15. Au fond du lac

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Après avoir échangé quelques paroles brèves, l’équipe de plongeurs se mit immédiatement au travail. Avec une précision mécanique, ils déballèrent leur équipement. Chaque membre vérifia minutieusement son matériel : bouteilles d’oxygène, combinaisons étanches, masques, tous les outils essentiels pour la plongée. Les gestes étaient précis, méthodiques, chaque détail comptait pour garantir une mission sans accroc.

Dès que l'analyse du LIDAR confirma la présence d'un objet au fond du lac, un ballet incessant et précis d'hélicoptères Caracal EC 725, dédiés au transport logistique de l'Aviation française, achemina le matériel nécessaire à l'édification d 'une grue d'une puissance exceptionnelle. Dans un vrombissement de rotors, ces machines semblaient danser dans le ciel. Elle exécutèrent des rotations soigneusement coordonnées pour transporter les composants de cet imposant dispositif, destiné à relever le défi posé par la mystérieuse sphère.

Peu après, un capitaine du Génie Militaire se présenta auprès du Lieutenant Lefèvre. Il était chargé de coordonner l’arrimage de l’engin mystérieux reposant au fond du lac. L'officier, un homme d’une cinquantaine d’années aux cheveux grisonnants, à l’allure résolue, s’adressa directement au Lieutenant avec une efficacité pratique :

— Lieutenant, je suis le Capitaine Dubosc. Je vais vous assister dans l’arrimage de l’objet au fond du lac. Nous devons nous assurer que tout est en place pour que le système de grue puisse le récupérer en toute sécurité. Vous avez la procédure en tête ?

Lefèvre hocha la tête, le regard déterminé :

— Oui, Capitaine. Nous avons déjà vérifié le matériel. Nous sommes prêts pour la descente. Je compte sur vous pour guider mes hommes à travers le processus d’arrimage.

En charge de cette opération, le Capitaine Dubosc sortit un plan détaillé de sa sacoche et le déplia sur une table. L'image dévoila une sphère parfaitement lisse, sans aucun signe distinctif, qui semblait presque abstraite dans son uniformité. Il désigna plusieurs points d’ancrage fictifs tracés autour de la sphère sur le plan et il donna les instructions avec une précision presque clinique.

Ses mains démontraient les positions des points d’ancrage sur un plan déplié. Il parlait avec une assurance qui calmait les esprits. Ses ordres étaient brefs mais clairs : chaque plongeur devait connaître son rôle et le coordonner avec les autres pour garantir une manœuvre fluide

— Voici les points d’ancrage que nous avons imaginés, expliqua-t-il avec précision. Ces emplacements sont proposés pour garantir que l’objet sera sécurisé correctement lors de la remontée.

Il poursuivit en détaillant les méthodes recommandées pour fixer la sphère :

— Il faudra veiller à utiliser ces attaches de manière à répartir la charge uniformément. Nous avons également préparé des câbles renforcés pour l’amarrage. Nous avons une inconnue importante : le poids de l’objet. Nous supposons qu'il est étanche et rempli d'air. En conséquence, nous l'avons estimé à soixante tonnes mais son poids dans l'eau devrait être considérablement réduit par la poussée d'Archimède. Cela ne devrait pas poser de problème majeur pour nos engins de levage.

Le Capitaine Dubosc regarda Lefèvre, conscient des défis et des variables impliqués et poursuivit :

— Tant que la sphère reste stable et bien amarrée, nous ne devrions pas rencontrer de difficultés avec le levage. Veillez à ce que tout soit parfaitement en place avant la montée. Une fixation solide est essentielle pour éviter des complications.

Lefèvre scruta le plan attentivement, puis acquiesça d’un signe de tête.

— D'accord ! Nous allons procéder comme indiqué. L’équipe est prête à se mettre à l’œuvre.

Les plongeurs, sous les instructions du Capitaine Dubosc, se mirent en mouvement avec une détermination commune.

Le Lieutenant Lefèvre, concentré et impassible, supervisait les derniers réglages. Il se pencha pour vérifier une nouvelle fois les attaches des bouteilles d’oxygène, son visage éclairé par le reflet des équipements. A ses côtés, la jeune Second Maître Marchand était d’un calme olympien. Elle s’assurait que chaque valve, chaque joint était parfaitement étanche. Son regard acéré inspectait tous les détails.

