Chapitre 4 : Irrésistible...

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Les mois s’écoulèrent jusqu’au dernier jour des cours, avant les vacances d’été. Beaucoup d’élèves étaient absents, déjà en route vers leur lieu de villégiature, ce qui fait que les classes étaient quasiment vides. Mais Nicolas était là, sans sa bande de sbires.

Après la pause déjeuner, nous n’étions plus qu’une poignée d’élèves. Plutôt que de nous libérer, les profs avaient réuni tous les quatrièmes encore présents dans la salle de projection du CDI pour nous passer un film. Un navet semi-éducatif sorti tout droit de la vidéothèque poussiéreuse et vieillissante du bahut, dont le titre m’échappe.

Alors que l’on faisait la queue pour entrer, Nicolas me retint par le bras.

— Viens, on se met à l’arrière, tranquille.

Une fois encore, je ne l’avais pas vu venir. Des mois qu’il m’ignorait dans les couloirs pour mieux me violenter avec ses potes dès que l’occasion se présentait et il espérait un tête-à-tête romantique ?

— C’est ça ! Tu peux rêver !

Je lus sur son visage qu’il ne s’attendait pas à cette réponse. À force de désillusions, la haine avait pris le pas sur la timidité. Il ne me faisait plus peur, il me dégoutait.

— Mais si, viens... on sera tranquille !

— Fous-moi la paix !

La prof nous jeta un regard et il lâcha aussitôt mon bras. J’en profitai pour m’asseoir au premier rang, à côté d’une fille de ma classe. Mais cette pimbêche n’apprécia pas l’idée de m’avoir près d’elle le temps du film.

— Madame ? Il arrête pas de me toucher ! gémit-elle subitement en levant la main.

— N’importe quoi ! C’est pas…

Sans avoir le temps de me justifier, la prof m’agrippa une oreille et me bouscula vers la dernière rangée de chaises.

— Depuis quand tu tripotes les filles ! Hein ? cracha-t-elle en me forçant à m’asseoir dans un coin de la pièce.

Aujourd’hui encore, je reste persuadé qu’elle n’a pas choisi ces mots par hasard. De plus, elle savait pertinemment que ma camarade mentait, car un tel acte aurait dû être sévèrement puni, même à l’époque. Mais il n’en fut rien.

Tandis que des larmes me montaient aux yeux, je me mordis la langue pour ne pas répondre et risquer d’aggraver la situation.

Le film commença et la prof ne tarda pas à quitter la pièce, nous laissant dans la pénombre. Alors que j’essayais de penser à autre chose en gribouillant dans un cahier, Nicolas m’interpella à quelques chaises de la même rangée que moi.

— Regarde, dit-il à voix basse.

Il se pencha en avant et tendit les bras pour emmêler son chewing-gum dans les cheveux de la pimbêche, à son insu. Malgré mon ressentiment à son égard, j’étouffai un rire en le regardant faire.

Quel connard ! Quel beau connard…

Une fois son méfait accompli, il se décala à côté de moi.

— C’est tout ce qu’elle mérite, cette connasse, me murmura-t-il à l’oreille.

Sans prévenir, il déposa un baiser au creux de mon cou.

— Tu m’excites…

J’étais pétrifié, partagé entre le désir et la rancœur.

Un frisson me parcourut la totalité du corps lorsqu’il glissa sa main sous mon t-shirt pour me caresser le dos en remontant doucement vers ma nuque. Je sentis son souffle chaud tandis que sa langue jouait avec le lobe de mon oreille.

J’étais à sa merci et il avait bien l’intention d’en profiter…

Doucement, il m’attrapa une main et la guida sous son short. Je réprimai un spasme musculaire en sentant son énorme verge sous mes doigts. Je ne pouvais m’empêcher de le revoir, baissant son short face à moi dans les douches des vestiaires, m’offrant la preuve de son désir, me forçant à m’en délecter. Ma main se referma fermement sur son sexe et je le sentis tressaillir.

À son tour, il glissa sa main droite par la jambe de mon short et commença à me caresser.

Mais qu’est-ce qu’on fout ? Et si la prof revient ? Si quelqu’un nous surprend ?

Peu importe !

Discrètement, il glissa sa verge hors de la jambe de son short, m’offrant ainsi le plaisir de l’admirer tout en la masturbant et je fis de même avec la mienne. En fermant les yeux, je peux encore sentir son odeur, mélange de sueur, d’excitation, et d’hormones juvéniles.

Je m’abandonnai à ses mains, le laissant seul maitre de mon plaisir, lorsque les soubresauts retenus de notre délivrance toute proche s’intensifièrent. Il posa délicatement son front contre le mien et me transperça de son regard azur, sondant jusqu’au fond de mon âme. Nos souffles saccadés s’entremêlèrent tandis que le soulagement ultime finissait de nous achever.

Je ne saurais dire combien de temps nous sommes restés statufiés, nous dévisageant sans sourciller, mais je regrette de ne pas l’avoir embrassé, de ne pas lui avoir dit…

Je ne crois pas que quelqu’un ait remarqués ce que l'on a fait ce jour-là.

Sauf la personne chargée de nettoyer la moquette…

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