Prologue : Partie 1

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Le sol tremblait. Les explosions déchiraient l’air, les tirs de plasma illuminaient le champ de bataille et les hurlements de rage et de douleur s’entremêlaient dans un chaos indescriptible.

Dans la boue et les cendres, des milliers de combattants s’affrontaient. Ce n’étaient pas que des soldats. Hommes, femmes, vieillards, enfants en âge de tenir une arme, tous s’étaient dressés, animés par une seule volonté : lutter pour leur vision du monde.

Une guerre mondiale. À travers le globe, là où se dressaient d’immenses tours noires hautes de 200 mètres, deux camps s’affrontaient.

Ceux qui voulaient les protéger…

Et ceux qui voulaient les détruire.

Mais ce n’était pas une guerre ordinaire. Chaque tour était défendue par des êtres d’apparence humaine. Pourtant, ils n’étaient pas comme les autres. Leur force… dépassait l’entendement.

Leurs capacités relevaient de l’impossible. Des pouvoirs surnaturels, autrefois perçus comme des mythes, faisaient désormais partie de la réalité du monde. Au cœur de la mêlée, un homme, debout sur une carcasse de blindé renversé, hurla à plein poumon :

— Ne faiblissez pas ! Nos généraux tiennent encore tête à ce monstre ! Nous devons résister ! Chaque tour détruite nous rapproche de la victoire, et bientôt…

Il leva son poing vers le ciel embrasé.

— … NOTRE GÉNÉRAL EN CHEF METTRA UNE RACLÉE À CE DÉMON !

Un cri unanime secoua les rangs.

— NON À LA VIRTUALISATION ! OUI À LA LIBERTÉ !

Le sol fut à nouveau secoué par une détonation massive. L’air était saturé de fumée et de cendres. Pendant ce temps, loin de ce champ de bataille infernal, un homme avançait. Il n’était ni sur un champ de ruines, ni dans un camp militaire. Devant lui, une simple cabane en bois.

— C’est bon les amis, j’y suis.

Sa voix résonna à travers le communicateur miniature greffé à son oreille. Face à lui, une cabane en bois, posée au milieu d’une forêt dense et silencieuse. Un contraste frappant avec la guerre qui faisait rage ailleurs.

— Très bien, Mickael, répondit une voix dans son oreillette. La Virtualisation est en plein démarrage, son système de sécurité est encore fragile. Je m’occupe de l’accès !

Un vrombissement sourd émana du sol. Sous ses pieds, la terre se scinda lentement en deux, révélant un puits d’escaliers plongeant dans les profondeurs.

Mickael ne perdit pas une seconde.

— C’est parti ! lança-t-il. Je vais utiliser mes Kemgloves et mes Kemboots pour avancer rapidement sans perdre d’énergie.

Ses gants et bottes métalliques, incrustés de pierres luminescentes, s’illuminèrent légèrement. Son corps s’éleva alors légèrement au-dessus du sol, comme en apesanteur. D’une impulsion fluide, il plongea dans l’ouverture et s’engouffra dans les entrailles du complexe souterrain.

— Fais gaffe, le prévint la voix dans son oreillette. Tu risques de croiser des obstacles. Si seulement tu nous avais laissé t’accompagner…

Mickael eut un petit sourire.

— Vous êtes plus utiles là où vous êtes, répondit-il sans ralentir. Je vous connais trop bien Jojo, vous auriez voulu vous battre avec moi contre lui. Seulement, face à lui, les Kem-armes sont inutiles et les combinaisons du Zodiaque sont trop fragiles. Je suis le seul pouvant utiliser mes pouvoirs sans combinaison.

L’interlocuteur soupira à l’autre bout de la ligne.

— Fais attention, alors. répondit Jojo.

Mickael accéléra. Il fonçait dans les ténèbres du couloir en pente, évitant habilement les structures métalliques déformées par le temps. L’air devint plus lourd, plus étouffant.

Puis, il se mit en alerte. Il ne sentait pas une, mais plusieurs présences. Il ralentit légèrement, scrutant l’obscurité du couloir plongé dans une lumière blafarde. Des formes émergèrent des ombres. Elles étaient nombreuses.

Des êtres difformes, à la peau tendue sur les os, le dos voûté au point que leurs visages difformes semblaient frôler le sol. Leurs longs ongles jaunis raclaient le métal froid sous eux, et leurs queues fines s’agitaient lentement, comme des fouets prêts à s’abattre.

Mickael serra les dents.

— Je n’arrive pas à croire qu’il ait osé en créer… et surtout autant. Ca doit etre Jelena qui s'en occupe...

Les créatures tournèrent brusquement la tête vers lui, comme si elles avaient perçu son dégoût. Leurs râles d’agonie se transformèrent en hurlements déchirants. Elles foncèrent. Mickael ne perdit pas son sang-froid.

Il accéléra brusquement, activant ses Kemboots pour esquiver leurs bras décharnés qui tentaient de l’agripper. Le sol trembla sous la vague de monstruosités qui se ruait vers lui.

Dans l’oreillette, la voix de Jojo résonna avec urgence :

— On n’a pas le temps, Mickael ! Ils sont trop nombreux et la Virtualisation continue son chargement !

À ce moment-là, des coups de feu retentirent. Plusieurs créatures s’effondrèrent sous les tirs précis qui leur éclataient le crâne. Mickael n’eut même pas besoin de se retourner. Il savait déjà qui venait d’arriver.

Une ombre volante surgit de l’obscurité.

— Fonce, Micky, j’te couvre !

Un sourire en coin apparut sur son visage.

— Merci, je te revaudrai ça, Double Zizi !

— Moi c’est Double R, enfoiré !

Mickael fonçait à toute vitesse, évitant les bras décharnés des chimères qui s’étiraient pour tenter de l’attraper. Le couloir continuait en pente, plongeant toujours plus profondément dans les entrailles du complexe.

Une des alliés à côté de Jojo reprit la parole :

— Heureusement que Roulette Russe était là, Mickael… Mais j’espère que notre ennemi final sera seul.

Mickael rigola en esquivant un dernier monstre d’un mouvement fluide.

— Je le connais mieux que quiconque.

Il prit une impulsion et accéléra davantage.

— Il déteste se battre en équipe. Il est forcément seul.

Après deux bonnes minutes de vol, Mickael arriva devant une immense porte métallique.

Dès qu’il s’en approcha, elle s’ouvrit automatiquement, révélant une vaste salle souterraine. Son regard balaya l’espace. Des portes. Des dizaines de portes.

— Et merde ! jura l’amie de Micka. Comment sommes-nous censés savoir où se trouve la salle de Virtualisation ? Quelle porte est la bonne ? Nous n’avons pas le temps !

Mickael souffla lentement. Puis, un sourire malicieux se dessina sur son visage.

— Ne t’en fais pas. Je sais quoi faire.

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