression plus grave. Ses sourcils étaient froncés, ses yeux se plissaient sous le poids de la réflexion. Il semblait plongé dans une mer de questions et de doutes : la peur pour son ami et les incertitudes concernant le voyage qu'il devait effectuer.

Julien sentit le poids de leurs émotions. Il comprit que ses propres préoccupations et résolutions se répercuteraient sur eux. Le silence qui s'ensuivit était chargé de cette tension émotionnelle. Il savait que leur soutien, bien que profondément sincère, était mêlé à une crainte palpable pour l'avenir.

Le moment était devenu une toile délicate où se mêlaient espoir, inquiétude et amour. Il coupa court à ce flots d'émotions :

- Vous partirez après le repas. Elena et moi devons nous préparer pour ce voyage.

Il plongea son regard dans celui de Michèle, cherchant à apaiser les tourments visibles dans ses yeux :

- Je sais que c’est difficile, mais il est crucial pour nous de nous concentrer sur notre objectif. Nous devons être prêts à affronter ce qui nous attend. Vous savez que ce ne sera pas chose aisée.

Il se tourna ensuite vers Kévin, dont l'inquiétude était palpable :

- Je vous demande de nous faire confiance. Nous avons réfléchi longuement à cette décision et nous pensons qu'il est temps d'agir. Votre soutien a été précieux, mais il est important maintenant de nous donner l'espace nécessaire pour nous préparer.

Julien laissa échapper un soupir, le regard empreint de gratitude et de détermination :

- Que cela ne nous empêche pas de savourer ce beau plat que Michèle nous a préparé.

Ils mangèrent en silence. Ce même silence persista autour de la table jusqu'après le repas. Les assiettes désormais vides, tous les quatre restèrent assis, chacun absorbé par ses propres pensées. L'ombre du départ imminent planait sur eux et endait l'atmosphère plus pesante.

Michèle se leva pour débarrasser la table, mais Julien s'approcha d'elle :

- Merci pour tout ce que tu as fait, Michèle, ce repas était parfait. Nous allons tout ranger, ne t'inquiète pas.

Elle lui adressa un sourire triste, ses yeux brillaient de larmes qu'elle s'efforçait de retenir. Elle posa une main légère sur son épaule, puis le prit dans ses bras et l'étreignit de longues secondes. Elena détourna le regard et ramena son assiette dans la cuisine.

- Reviens-moi vite, Julien, je t'en supplie.

- Je te le promets.

Gêné par l’émotion, Julien déposa un baiser léger sur ses lèvres avant de se détacher d’elle presque aussitôt. La douleur du départ se lisait dans les yeux de la jeune femme, mais il savait que cette séparation était nécessaire. Il ne voulut pas amplifier la douleur déjà existante.

Kévin s'avança devant Julien, l’air grave. Il lui tendit la main :

- Soyez prudents, murmura Kévin. Faites bien attention à vous.

Julien serra la main de son ami avec gratitude. Il ressentait le poids de son émotion et comprenait la difficulté de leur adieu. Sa voix était pleine de sincérité lorsqu'il lui répondit.

- Merci, Kévin. Prends soin d’elle jusqu'à mon retour.

Kévin hocha la tête. Il détourna légèrement son regard pour masquer les émotions qui commençaient à l'envahir.

Michèle s'approcha d'Elena et, lui donna les lentilles de contact.

Lorsqu'elle tendit la main pour les prendre, Michèle la prit pour la serrer fortement :

- Sauve-le, je t'en prie, sauve-le...

Elle acquiesça sans un mot puis la jeune femme se tourna pour se diriger vers la porte d'entrée, suivie de Kévin. Alors qu'ils montaient dans leur véhicule, Julien et Elena restaient là, immobiles sous le porche. Ils regardèrent leur départ imminent. La voiture démarra doucement, les pneus crissant légèrement sur le gravier de l’allée. Julien observa la Mercedes s’éloigner le cœur lourd. Il se tourna vers Elena, qui se tenait à ses côtés :

- Allons nous préparer !

Les préparatifs commencèrent dans une ambiance calme mais chargée de tension. Le deux jeunes gens se retirèrent chacun dans leur chambre pour finaliser leurs affaires. Ils vérifièrent précisément le contenu de leurs sacs, s'assurant que chaque objet nécessaire pour le voyage était bien en place. Les outils, les provisions et les cartes étaient soigneusement rangés.

Puis ils se rejoignirent dans la salle à manger où ils posèrent leur lourds sac à dos sur la table. Elena examina une carte détaillée de leur itinéraire. Elle était absorbée par les détails, son visage marqué par une détermination silencieuse.

