18. Le chemin des étoiles

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Le corps sans vie de Julien reposait contre elle. Aerolia s'éleva soudain dans la lumière verte émanant du vaisseau royal, baignée dans un silence profond et une paix insaisissable. Veclavia, avec à son bord le colonel de Lattre, fut également aspiré dans le vaisseau gigantesque, avant que ce dernier ne se dématérialise sous les yeux ébahis des militaires restés au sol.

À bord du majestueux navire céleste, ses amis attendaient son transfert. Kaelan, frère d'armes et ami proche d'Aerolia, s'avança vers elle, partagé entre inquiétude et soulagement :

- Aerolia, quelle joie de te retrouver. Nous étions si inquiets lorsque Veclavia a cessé d’émettre tout signal. Mais, que s’est-il passé ?

Ses yeux se posèrent alors sur le corps inerte que la Princesse tenait avec tant de soin. Un silence lourd s'installa.

- Qui est-il ? Est-il...?

- Oui, Kaelan, murmura-t-elle, sa voix empreinte de tristesse. Il n'est plus.

Puis elle leva la tête, dignement. Son regard se figea.

- Il s'appelait Julien. Je veux qu'il ait des funérailles dignes d’un Prince. Il n’en avait pas le titre mais il en avait la sagesse et le courage.

Kaelan hésita, partagé entre son respect pour Aerolia et le poids des lois lyraennes :

- Mais, tu sais bien que nos coutumes ne le permettent pas, C’est contraire à ...

Le visage d'Aerolia se durcit. Elle le coupa :

- Ce n’est pas l’amie qui te le demande, Kaelan. C’est la Princesse qui te l’ordonne.

Surpris par la fermeté de ses mots, Kaelan recula d'un pas avant de s’incliner profondément, puis de s'agenouiller :

- À vos ordres, Votre Altesse.

Sans un mot de plus, il prit le corps de Julien avec une délicatesse respectueuse et quitta la salle de déplacement. Lyssandra s'approcha à son tour de son amie et s'inclina :

- Altesse, je suis tellem...

Aerolia la coupa :

Lyssandra, je t'en prie, lève toi. Elle lui tendit la main et alors que Lyssandra s'approchait, elle tomba dans ses bras. La Princesse dont le visage fier et impassible avait jusque-là caché toute émotion, sentit ses barrières céder. Les larmes qu’elle avait si longtemps retenues commencèrent à couler le long de ses joues, brûlantes et glacées à la fois, traçant le chemin de sa douleur et de la perte de son amour.

- Seigneur, mais que s'est-il passé Aerolia ?

- Viens, suis moi.

Elles quittèrent la salle d’un pas mesuré. Leurs talons frappaient doucement le sol lisse et cristallin du vaisseau royal. L’intérieur du navire stellaire, gigantesque et épuré, dégageait une aura à la fois ancestrale et futuriste. Les parois, d’un blanc perlé, paraissaient vivantes. Elle étaient parcourues de filaments lumineux qui pulsaient doucement, comme les battements d’un cœur. Les corridors, vastes et ouverts, étaient éclairés par des dômes suspendus qui projetaient une lumière douce, presque éthérée. A travers les grandes fenêtres en forme d’arches, on apercevait l’immensité de l’espace, étoilé et infini.

Chaque recoin du vaisseau respirait la grandeur et l’histoire de son peuple. Des gravures anciennes ornaient discrètement les parois, représentant des scènes de conquêtes, d'alliances et de paix, un rappel constant des siècles d’héritage dont Aerolia serait un jour la gardienne.

En atteignant ses appartements privés, les portes glissèrent silencieusement pour révéler un espace à son image : majestueux et intime. La pièce principale, baignée d’une lumière tamisée, donnait l’impression d’être suspendue entre deux mondes. Au centre se trouvait un lit royal, large et drapé de soies légères aux reflets irisés. Les couleurs changeaient selon la lumière, d'un bleu profond à un violet stellaire. Le baldaquin flottait, soutenu par des piliers en argent ciselé, gravés de symboles anciens, protecteurs de la lignée royale.

Les murs, eux, étaient parsemés de reliefs délicats. Ils représentaient les paysages célestes de Ceyriss, son monde natal, avec ses montagnes majestueuses et ses forêts luxuriantes. Quelques fleurs luminescentes en suspension, caractéristiques de sa planète, flottaient dans des sphères de verre. Elles diffusaient une légère fragrance apaisante qui embaumait l’air d’une douceur lointaine. Un grand hublot en arc de cercle offrait une vue imprenable sur les étoiles, rappelant à Aerolia les rêves qu’elle poursuivait parmi elles.