Elle échangea un rapide regard ses jeunes collègues Pierre Laurent et Alex Brémont, puis avec le Major Arnaud, qui était en train de vérifier les câbles de levage. Un geste de tête significatif confirma que tout était en ordre.

Le bruit des outils, le cliquetis des attaches et le léger bourdonnement des moteurs d’air se mélangeaient dans un fond sonore de préparation. Les plongeurs se déplaçaient avec un mélange de hâte et de concentration. Chaque mouvement était calculé pour éviter les erreurs. Les câbles renforcés étaient soigneusement enroulés et fixés à des points d’ancrage temporaires. Chacun des plongeurs vérifia la solidité de ses propres préparatifs. L'équipe au complet savait que le succès de la mission dépendrait non seulement de leur expertise individuelle mais aussi d'une coordination impeccable.

Le Capitaine Dubosc accompagna Lefèvre et son équipe jusqu’à la zone de déploiement. En regardant l’équipe se préparer, il se demanda lui aussi ce qui se cachait au fond de ce lac.

Leur tâche serait-elle aussi simple qu’on le leur avait décrit.

Le jeune lieutenant réunit son équipe et les regarda avec une intensité déterminée :

— Écoutez-moi bien. Je ne veux aucun acte d'héroïsme. On ne sait absolument pas ce qu’on va trouver au fond du lac. En cas de danger imminent, la priorité est de sauver l’équipe, quoi qu'il arrive. Ce foutu objet, je m'en moque complètement, compris ?

Tour à tour, le Major Arnaud et les jeunes Second Maître hochèrent la tête, répétant avec conviction :

— Compris !

Lefèvre donna le signal. Les plongeurs enfilèrent leurs combinaisons étanches. Leurs gestes devenaient plus précipités mais toujours coordonnés. Marchand, avec un sourire rassurant, ajusta le masque de son équipier avant de faire un geste d’encouragement. Arnaud, en un dernier coup d'œil, vérifia les connexions de la communication sous-marine, garantissant que chaque membre pourrait maintenir un contact constant.

De nouveaux masques de plongée venaient d'être livrés à l'équipe. Ils auraient l'occasion de les tester lors de cette mission cruciale. Ces masques, dotées d'une technologies de pointe, permettaient de communiquer sous l'eau avec une clarté exceptionnelle, bien au-delà des systèmes traditionnels. Une avancée qui promettait de transformer l'expérience subaquatique.

Chaque échange devenait aussi limpide que l’eau elle-même portant leur voix.

Vers midi, après deux heures de préparation méticuleuse, l'équipe était enfin prête. Le moment fatidique approcha et les quatre plongeurs, équipés et concentrés, s'avancèrent vers le bord du lac, prêts à disparaître sous sa surface calme et mystérieuse. Le Lieutenant Lefèvre, un dernier regard déterminé à ses hommes, donna l’ordre de descente. Les plongeurs avancèrent un à un vers le bord du lac. Leurs silhouettes se découpaient dans le contre-jour de l’eau étincelante.

Le bruit de leurs entrées dans l’eau, d’abord un simple éclat, se transforma en un silence apaisant alors que les plongeurs s’enfonçaient sous la surface, troublé seulement par le bruit des bulles qui venaient éclater au contact de l'air. La brume légère qui s’élevait du lac semblait les avaler.

Ils disparurent dans l’obscurité de l’eau. Leurs lumières sous-marines créèrent des halos lumineux dans l’obscurité environnante.

Sur le rivage, Lefèvre, les yeux rivés sur le lac, ajusta son propre équipement de communication et se prépara à recevoir les premiers signaux des plongeurs :

— Arnaud, vous me recevez ?

— Cinq sur cinq, fort et clair, Lieutenant. Nous continuons notre descente, rien à signaler pour le moment.

Le froid se faisait plus vif, mais la concentration de l’équipe sur ce qui se passait sous l’eau était palpable. Chacun attendait avec impatience le retour des premières images et des premiers rapports.

De Lattre, sur les hauteurs du lac, suivait tout cela avec une grande vigilance. Il avait passé en revue tous les détails de l’opération dans son esprit. Il ressentait un mélange de frustration et d’impatience. Le temps semblait s’étirer alors qu’il attendait le résultat de cette mission cruciale. Le bruit des hélicoptères en patrouille et le clapotis de l’eau lui servaient de toile de fond, accentuant l’atmosphère tendue de cette mission décisive.