Julien, à ses côtés, vérifia une dernière fois la présence de son traitement. Presque pas un mot ne fut échangé durant le reste de l'après-midi. Leurs esprits étaient tournés vers l’incertitude du voyage à venir.

Il alluma un feu et ils prirent le temps de savourer leur dernière soirée devant la cheminée. Le crépitement des bûches remplissait la pièce d'une chaleur réconfortante. L’espoir d’un avenir meilleur leur insuffla la force nécessaire pour affronter les épreuves du lendemain.

- Il est temps d'aller au lit, j'aimerai dormir quelques heures avant notre départ, dit Julien.

Elena acquiesça :

- Oui, tu as raison.

Il se levèrent et se dirigèrent, sans un mot, chacun dans leur chambre.

Julien ne trouva pas le sommeil tout de suite. Le matelas, habituellement accueillant, lui semblait inconfortable. Ses pensées, agitées et intraitables, tournaient en boucle : les préparatifs du voyage, les adieux récents, les incertitudes de l’avenir, ses sentiments pour Elena. Le murmure du feu dans l'autre pièce, autrefois apaisant, se transformait en bruit incessant. Chaque crépitement semblait amplifié, comme un écho des inquiétudes enfouies dans son esprit.

Les yeux levés vers le plafond, ses pensées tournoyaient dans son esprit lorsqu'il entendit la porte de sa chambre s'ouvrir. Il tourna la tête dans sa direction et vit la silhouette d'Elena dans l'encadrement.

Nue sous sa chemise de nuit, elle s'approcha doucement de lui avant de s'arrêter devant son lit. Elle s'agenouilla :

- Je n'arrive pas à dormir... Tu veux bien de moi à tes côtés ? murmura-t-elle.

Sa voix était douce comme une caresse dans la nuit. Julien la regarda fixement. Ses émotions se mêlaient à son anxiété. Il tendit la main vers son visage pour balayer une mèche de ses cheveux noirs qu'elle avait devant les yeux. Il lui semblait qu'elle avait pleuré. Il n'en ressentit que plus d'attirance pour elle avant qu'un sentiment de désir ne se frayât un chemin à travers son esprit et son cœur :

- Oui, bien sûr.

Elena glissa sous les draps avec une délicatesse infinie puis, se rapprocha de lui. Elle plongea son regard dans le sien. Dès lors, il put apercevoir la lueur de ses yeux clairs et brillants dans la lumière filtrée de la fenêtre. Elle blottit sa tête dans son cou, son souffle chaud se mêlant au rythme régulier de sa respiration avant de le regarder à nouveau. Puis elle approcha ses lèvres de celles de Julien.

Ils se retrouvèrent dans une étreinte tendre. Leurs corps se synchronisèrent dans une danse silencieuse. Les gestes d'Elena étaient empreints de douceur et de tendresse. Elle effleura le visage de Julien, explorant ses contours avec une affection réconfortante. Les baisers qu’ils échangèrent n'étaient faits que de passion et d'amour, une communion intime qui transcendaient les mots.

Puis leurs mouvements devinrent plus frémissants, leurs caresses plus profondes. Leur connexion physique offrit un soulagement à leurs pensées tourmentées. Chaque geste, chaque souffle effaçait leurs inquiétudes, les transformant en un cocon de chaleur et de désir. La chambre se remplit de leurs soupirs et murmures, apportant une sensation de paix et d’unité.

Puis, leurs corps trouvèrent une intimité douce et enveloppante qui s’installa entre eux. La chaleur de leur union s'intensifia et le rythme de leurs cœurs et de leurs corps en harmonie, transforma la chambre en un refuge d'amour et de plaisir. Puis, le tourbillon de pensées des deux amants se calma, remplacé par une sérénité partagée.

Tandis qu’Elena l’enveloppait dans une étreinte protectrice, Julien laissa filer ses émotions. Il fit enfin parler son cœur :

- Je t'aime, mon étoile filante...

La nuit, malgré ses incertitudes, devint un espace de réconfort et d'amour, un havre temporaire de paix avant les inquiétudes et les peurs de leur voyage vers l'inconnu.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 3 versions.

Vous aimez lire A7x ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à l'Atelier des auteurs !
Sur l'Atelier des auteurs, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscription

En rejoignant l'Atelier des auteurs, vous acceptez nos Conditions Générales d'Utilisation.

Déjà membre de l'Atelier des auteurs ? Connexion

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de l'Atelier des auteurs !
0