Sur un côté de la pièce, un coin de méditation avait été aménagé, avec des coussins moelleux et des tapisseries tissées à la main. Une petite fontaine d’eau cristalline émettait un murmure apaisant. Son flux lumineux rappelait les rivières sacrées de Nyssar, l’un des duchés qu’elle gouvernait.

Enfin, sur un bureau élégant, en bois noir et poli, reposaient des livres anciens aux pages dorées, ainsi que des hologrammes flottants d’objets précieux et d’œuvres d’art qui provenaient de toutes les planètes sous sa domination.

Les appartements d’Aerolia n’étaient pas seulement un lieu de repos ; ils étaient un sanctuaire, un rappel constant de son identité :

La Princesse de Ceyriss, héritière d’une lignée millénaire qui régnait sur des mondes dispersés à travers les étoiles.

Ici, seule, elle pouvait enfin laisser tomber le masque, loin des regards, avant de se perdre dans l’immensité de ses pensées et de ses souvenirs.

- Laisse-moi t'ausculter, je t’en prie. Lyssandra avait saisi son cylindre médical. Ses mains expertes et délicates firent glisser l'instrument le long du corps de son amie. Un mince faisceau de lumière verte parcourait Aerolia, projetant une lueur douce sur sa peau.

- Ankar'shaen velith'rael, murmura Lyssandra en consultant les données du compte rendu médical complet.

Puis, ses yeux se levèrent, remplis d’une stupeur qu’elle ne parvenait pas à dissimuler. Aerolia sentit ce changement. Elle fronça les sourcils.

- Qu'y a-t-il, Lyssandra ? demanda-t-elle, une pointe d’inquiétude dans la voix.

La jeune médecin sembla chercher ses mots, hésitante :

- Tu as une légère entorse au pied. Il faudra en prendre soin pour éviter des complications. Tu es aussi légèrement anémiée.

Elle regarda la jeune Princesse : Tu devras bien te restaurer pendant quelques jours. Aerolia planta ses yeux clairs dans ceux de son amie :

- Continue, Lyssandra, dis-le moi, je veux l'entendre.

Lyssandra inspira profondément, puis s’inclina avec respect devant elle :

- Votre Altesse... Vous attendez un enfant, une fille.

Aerolia posa délicatement sa main sur son ventre. Un sourire tendre, empreint d’émotion, illumina son visage. Une douceur nouvelle traversa ses traits rayonnants. Une chaleur douce irradia sous sa paume, subtile mais indéniable, connectée à cette petite vie qui croissait en elle. Un frisson parcourut tout son corps, un mélange de crainte et d'euphorie. Ses pensées se bousculaient. :

- Julien, murmura-t-elle, à peine consciente que ses lèvres avaient prononcé son nom. Ses yeux se perdirent dans le vide. A travers cet espace, elle chercha à le retrouver, à lui offrir cette révélation. Une larme silencieuse glissa sur sa joue, non pas de tristesse, mais d'une émotion si vaste qu'elle peina à la contenir.

- Nous avons créé la vie. Tu as accompli ton rêve. Le fruit de nos entrailles sera un enfant des étoiles, un lien sacré entre nos peuples, elle sera Reine de Lyräan et de la Terre.

Elle ferma les yeux un instant, comme pour savourer la portée de ses propres mots, puis les rouvrit avec une détermination tranquille :

- Tu seras le symbole de l'élévation des cieux d'où je viens et de la force de la Terre, où ton père m'a donné la vie. Tu seras l’union parfaite entre nos deux mondes, l’espoir de leur harmonie.

Le vaisseau royal glissa silencieusement dans le ciel nocturne jusqu'à la ferme isolé, en contrebas dans la vallée. Il projeta un faisceau de lumière verte, doux et discret. Quelques instants plus tard, une opératrice de transfert du vaisseau se présenta aux appartements de la Princesse qui l'accueillit en souriant :

- Viens ici, ma jolie.

Elle prit la chatte européenne que la jeune femme tenait dans ses bras. Elle caressa doucement son pelage soyeux. Le petit animal commença à ronronner amoureusement, en blottissant sa tête contre la poitrine de la Princesse, qui murmura avec une douceur protectrice :

- Bienvenue, Elisa. Tu ne crains plus rien maintenant, je suis là.

