Chapitre 7 : Comme un bouton de rose qui éclot.

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Quelque temps avant la fin des vacances, un matin vers dix heures, le téléphona sonna et ma mère me tendit le combiné.

— C’est un copain à toi.

J’eus le souffle coupé en entendant la voix de Nicolas.

— Ça te dit de me rejoindre ? J’suis à la cabine près de la mairie.

J’étais tétanisé, non pas de peur, mais de stupéfaction. Je n’avais pas pensé à lui depuis des semaines et soudain, les images de nos aventures qui hantaient mes nuits solitaires m’assaillirent.

Mon corps tout entier me hurlait d’accepter.

— Tu veux faire quoi ? lançai-je le plus nonchalamment possible.

La question peut sembler anodine, mais sur le moment, j’avais l’appréhension qu’il puisse être là pour s’en prendre à moi, me tendre un piège.

— J’sais pas… on peut se balader et se poser quelque part… tranquille… juste tous les deux ?

Je sentis qu’il minaudait sur ses véritables intentions. Mais j’avais viscéralement envie de le voir.

— OK, j’te rejoins. Attends-moi.

Un quart d’heure plus tard, je l’aperçus assis dans l’herbe près de la cabine téléphonique. Malgré l’irrépressible tension qui me dardait le corps, je souris en le saluant. Arrivé à sa hauteur, il me tendit la main pour que je l’aide à se relever, mais me fit tomber en avant, m’attirant dans ses bras. Il me sourit et écarta une mèche de mon front.

Je me souviens de chaque détail comme si c’était hier : le magnifique ciel bleu, son t-shirt blanc à l’effigie de Fido Dido dont il avait découpé les manches pour en faire un débardeur, la chaleur de l’été qui flottait dans l’air, son short de bain court à rayure verte et jaune, le parfum de l’herbe sèche qu’on moissonne, ses baskets bordeaux défoncées desquels dépassées de longues chaussettes de sport blanches à rayures bleu marine…

Puis, son odeur, salée, masculine, ses bras finement musclés, ses jambes, ses fesses…

— J’suis content de te voir, lâcha-t-il en se relevant, tout sourire.

— Moi aussi…

— Tu connais un endroit où on sera tranquille ?

— Euh… ouais !

Dans la forêt, il y avait un vieux mirador abandonné depuis longtemps dont les pieds avaient cédé. La cabine était devenue une cabane dont on était peu à connaitre l’emplacement.

— Attends ! On va passer chez moi.

On à fait un crochet pour prendre à boire et une couverture, le plus discrètement possible. Puis on a fait le grand tour en passant sur le petit chemin qui serpentait à travers les champs, jusqu’à l’orée de la forêt, en évitant la rue pour ne pas se faire voir.

— Et tes vacances ? T’es parti ?

— Nan, mes parents ont pas de thunes… répondit-il en soupirant. De toute façon, mon père est trop con.

Je n’ai pas osé approfondir. Je sentis la sensibilité du sujet au timbre de sa voix.

— Et toi ?

— Chez mes grands-parents, quelques semaines, comme d’hab. C’était cool.

Vincent !

Son visage me revint subitement en mémoire.

Devais-je lui en parler ? Lui avouer ce qu’il s’était passé ? Pourquoi en aurait-il quelque chose à faire ?

J’étais tiraillé par un sentiment étrange. Me sentais-je coupable d’une forme de tromperie ? Ou était-ce une fois encore la honte de ce que nous nous apprêtions à refaire ?

Une fois l’orée du bois passée, il posa une main sur mon épaule. Je revois son sourire lorsque j’ai tourné la tête vers lui, incrédule. Puis il m’attira doucement contre son flanc et déposa un baiser sur mon front. Un geste que je ressens aujourd’hui avec beaucoup de tendresse, mais qui me gêna sur le moment. Comment aurais-je pu être moi-même avec lui ? Cela revenait à avouer ce que je considérais comme une déviance honteuse.

Je n’étais pas prêt, je le regrette…

Pour rejoindre la cabane, il fallait traverser un petit terrain privé qui n’était jamais entretenu, une sorte de clairière. Il n’était pas rare d’observer des biches ou des sangliers venus se sustenter des herbes fraiches. C’était un petit coin de paradis, presque irréel au fil des saisons, tantôt une explosion de fleurs multicolores, tantôt un tapis de neige duveteuse.

— Attends !

Il m’attrapa le bras et regarda les alentours.

