Introduction.
J'ai toujours su que j'étais « différent ».
Sensibilité exacerbée, introversion à la limite de l'asociabilité, féminité très, pour ne pas dire trop visible, un attachement excessif à ma mère...
Bref !
Quelques traits de ma personnalité qui ont modelé mon enfance, ma jeunesse, mais aussi ma vie d'adulte.
C'est ainsi fait, tout le monde est différent, chacun porte sa croix à sa manière. Certains pleurent, sont tristes, plongent dans la dépression, tandis que d'autres les maltraitent, les insultent, les harcèlent... mais le plus dur et de savoir qu'ils en rigolent sans en garder une séquelle.
Cependant, je remercie les aléas cosmiques de ne pas m'avoir créé dans cette deuxième catégorie. Car je considère que ce que beaucoup voient comme des faiblesses ou des tares, s'avèrent être des cadeaux, à condition de ne pas les avoirs refoulés trop profondément...
Une manière comme une autre de se protéger d'une injustice qui prend aux tripes.
Je n'ai pas envie de vous raconter cette histoire pour que vous vous apitoyiez sur mon sort, j'ai dépassé ce besoin maladif de reconnaissance et d'acceptation. Surtout que les psychiatres qui se sont succédé à l'assaut de ma caboche me l'ont bien fait comprendre : rien ne sert de remuer le passé, aussi douloureux soit-il !
Pourtant, n'est-ce pas notre passé qui nous façonne, qui nous montre la voie ?
Lui aussi qui détermine nos états d'âme, nos réactions futures ?
Être ou ne pas être quelqu'un de « bien » ?
Mais qui peut réellement définir ce qu'être quelqu'un de « bien » veut dire...
Aussi brutalement que je l'ai vécu, je vous offre une tranche de ma vie, un morceau de ce poids qui pèsent sur mon cœur depuis longtemps.
Pour ma conscience, j'exorcise ce premier amour, ces premiers ébats, violents, maladroits. J'expie la tristesse qui m'envahit lorsque je pense à lui, à tous ces mots que j'aurais voulus lui dire...
Que j'aurais dû lui dire...
Mais aujourd'hui, il est trop tard pour changer le cours des choses.
Alors, j'écris.
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