Puis, elle se tourna vers Lyssandra. Sa voix résonnait d'une autorité douce mais indiscutable :

- Faites comparaître l'humain devant moi !

Le colonel De Lattre se vit emmener dans la Salle du Trône du vaisseau Royal, les mains entravées par un lien d'énergie, le privant de tous ses gestes. Il se tenait droit, son dos était vouté, son regard baissé.

Lorsqu'elle entra dans la salle, tous ses sujets s'inclinèrent devant la Princesse. Le colonel lui-même effectua une sorte de révérence maladroite.

Aerolia s’était vêtue avec une élégance rare. Elle voulut marquer l’importance de l’instant. Sa robe, longue et fluide, était tissée de la lumière même des étoiles. Elle était d’un bleu profond, presque noir, parsemée de fils argentés qui scintillaient à chaque mouvement. Elle n'était pas sans rappeler la voie lactée qui s’étendait au-dessus des mondes. Le tissu, léger comme une brise, enveloppait son corps avec grâce et laisser transparaître la force tranquille de sa stature royale.

Autour de ses épaules, un châle diaphane, presque translucide, flottait comme une fine couche de brume céleste. Ce voile, brodé de symboles anciens de sa planète, portait les armoiries de Lyräan, rappel de son héritage et de ses responsabilités.

Sa chevelure brune et brillante comme la nuit était ornée d’un diadème délicat en argent et en cristaux lumineux. Les pierres, d’un bleu vif, brillaient comme les lunes de Lyräan. Elles ajoutaient à son apparence une touche de mystère et de puissance. Ses boucles d'oreilles, assorties à son diadème, pendaient délicatement le long de son cou. Elles émettaient des éclats de lumière à chaque mouvement de tête.

Autour de sa taille, une ceinture en métal finement ciselée soulignait la courbe de ses hanches. Des maillons gravés de motifs représentant les éléments, terre, air, eau et feu, symbolisaient l’union des mondes qu’elle espérait accomplir. Sur ses poignets, des bracelets gravés, hérités de sa lignée, complétaient son apparat.

Ses mains, légèrement voilées par des gants en soie fine, étaient ornées d’une seule bague : un anneau ancien, forgé dans l’alliage des planètes du système stellaire de Seyriss.

Un témoignage de son pouvoir et de son engagement envers son peuple.

Enfin, son regard, souligné d’un léger maquillage aux teintes nacrées, brillait d’une force tranquille et d’une détermination implacable. Ses lèvres, teintées d’un rouge sombre, contrastait avec la froideur de sa tenue comme pour refléter la passion et la gravité de sa mission.

Ainsi parée, Aerolia trônait avec une majesté tranquille.

Son visage était impassible, mais dans ses yeux, une lumière sombre brillait, témoin de la douleur qu’elle portait en elle. Elle incarnait la majesté de son rang et la compassion de son cœur.

Elle se tenait prête à rendre justice tout en offrant une dernière chance à l’homme qui se dressait devant elle.

- Ôtez ses entraves. Les gardiens s'exécutèrent.

- Colonel de Lattre, commença Aerolia d’une voix claire et calme, vous êtes responsable de la mort d'un homme qui, par son courage et sa sagesse, a su toucher le cœur de deux mondes.

Le colonel serra les poings, mais resta silencieux. Il savait que son acte avait dépassé la simple obéissance aux ordres : il avait détruit bien plus qu’une vie.

- Selon les lois de Lyräan, reprit-elle avec gravité, votre crime exige une punition exemplaire : la mort, ou l’exil éternel dans les ténèbres de l’espace. Ce sont les sentences que l’on attend de la Princesse que je suis.

Elle s'interrompit avant de plonger ses yeux dans ceux du colonel. Il releva lentement la tête, résigné à accepter son destin.

- Mais la femme en moi, poursuivit-elle d’une voix plus douce, ne se laissera pas guider par la colère, ni par la vengeance.

Un silence s’installa. Il étaitchargé d’émotion. Puis elle reprit, d'un ton tendre et solennel.

- Julien croyait en la rédemption. Il croyait qu’un homme pouvait se racheter, peu importe l’obscurité de son passé. Il a fait de cette conviction son devoir, sa profession. Il a toujours vu en chaque âme une chance de rédemption, même dans les moments les plus sombres.

