Hors des sentiers battus 39/

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Il esquiva un premier poing, griffa un poignet.

Déjà, les deux Fêlés les plus proches s'étaient saisis de Porte et le traînaient en arrière, le troisième ceinturait l'Allumé et voulait le faire reculer. Ce dernier explosa :

  • Laissez-moi l'cramer, laissez-moi l'cramer !

De nouvelles mains se saisirent de lui. Porte, submergé, se démenait comme un démon pour venir lui sauter à la gorge :

  • Il va m'tuer ! Il va m'tuer ! Traîtres ! Assassins !

Distraitement, Adelin entendit le son caractéristique de Chute succombant à une crise. Profitant de cela, il se défit comme une anguille des poignes qui cherchaient à le mettre à terre, et se rua sur Porte, les mains en serres.

Ce dernier aussi venait d'échapper aux mains de ses garde-fous. Ecumant, la mort dans les yeux, l'halluciné fondit sur le pyromane. Ils s'empoignèrent, roulèrent au sol, se mordirent, se griffèrent, s'insultèrent.

On leur donna des coups de pieds, aucun des deux ne prit la peine de se défendre. Seule comptait l'annihilation de l'autre.

Avec une sensation salvatrice, Adelin sentit que son feu embrasait enfin ses poings. Cela sonna l'hallali. Quatre personnes le saisirent, chacun par un membre et entreprirent de le soulever. On lui parlait, l'invectivait sûrement. Il continua à mordre, crachat, faute de mieux.

En face, Porte était de nouveau maintenu au sol, cinq combustibles s'efforçaient de l'entraver. Avec un sourire mauvais, Adelin attendit son moment. Il ferait chanter la chair avec plus d'aisance, dans ces conditions. On lui lâcha les mains, vaincus par la chaleur.

Ecumant, galvanisé par cette victoire, l'Allumé se libéra les pieds. Plusieurs en profitèrent pour lui écraser le dos sous leur masse. Ah, ils voulaient jouer, eux aussi ?

Du sang et des cendres.

Tout se finirait dans le sang et les cendres.

Dans un grondement bestial, Adelin amplifia ses flammes, ce qui lui valut une libération immédiate. Il se rua sur Porte, égaillant ceux qui maintenaient ce dernier. De nouveau, l'Allumé fut plaqué au sol, par derrière, en traître.

De nouveau, il se débattit, mais de toute évidence l'inconscient qui le saisissait ne craignait pas son feu. Puis une douleur aigüe lui traversa le dos. Près de l'épaule. Une sensation froide se déversa par là et s'épandit. Après le froid... rien. Plus de sensation, plus de force.

À travers la fièvre, Adelin éprouva la peur. Une peur viscérale. Son corps le lâchait, on l'agressait. Il allait mourir ! Puis une voix familière, aussi nerveuse que rassurante, se fraya un chemin du creux de son oreille aux méandres embrasées de son esprit :

  • Du curare et un anesthésiant. Ça ira mieux demain... reprends-toi Adelin...

Si Souffreux lui parlait, alors tout allait bien. Il pourrait brûler quelque chose quand les produits cesseraient de l'affecter. Haletant, il s'abandonna à la chimie de son ami. Ça irait mieux demain... sa vue s'obscurcit, l'ombre de Souffreux l'enjambait, en direction de son combustible...

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