Au fur et à mesure qu'ils descendaient, l'eau devenait de plus en plus sombre, telle une encre profonde qui absorbait toute lumière. La température chutait. Le froid faisait frémir les plongeurs malgré l'isolation de leurs combinaisons. La visibilité se réduisait, les faisceaux des lampes se heurtaient à une obscurité épaisse, brisée seulement par des ombres fugitives.

Puis, le fond du lac émergea des ténèbres comme une apparition. L'objet, une gigantesque sphère métallique, reposait là, en silence et en majesté, sur le sol vaseux. Son contour parfaitement lisse reflétait la lumière des lampes des plongeurs, créant des éclats argentés qui faisaient éclipser toute noirceur environnante. La sphère était couverte d’une fine couche de sédiments, mais sa forme était indéniablement distincte, imposante dans son apparente simplicité.

Le Major Arnaud s'approcha prudemment :

— Contact, émit-il.

La sphère semblait parfaitement intacte, sans aucune déformation visible. Sa surface lisse, presque polie, défiait le temps qu'elle avait passé sous l'eau.

— Marchand, prends des photos !

— Bien, Major !

Lorsqu’elle saisit son appareil, la sphère s'illumina, puis la lumière s'intensifia, devenant vive sans être éblouissante. Les plongeurs échangèrent des regards surpris. Au moment où Marchand déclencha l'obturateur de son appareil, la sphère émit un éclair vif.

Arnaud fit signe à sa jeune collègue d'arrêter. Au bout de quelques secondes, il vit qu'il ne s'était rien passé.

— Recommence !

Marchand déclencha une seconde fois l'obturateur. La sphère émit le même éclair qui empêchait visiblement toute interaction avec elle-même. Une pensée envahit le Major :

"C'est incroyable, elle paraît vivante. Elle anticipe nos gestes, il va falloir être prudent".

Par gestes, il donna l'ordre de cesser les photos. Ils commencèrent à examiner les points d'ancrage marqués sur le plan, puis cherchèrent les endroits où ils pourraient fixer les câbles. Ils découvrirent que la sphère possédait des creux subtils, imperceptibles à première vue, mais suffisants pour permettre l'insertion des attaches.

— Nous commençons à fixer les câbles.

Chaque fixateur était ajusté avec une minutie extrême. Les plongeurs utilisèrent des outils spécialisés pour sécuriser les câbles renforcés. Les gestes étaient précis, chaque mouvement dicté par une méthode éprouvée afin d'éviter tout risque de déstabilisation de l'objet.

Comme attiré par une force inexplicable, Arnaud posa ses mains sur la surface du vaisseau. Il s'aperçut que sa température était anormalement élevée par rapport à l'eau glacée du lac. En inspectant la sphère de plus près, il remarqua quelque chose d'étrange : des symboles gravés sur sa surface étaient finement dessinés, comme des inscriptions, mais leur signification restait indéchiffrable.

Ces signes mystérieux, étranges dans leur régularité, semblaient pulser d’une énergie discrète, ajoutant une nouvelle couche de mystère à l'énigme qu’ils étaient en train de résoudre. Il essaya de mémoriser ces symboles, puis fit un dernier tour d’inspection. Il ajusta les câbles et s’assura que tout était solidement fixé. Il finit par faire signe à ses hommes pour se préparer au retour à la surface, tout en restant vigilant à tout changement dans le comportement de l’objet. Les plongeurs commencèrent à remonter lentement le long des câbles renforcés.

— Tout est en ordre, nous remontons !

Le travail d'arrimage prit quinze minutes, mais la remontée en nécessita quarante-cinq de plus. Une heure entière durant laquelle le Colonel de Lattre, rigide comme une statue, resta debout, toujours sur sa position surélevé, ses yeux rivés sur l’eau sombre qui semblait se dérober à tout espoir de révélation. Le froid se mêlait à son impatience croissante. Chaque seconde pesait lourdement sur ses épaules. Seuls, les éclats d’argent des lampes de l’équipe de plongée qui brillaient à la surface étaient les indicateurs d'une activité sous-marine, comme des étoiles mouvantes dans un ciel obscur.