Le colonel restait figé, de plus en plus surpris par la tournure des paroles de la princesse. Il n’avait jamais envisagé la clémence.

- Je vais vous accorder la vie, colonel, continua Aerolia. Mais cette vie ne vous appartiendra plus. Vous vivrez sur Lyräan, non plus comme militaire, ni en tant qu’homme libre. Vous serez une âme en quête de rédemption. Votre existence sera désormais dédiée à la réparation de ce que vous avez brisé.

Le colonel, secoué, osa enfin parler, sa voix rauque trahissant son trouble :

- Votre Altesse... J’ai pris la vie de l'homme que vous aimiez, je suis responsable de votre douleur...

Aerolia l’interrompit doucement, mais fermement :

- Vous avez raison, peut-être ne méritez-vous pas la clémence. Mais ce n’est pas à moi de décider qui peut être sauvé. Julien croyait que même les plus perdus pouvaient retrouver la lumière. Si je vous ôtais la vie aujourd’hui, je trahirais tout ce qu’il représentait. Ce que je vous offre, colonel, ce n’est pas un pardon. C'est une chance de comprendre, de réparer et de changer. Vous vouliez mon vaisseau pour sa technologie, me capturer pour des informations. Je vais vous offrir bien plus : l’accès aux technologies de Lyräan, à nos lois, nos coutumes, et notre savoir. Vous vous imprégnerez de tout cela. En échange, vous donnerez de votre temps à ceux dans le besoin. Vous y mettrez toute votre énergie, toute votre intelligence. C’est le prix de vos actes. Vous servirez sur Lyräan, aiderez ceux qui souffrent, apprendrez des sages, et écouterez le murmure des étoiles jusqu’à comprendre la véritable valeur de la vie. Ce sera là, votre véritable repentir.

Le colonel sentit son cœur se serrer, bouleversé par ses paroles. Un silence pesant remplit la salle. Il baissa les yeux avant de parler :

- Je ne pourrai jamais réparer le mal que j’ai causé. Toutefois, je m'engage à vivre selon les principes de l'homme dont j’ai ôté la vie.

Aerolia se leva, son visage empreint d’une tristesse douce, mais résolue :

- Ne gaspillez pas cette seconde chance. La vie est précieuse. C’est seulement en la servant que vous trouverez peut-être, un jour, la paix que vous cherchez.

Elle quitta le trône et se dirigea vers les appartements royaux, une partie du palais où l’opulence se mêlait à une paix profonde. Les murs, drapés de riches étoffes, scintillaient sous la lumière douce des luminaires en cristal. Chaque détail de ce lieu incarnait l’héritage qu’elle portait sur ses épaules. Pourtant, malgré cette splendeur, son esprit était ailleurs, alourdi par la perte.

Kaelan l’y attendait, droit comme une statue.

- Votre Altesse, la cérémonie pour les obsèques de Julien est prête, dit-il avec respect.

- Merci, Kaelan. Nous y participerons pendant notre voyage de retour pour Lyräan.

Kaelan inclina légèrement la tête, prêt à se retirer :

- Bien, Votre Altesse.

Il se tourna pour quitter la pièce, mais la voix d’Aerolia le retint :

- Kaelan !

Il se figea, puis se retourna vers elle, son regard empli de loyauté.

- Oui, Votre Majesté ?

Elle hésita un instant pour chercher ses mots, puis reprit d’une voix plus douce :

- Sage Kaelan, je ne voulais pas te blesser, mais je voulais que tu saches que si c'est ton amie qui a foulé le sol de la Terre, c'est ta future Reine qui en est revenue.

Un silence respectueux s'installa, puis Kaelan s’inclina profondément, les yeux empreints de tendresse et de dévotion :

- Aerolia, ma Souveraine... Je serai toujours votre fidèle sujet. Puis il se releva et ajouta :

- Mais je resterai ton ami pour l’éternité.

Sans un mot de plus, il la salua une dernière fois puis quitta la pièce avec la grâce qui le caractérisait.

La jeune Princesse resta seule avec ses pensées.

