Prologue : Partie 2

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Ses alliés n’eurent pas le temps de lui demander son plan. Il prit une profonde inspiration, gonfla sa poitrine et…

— CHRIS ANTEI KACIMMIA, OÙ TU TE CAAACHES !?

Le cri résonna, ricochant contre les murs métalliques. Puis, sans prévenir, un mur, deux étages plus haut, explosa en mille morceaux.

Les débris s’écrasèrent au sol dans un fracas assourdissant, soulevant une vague de poussière. Mickael ne bougea pas d’un centimètre. Il garda son regard fixé devant lui, impassible, comme s’il avait déjà anticipé la réponse. Une ombre se dessina dans les gravats.Une silhouette s’avança, son pas résonnant lourdement.

Puis, une voix s’éleva, moqueuse, traînante :

— Tu sais comme j’ai horreur que l’on m’appelle par mon nom complet, Mickael…

L’ombre sortit complètement de la poussière. Un homme au regard perçant, une cicatrice bien visible sur le coin gauche de son front.

— Alors, tu es venu assister à l’avènement de la Virtualisation mondiale, mon frère ?

— Chris, tu sais très bien pourquoi je suis là. déclara Mickael en avançant d’un pas lent. Il faut que tu arrêtes cette Virtualisation.

Chris esquissa un sourire amusé. Son regard brillait d’une étrange lueur.

— Et pourquoi je l’arrêterais ?

— Parce que ce n’est pas une bonne chose. répondit Mickael, son ton ferme contrastant avec la tension qui s’alourdissait entre eux.

Le sourire de Chris s’effaça instantanément. Ses yeux se plissèrent, et pendant un bref instant, son expression trahit quelque chose… une colère contenue.

— Et qui es-tu pour dire ça, hein ? gronda-t-il. Tu penses toujours être la voix de la vérité, celui qui sait ce qui est bien ou mal ! Mais regarde autour de toi !

D’un geste de la main, il activa plusieurs écrans holographiques projetés dans la pièce.

Les images qui apparurent firent tressaillir Mickael. Des vidéos en direct du champ de bataille. Des milliers de personnes s’entre-déchiraient sous une pluie d’acier et de flammes. Des enfants en pleurs s’accrochaient à des cadavres. Des civils hurlant de douleur, pris au piège dans une guerre qui les dépassait.

— Ne détourne pas les yeux, Micka. chuchota Chris. Tout ça… c’est de ta faute. Vous avez perdu. Mais plutôt que d’accepter votre défaite, vous avez choisi d’aller à l’encontre de la volonté du peuple.

Son sourire revint, plus tranchant, plus cynique.

— Au fond, toi et moi, on ne vaut pas mieux que tous ceux qu’on a combattu, ni même que mon père. On fait exactement la même chose, on veut imposer notre vision du monde aux autres, peu importe ce que cela engendre.

Le silence tomba dans la pièce. Chris s’approcha légèrement. Son sourire s’élargit, son regard était froid, perçant.

— Regarde où tout ça nous a menés.

Mickael resta silencieux un instant. Les images de guerre, les cris, les pleurs… tout cela le frappait de plein fouet. Puis, il expira lentement, relevant ses yeux vers Chris. Son regard était calme. Déterminé.

— Je suis conscient que je ne vaux pas mieux qu’un autre. murmura-t-il. Tu as raison, au final, je fais ça pour imposer ma vision du monde.

Chris arqua un sourcil, surpris par son honnêteté soudaine.

— Mais ma vision me dit que la Virtualisation est une erreur, poursuivit Mickael. Chaque personne est maître de ses choix. Certains se battent pour leurs idéaux, oui… mais combien subissent aujourd’hui une guerre qu’ils n’ont jamais voulue ?

L’image d’un enfant recroquevillé sur un cadavre clignota sur un des écrans.

— Peu importe le prix… Je t’arrêterai ! affirma Mickael.

Chris se figea. Son sourire s’effaça un instant, remplacé par une ombre fugace d’hésitation. Mais ce ne fut qu’un instant. Un battement de cils plus tard, il éclata de rire. Un rire court, presque nerveux.

— Décidément… souffla-t-il en plissant les yeux. Depuis que tu es revenu, tu as ce visage qui m’énerve. Tu restes impassible à tout, comme si tu connaissais déjà l’issue de tout ça, et ça, tu vois, ça m’énerve.

Mickael sourit doucement.

— Tu trouves que j’ai du flow, c’est ça ? lança-t-il en croisant les bras. Hahaha…

— Je n’ai pas dit ça, triple andouille ! s’énerva Chris, secouant la tête.

Mais malgré sa réaction, il y avait autre chose dans ses yeux. Quelque chose de plus profond. Un malaise, une fêlure.