— On va se mettre ici, on sera bien.

Il me fit un clin d’œil, moi un sourire gêné.

Il étala la couverture au milieu des hautes herbes jaunies, puis retira ses vêtements avant de s’allonger au soleil seulement vêtu de son petit slip à rayures noir et bordeaux.

Dieu qu’il était beau…

Tout en essayant de masquer mon inconfort, je fis de même et m’allongeai à ses côtés sans trop oser m’approcher. Il le remarqua et pouffa de rire.

— Quoi ?

— Rien. On est bien là, non ?

— Ouais…

Il s’étira et passa ses bras derrière sa tête, les yeux fermés. J’en profitai pour discrètement l’admirer en détail. Mais au fur et à mesure que mon regard le dévorait, le désir montait et je fis mon possible pour le cacher. Il le remarqua et j’aperçus aussitôt son entre-jambes enfler.

Je la veux ! J’en meurs d’envie !

C’est la première fois que je pris l’initiative. Je me relevai sur un coude et le caressai de ma main libre. Pas de chichi, direct au paquet. Il souffla de plaisir en tressaillant. J’étais déjà en manque d’oxygène, l’appréhension et l’excitation poussaient mon cœur dans ses derniers retranchements.

Je glissai rapidement ma main sous l’élastique et lui arrachai un râle de surprise. La chaleur de sa peau sous mes doigts, de cet objet de plaisir dont je voulais me délecter. Il retira son slip et attira doucement ma tête vers son bas ventre. Elle n’était plus qu’à quelques centimètres de ma bouche. Je me régalai de son odeur musquée avant de passer ma langue sur la petite goutte d’excitation qui perlait au bout de son gland. J’étais en feu, mais je fis de mon mieux pour me contrôler. Je ne voulais pas qu’il arrive la même chose qu’avec Vincent.

Cette fois, tu es tout à moi !

En parcourant sa verge de ma langue, je promenai ma main droite sur son torse, titillant ses tétons déjà bien durs, tandis qu’avec ma main gauche, je frôlai ses couilles, son aine et la commissure de son anus. Il m’attrapa la main droite et glissa mon majeur dans sa bouche.

— Mets-le-moi dans le cul pendant que tu me suces, murmura-t-il entre deux exaltations.

Je m’exécutai sans me faire prier.

Sa main gauche sur ma nuque, il me força à avaler, toujours plus profondément, tandis que de l’autre, il guida mes doigts jusqu'à sa prostate. Un, puis deux. Je sentis son excitation grandir à travers les pulsations de son anus.

Puis brusquement, il me repoussa et m’enjamba, haletant, le visage en feu, avant de s’asseoir sur ma verge tendue. Je laissai échapper un gémissement, autant de surprise que de plaisir. Une sensation nouvelle, délicieuse.

Il se cambra et un rictus de douleur traversa son visage à mesure qu’il forçait mon sexe dans son intimité. Il cracha dans sa main pour lubrifier ma verge de sa salive. Un geste terriblement excitant. La deuxième tentative fut la bonne. Ses yeux se révulsèrent tandis qu’il battait ses fesses musclées contre mes cuisses. D’instinct, je les saisis à pleine poigne, les malaxant pour le forcer à précipiter ses va-et-vient. Il se laissa tomber à la renverse, son torse contre le mien, ses gémissements de plaisir au plus près de mon oreille. Il ne m’en fallut pas plus que son souffle chaud dans mon cou pour que j’atteigne l’orgasme, en lui.

Mais il n’en avait pas fini.

Il se redressa et accéléra encore plus ses mouvements de bassin tout en empoignant sa verge pour se masturber frénétiquement. Son regard me dévorait, sondait mon âme à travers mes yeux comme s’il voulait lire mes pensées. Il grognait.

Je jouis une seconde fois, plus profondément encore. En exultant un râle de plaisir rauque et gutturale, il déversa une quantité phénoménale de sperme sur mon torse et mon visage.

Il s’écroula sur moi de tout son poids, le souffle court, le cœur battant à tout rompre. Je peux encore sentir ce camaïeu d’odeurs qui se mélangeaient autour de nous. Rien ne m’avait préparé à un tel flot de sensations et d’ivresse.

C’était la première fois que je pénétrais quelqu’un, que mon sexe visitait ainsi l’extrême intimité d’une autre personne, et c’était celle du plus beau garçon de la terre à mes yeux.

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