Les obsèques de Julien eurent lieu peu de temps avant le saut quantique qui ramènerait le vaisseau royal vers son monde. L’immensité de l’espace, parsemée d’étoiles scintillantes, contrasta avec l’intimité de la cérémonie. L’univers entier parut se réunir pour rendre hommage à celui qui avait donné sa vie pour sauver une Princesse aimée de tout un Peuple. A son bord, chacun portait en silence une part du chagrin de sa souveraine, un reflet de la douleur qu’Aerolia ressentait.

Le palais flottant autrefois chargé de sens, était désormais marqué par l’absence.

Des bannières aux armoiries de la planète Aetheris furent conçues pour l'occasion. Ils représentaient ses océans et ses montagnes et flottèrent fièrement dans le Grand Hall. Leurs couleurs profondes évoquaient un héritage de bravoure, comme si la planète elle-même rendait hommage au sacrifice de Julien. Au centre, un dais de velours noir avait été érigé, drapé de fleurs blanches, symboles de pureté et de respect, qui formait un contraste poignant avec l'obscurité environnante.

La douce mélodie de la Tosca, l'aria préféré de Julien, résonna dans le vaisseau. Elle toucha le cœur de tous les Lyraens présents. Les visages étaient marqués par la tristesse, même s'il fut un inconnu pour l'équipage du navire spatial. Tous se tenaient en silence, rendant hommage à un homme dont le courage et la bonté avaient transcendé les frontières de la royauté.

Lyssandra et Kaelan se dressaient aux côtés d'Aerolia

La jeune médecin portait un masque de dignité, mais ses yeux trahissaient une profonde tristesse. Kaelan, toujours si stoïque, avait la mâchoire crispée. Il luttait pour maintenir une façade de calme face à la perte de l'Amour de son amie. Tous deux étaient les piliers silencieux de la Princesse et soutenaient son chagrin comme ils avaient soutenu sa vie.

Aerolia, vêtue d’une robe sombre qui rehaussait l'éclat de ses yeux, s'avança avec dignité. Ses pas résonnaient comme un écho de sa peine. Elle s'arrêta devant le cercueil de verre où reposait Julien. Il était enveloppé d'un drap de soie, une couronne de lauriers tressés au-dessus de lui. Le contraste entre la majesté de son apparat royal et la froideur du cercueil accentuait l'irréversibilité de cette perte. Elle y déposa un lys bleu, symbole des monts de Lyräan et, à présent, de l'amour qu'elle lui portait, puis elle ferma les yeux un instant.

Leurs moments passés ensemble, si brefs mais si intenses, revinrerent à son esprit :

"Julien... Tu es devenu notre espoir... notre lumière. Ton sacrifice a sauvé ma vie, mais c’est la pureté de ton cœur qui m’a marquée à jamais. Aujourd’hui, nous rendons hommage non seulement à un homme, mais à un véritable Prince de notre peuple. Ton sacrifice ne sera pas vain. Tu resteras à jamais dans les cœurs comme une étoile brillant dans la nuit, éclairant notre chemin. Je promets de porter ton héritage, ta fille honorera ta mémoire en poursuivant notre quête pour un avenir meilleur. Que ta lumière continue de briller au-delà des étoiles. Trouve la paix éternelle dans l’immensité de l’Univers."

Ses paroles résonnèrent dans le silence solennel du vaisseau. Lyssandra baissa la tête, des larmes silencieuses coulant sur ses joues, tandis que Kaelan posait une main réconfortante sur son épaule, ses yeux fixés sur le cercueil. Tous ressentirent la force de l'amour que portait Aerolia au Prince défunt, la douleur de son chagrin, et l'autorité indiscutable de l'héritière du Trône qu'elle incarnait désormais.

Alors que la cérémonie touchait à sa fin, le son des tambours résonna. Il signala le départ du jeune humain en direction sa dernière demeure. Des pleureuses entonnèrent une hymne ancienne, une mélodie chargée d'histoire, pour rendre hommage à un Homme dont la noblesse ne se mesurait pas à son sang, mais à son âme.

Puis le cercueil de verre glissa lentement vers l'immensité de l'espace, où Julien y reposerait à jamais, entouré des étoiles qu'il éclairerait de sa lumière éternelle.

Le voyage vers Lyräan commença, franchissant des centaines d'années-lumière en seulement quelques heures. Le vaisseau royal traversa le trou de ver menant au système stellaire de Seyriss. L'espace se distordit autour d'eux alors les étoiles filaient à une vitesse vertigineuse.

Soudain, l'Univers se courba et ouvrit un passage direct vers leur lointaine planète.

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