Chapitre 13 : Plaisirs coupables.

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Les semaines qui suivirent s’écoulèrent plutôt tranquillement. Malgré quelques insultes et gestes brutaux par moment, je pus reprendre une scolarité un tant soit peu normale. Et passer du temps avec Nicolas.

Il nous arriva souvent de nous éclipser discrètement afin d’assouvir nos pulsions. Cela ne durait jamais plus de quelques minutes et l’on se contentait généralement de longs baisers, de fellations réciproques, de masturbations mutuelles. Nous nous cachions dans un coin du gymnase ou dans les toilettes privées des professeurs, parfois dans un placard à balais. C’était un plaisir incroyable de savoir que je pouvais le croiser au détour d’un couloir et finir à moitié nu dans un coin la minute suivante. Il était le seul à décider d’où et de quand nous allions nous retrouver et même si cela peut sembler d’un égoïsme extrême, j’adorais ça. Cette impression d’être à sa merci en permanence, de ne jamais savoir quand il allait frapper à la porte de mon désir, tel un prédateur à l’affut de sa proie.

Dans un souci de discrétion, nous faisions toujours en sorte de nous quitter chacun à l’opposé de l’autre, pour ne pas éveiller les soupçons. Mes copains me demandaient souvent où j’étais et je prétextai généralement un passage aux toilettes.

Comme tous les samedis après-midi, j’accompagnai ma mère au supermarché pour faire les courses de la semaine. Au détour d’un rayon, je tombai nez à nez avec Nicolas qui accompagnait lui aussi sa mère. Je fis les présentations et, pendant que nos mères faisaient plus ample connaissance, nous nous sommes éloignés en feintant de regarder les rayonnages, histoire de discuter tranquillement.

— Ça me fait plaisir de te croiser en dehors du bahut.

— Moi aussi, répondit-il avec un clin d’œil. C’est con qu’on puisse pas être juste tous les deux.

La simple évocation d’un possible tête à tête me fit bouillir et je me fis violence pour éviter une érection.

— On peut se retrouver aux chiottes ? dit-il avec un sourire coquin et les yeux brillants.

— Ça marche.

— Dans cinq minutes, OK ?

J’acquiesçai et retournai auprès de ma mère le temps de nous éloigner pour faire diversion. J’étais dans un état d’excitation tel que je fus soulagé d’avoir un pantalon ample pour cacher mon émoi.

Lorsque je pénétrai dans les toilettes, Nicolas était installé à un pissoir juste à côté d’un autre homme venu se soulager. Nicolas me fit signe de l’attendre dans une cabine de toilette. J’entendis l’homme se laver les mains et quitter la pièce, puis Nicolas vint me rejoindre. Ce n’était pas idéal, car la porte n’était pas pleine et l’on pouvait voir nos pieds en dessous. Je le fis remarquer à Nicolas.

— Fais chier ! J’ai trop envie de toi !

Ces mots me firent instantanément oublier la possibilité de nous faire surprendre et je me jetai à ses lèvres pour l’embrasser avec fougue. Mais l’excitation était bien trop forte et lorsqu’il glissa sa main dans mon boxer, je ne pus me retenir de jouir.

J’étais affreusement gêné, c’était la première fois que cela m’arrivait avec lui et j’appréhendai sa réaction. Mais au lieu de ça, il porta sa main inondée de ma semence à sa bouche. Un geste qui raviva aussitôt mon désir. Je déboutonnai son jeans au travers duquel je sentis sa verge prête à exploser et lui offrit ma bouche avec délice. Il ne me fallut que deux ou trois va-et-vient avant qu’il ne se délivre au fond de ma gorge et que je jouisse une seconde fois à ses pieds.

— Attends, murmura-t-il.

Il attira mon visage vers le sien et plongea sa langue dans ma bouche, se délectant de ma salive mélangé à son sperme. C’était irréel, fantasmagorique, au-delà de tout ce que j’avais rêvé. Toutes ces pratiques que d’aucun trouve dégoutantes et qui s’avèrent pourtant terriblement excitantes, étaient à ma portée. Je n’avais qu’à demander, il offrait.

Le grincement de la porte des toilettes nous ramena à la raison. J’essuyai tant bien que mal mon sous-vêtement maculé de sperme avec du papier, tandis que lui scrutait le moment où nous pourrions sortir discrètement.

— C’est bon, y a plus personne, dit-il en ouvrant la porte de la cabine.

Alors qu’il s’apprêtait à filer à l’anglaise, je le retins par la main et déposai un dernier baiser sur ses lèvres.

— La prochaine fois, j’te montrerai un truc encore plus excitant, lança-t-il.

Alors qu’il quittait la pièce, savoir qu’il me réservait une nouvelle découverte sensuelle m’excita à nouveau. Je ne pus me retenir de m’enfermer pour me masturber encore une fois.

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