Lorsqu'enfin les plongeurs firent surface, le Colonel se précipita vers le bord du lac. Une énergie nouvelle anima ses mouvements. Lefèvre aida son équipe à sortir de l’eau puis se tourna vers De Lattre avec un mélange de soulagement et de préoccupation. Les marins, trempés et grelottants malgré leurs combinaisons, étaient visiblement épuisés.

Le Colonel se pencha vers Arnaud, ses yeux cherchant des réponses dans le visage du sous-officier. Bien que toujours sous l'effet du froid et de l'épuisement, ce dernier tenta de rassembler ses pensées pour expliquer ce qu’il avait découvert :

— Colonel, nous avons terminé l’arrimage. L'objet pourra être remontée.

De Lattre se tourna brusquement vers Dubosc. L’espoir et l’impatience illuminaient son regard :

— On n'attend pas, Capitaine, on remonte le paquet.

Les câbles de la grue se tendirent avec force. Ils vibrèrent légèrement mais l'objet mystérieux ne céda pas d'un centimètre. Une tension palpable s'installa. Chaque seconde s'étira comme si le temps lui-même était suspendu. La sphère s'accrochait aux profondeurs du lac. Elle défiait les lois de la physique, comme protégée par une force invisible.

Le Colonel fronça les sourcils et dévisagea Dubosc, attendant de lui une explication. Ce dernier secoua la tête, la gravité de son expression renforcée par l'étrangeté de la situation. Ses yeux scrutaient la surface du lac comme s'il pressentait qu'une menace inconnue pouvait surgir de l’eau à tout moment.

Il fit une ultime tentative mais elle resta vaine.

— Je ne comprends pas Mon Colonel, la sphère ne bouge pas d'un centimètre. Même si nous ne pouvons pas la remonter, nous pourrions au moins la déplacer et c'est quasiment impossible. Cette chose semble posséder une résistance inexplicable. Elle n'a pas bougé d'un millimètre. On dirait qu'elle est... vivante.

De Lattre serra les poings. La frustration et la perplexité se mêlaient dans son regard. La sphère, cet artefact mystérieux qui avait provoqué tant de remous, restait toujours cachée dans les profondeurs du lac. Elle défiait toutes leurs tentatives de la remonter à la surface. La situation qui devenait encore plus complexe et mystérieuse, ajoutait une nouvelle couche à l'énigme qu'ils cherchaient à résoudre.

Les plongeurs avaient été pris en charge pour leur réchauffement et du repos. De Lattre demeurait immobile, les yeux fixés sur le lac avec une intensité nouvelle. Le défi avait pris une dimension insoupçonnée. Il était clair que cette journée marquerait le début d'une confrontation bien plus complexe qu'il ne l'avait prévu.

Le soleil brillait haut dans le ciel. Il illuminait la surface du lac alors qu'une brume légère se levait lentement. Malgré la lumière du jour, l’atmosphère autour du lac restait chargée d’une tension palpable.

— Demongy, lorsque les plongeurs auront récupéré, je veux le voir dans mon bureau ! ordonna-t-il d'une voix ferme qui trahissait son agitation intérieure.

— A vos ordres, mon Colonel ! répondit Demongy avec un salut rapide, conscient de l’importance de la situation.

De Lattre resta là, les bras croisés, perdu dans ses pensées. Les rayons du soleil scintillaient à la surface de l’eau, mais dans l’ombre de ce défi inattendu, leur éclat semblait dérisoire face à l’énigme qui se profilait à l’horizon.

"La clé, c'est la fille"

Puis il retourna vers le refuge. Il s'installa derrière son bureau pour y attendre le retour des plongeurs. Peut-être pourraient-ils lui apporter de nouvelles informations sur cette sphère.

Une heure plus tard, Lefèvre se présenta à lui, accompagné de ses hommes :

— Colonel, Arnaud va vous faire un compte-rendu de ce qui s'est passé au fond du lac. Il s'écarta et laissa la place à son adjoint qui paraissait déstabilisé. Il se tint face au colonel, le regard encore empreint de l'étrangeté de ce qu'il venait de vivre. Il prit une profonde inspiration avant de commencer son explication. Il voulait organiser ses pensées pour donner un compte-rendu détaillé de ce qui s'était passé :

— Colonel, c'est difficile à décrire, mais cette sphère... elle n'est pas un simple objet inerte. Dès qu'on l'approche, elle réagit. Marchand a essayer de prendre des photos. A chaque fois, la sphère a émis un éclair, comme si elle empêchait toute capture d'image ou d'information. Elle anticipe nos gestes, comme si... Il hésita. Comme si elle était consciente de notre présence.