— Ton teint est bronzé, et tes cheveux, virent du blond au noir petit à petit. observa-t-il. Eva ne doit plus te reconnaître comme ça… D’ailleurs, je ne l’ai vue sur aucun champ de bataille.

— J’ai préféré la mettre à l’abri de tout ça. répondit-il. En attendant… que je règle tout ça !

Puis, il releva la tête et planta son regard dans celui de Chris. Un craquement retentit. Une longue lame de bois surgit de son bras, comme si elle venait de naître de sa propre chair.

Chris ne bougea pas. Il se contenta d’observer. Puis, lentement, un sourire malsain se dessina sur ses lèvres.

— Nous nous sommes battus tant de fois depuis notre enfance… murmura-t-il. C’est comme si nous nous préparions inconsciemment à ce moment.

Sous une tension pesante, Chris leva lentement les bras.

— Tu ne penses pas, Micka ?

D’un coup, une ombre jaillit de son dos. Deux ailes immenses, d’un violet sombre et inquiétant, se déployèrent avec une fluidité presque surnaturelle. Simultanément, une couche de liquide noirâtre commença à se répandre sur son corps, épousant sa peau comme une seconde armure vivante.

— Effectivement, Chris. répondit Mickael.

Un silence. Un souffle glacial. Mickael raffermit sa prise.

— Mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui…

Chris s’inclina légèrement en avant, un sourire carnassier sur le visage.

Mickael ne cilla pas. Il savait ce qui allait suivre.

— Ça sera la dernière fois !

Ils s’élancèrent l’un contre l’autre. Le sol se fissura sous la pression. Les débris volèrent dans tous les sens. Et le choc fut impressionnant.

Des fragments de métal et de pierre s’élevèrent dans les airs, témoins muets d’un affrontement attendu depuis trop longtemps.

Mickael arma sa lame de bois, la faisant tournoyer dans sa main. Son regard restait fixé sur Chris, sur son frère, sur celui qu’il continuait d’aimer comme un frère.

Chris, lui, fonçait avec un sourire dément, ses ailes violettes battant violemment l’air autour de lui, soulevant un vent sec et brûlant. Son armure noire pulsait, vivante, comme si elle réagissait à son excitation.

Le premier impact fut titanesque.

Un bruit sourd et métallique retentit alors que la lame de Mickael rencontra la matière noire qui recouvrait Chris. L’onde de choc balaya la pièce, projetant les débris encore suspendus dans l’air. Mickael pivota, esquiva un coup tranchant porté par l’aile de Chris, et contre-attaqua dans la foulée. Chris para avec son avant-bras, un rire amer s’échappant de ses lèvres.

— Tu es toujours aussi prévisible, Mickael.

Mickael n’eut que le temps de lever sa garde. L’impact suivant fut encore plus violent.

Chris murmura, un sourire mauvais :

— Pourquoi tu te bats encore ?

Son genou percuta l’estomac de Mickael, l’envoyant valser.

— … Tu es déjà en train de perdre.

Mickael se rattrapa de justesse, freinant sa course en enfonçant sa lame dans le sol. En levant l’index et le majeur en direction de Chris, il fit soulever deux immenses projectiles de bois qui heurtèrent Chris de plein fouet !

— Tu me connais, Chris. souffla-t-il, un filet de sang au coin des lèvres. Perdre une bataille… ne veut pas dire perdre la guerre.

Chris serra les poings. Sans prévenir, il leva une main et une immense sphère noire, tourbillonnante et instable, se forma au creux de sa paume.

— Voyons voir combien de temps tu tiendras encore… dit-il lançant son attaque.

Une explosion assourdissante secoua la salle. Mickael se protégea grâce à une protection de bois brut d’arbres qui le recouvrit. Une fois sa garde levée, il ne vit plus rien à cause de la poussière. C’est alors que Chris fonça sur lui à toute vitesse.

Il s’accrocha à Mickael le faisant traverser les étages.

— Sortons d’ici, Micka ! Laissons la Virtualisation se poursuivre, haha !

Mickael renforça son dos de bois et de pierre avant de se dégager. En un clin d’œil, ils atteignirent le ciel. Mais sans perdre de temps, Chris fit un signe étrange de ses mains. En voyant ça, Mickael répliqua aussitôt en faisant lui aussi un signe de ses mains.

— C’est parti, Mickael !

— Chris…

« APÔTRE DRAGON ! // NYOKA ! (Serpent) »

On pouvait les voir à des kilomètres, une énorme tête de dragon sombre, qui heurta la tête en bois brut d’un énorme serpent. Autour, tous comprirent immédiatement l’ampleur du combat. Mickael fixa son frère, une pensée le traversa.

— Comment en sommes-nous arrivés là, Chris ?

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