Le sous-officier fit une pause. Il cherchait les mots justes pour retranscrire l'étrangeté de la situation.

— Pendant l'inspection, j'ai découvert des creux sur la surface, des sortes de points d'ancrage dissimulés, assez profonds pour y fixer des câbles. On a réussi à les attacher sans problème. Puis j'ai touché la sphère, elle était anormalement... chaude.

— Chaude ? interrogea De Lattre. Comment ça, chaude ?

— Comme le capot d'un moteur en marche. L'eau du lac est glaciale à cette profondeur, mais cette chose semblait générer sa propre chaleur.

Puis il se redressa légèrement, se souvenant d'un détail crucial :

— Il y avait aussi des symboles gravés sur sa surface. Des inscriptions, fines, régulières, mais impossibles à déchiffrer. On aurait dit qu'elles vibraient quand je les touchais. C'était comme si elles pulsaient une énergie. Franchement, je n'arrive pas à l'expliquer. Ce n'est pas juste une machine, Colonel. C'est quelque chose d'autre, de plus grand, qui se cache derrière cet objet.

Il fixa son supérieur dans les yeux, espérant que ses paroles puissent refléter l'ampleur de la situation. Lefèvre appuya son subalterne :

— Colonel, je ne sais pas à quoi on a affaire. Pour être franc, je ne suis pas certain qu'on puisse remonter cet engin.

Soudain, le téléphone interrompit les pensées de De Lattre :

— Oui, Demongy, pourquoi cet appel ?

La voix du Commandant au bout du fil était hésitante, presque craintive. Il pesait chaque mot avec soin :

— Colonel, un appel anonyme. C'est une personne qui a des informations... sur les individus que l'on recherche : Julien et Elena !

Un frisson parcourut le Colonel. Il redressa la tête, l'adrénaline pulsant dans ses veines :

— Bon sang, passez-le-moi immédiatement !

Il fit signe aux militaires de quitter son bureau et attendit la communication. Il trépignait, le cœur battant, alors que la voix anonyme commençait à parler. Chaque phrase se déversa comme un flambeau illuminant une obscurité anxieuse.

— Je sais où ils se trouvent. Ils se déplacent dans les montagnes. Ils vont passer par l'Espagne. Je les ai entendus dire certaines choses.

De Lattre serra les poings. La tension dans son corps avait atteint un paroxysme :

— Donnez-moi des détails, je veux tout savoir.

— La fille... Elle est grimée, elle a une perruque blonde, des lentilles de contact pour changer la couleur de ses yeux. Lui, il est malade. Elle a dit le guérir en échange de son aide. Il sait beaucoup de choses, il faudra l'arrêter et le retenir.

— Ne m’apprenez pas mon métier. Je sais ce que j'ai à faire. Présentez-vous immédiatement à la Base de Francazal. Dîtes au planton que le Colonel De Lattre vous attend. Je vais donner des consignes et on vous conduira directement à moi. Et surtout, ne parlez à personne de notre entretien téléphonique, à personne, vous entendez ?

Un silence lourd s’installa, ponctué par les battements rapides de son cœur. De Lattre sut qu'il avait une occasion en or, une opportunité, une seule, d'enfin les capturer.

— Je vous attends, ne me faîtes pas faux bond, je vous le conseille vivement.

Il raccrocha et appela aussitôt le Commandant :

— Demongy, ordonnez aux patrouilles de revenir vers le lac, laissez seulement quelques hommes autour du site. Désormais, nous recherchons un couple dont la femme porte une perruque blonde. Ils faut les laisser passer et arriver jusqu'ici.

Il raccrocha. Un sourire malsain naquit sur ses lèvres. Tout à coup, la situation prenait une tournure inédite : Il les tenait... Il LA tenait. Il avait déjà en tête le plan qui lui permettrait d'acquérir le cadeau qu'il convoitait tant :

La fille et la sphère.

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