War Box

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Une fois lavés, Ivalna déposa les trois amis dans une ville située à vingt minutes en voiture, où se trouvait la meilleure salle d’arcade du pays, Arcadis. Consciente de n’être aucunement désirée, elle les laissa seuls pour la journée, leur indiquant qu’elle viendrait les récupérer aux alentours de dix-huit heures.

— Ne faites pas n’importe quoi ! les avertit-elle.

Ce lieu était immense, et les jeunes intrépides ne purent cacher leur émerveillement. La salle regorgeait de jeux en tout genre, mais le plus prisé de tous était la « War Box », trônant au centre du rez-de-chaussée. C’était aussi le plus coûteux.

— J’aimerais trop la tester, cette War Box, s’extasia Micka.

— Malheureusement, c’est beaucoup trop cher, répondit John. La partie coûte 50 karas et c’est exactement ce que maman nous a laissé à chacun.

— Oui, confirma Chris. Donc soit on paie une seule partie et on n’a plus rien jusqu’au retour de tante Iva, soit on fait des jeux moins coûteux.

La question ne se posait pas, ils savaient que le plus raisonnable était d’opter pour la seconde option.

— Dommage, j’aurais bien aimé y jouer…, avoua Micka, tout triste.

— Pfff, souffla Chris. De toute manière, c’est un jeu par équipe et moi, je préfère les jeux en solo. En plus, je te rappelle qu’aux jeux de tir, t’es un véritable noob.

— Hein ? Répète un peu ça ! s’énerva Micka. Viens m’affronter à ce jeu de tir, que je te fasse ravaler tes paroles !

Ils partirent en direction de la borne et, effectivement, Micka était un vrai noob aux jeux de tir, contrairement à Chris, qui avait un don inné pour les armes à feu.

— J’arrive pas à croire que j’ai perdu ! pesta Micka.

Même s’il n’avait jamais gagné contre Chris dans ce type de jeu, il réagissait toujours comme si c’était une surprise.

— Héhé ! T’en fais pas, grand frère, réconforta John avec un sourire malicieux. Je te vengerai et rétablirai l’honneur des Chiramis, l’honneur du peuple éteint !

— Moins fort, imbécile ! s’écrièrent Chris et Micka en obstruant simultanément la bouche de John.

D’ailleurs, malgré son beau discours, il perdit lui aussi.

— Bon, on t’a affronté sur ton terrain, fit Micka. Il est temps de jouer à un vrai jeu d’hommes !

Il défia Chris sur un jeu de simulation de combat à mains nues. Si Chris excellait aux jeux de tir, Micka, lui, dominait dans les jeux de combat, ce qui allait de pair avec son côté très sportif. Il ne fit qu’une bouchée de son rival.

— Héhé, ne t’en fais pas, Chris, rassura John. En tant que fier descendant du grand peuple éteint, je jure de te venger et de… !

Dix combats gagnés pour Micka, zéro pour John.

— Victoire ! conclut Micka sans réel entrain.

— Baaaaah merde, protesta John. Si j’avais le même âge que vous, je vous botterais les fesses dans tous les domaines !

Ils continuèrent à jouer ensemble, enchaînant les défis et les éclats de rire. Mickael proposa alors à Chris de passer à des jeux en équipe avec d’autres joueurs, pensant que cela serait plus amusant. Mais Chris refusa. Il préférait jouer seul ou avec ses amis, n’aimant pas être mêlé à des inconnus.

Micka partit quand même essayer d’autres bornes à plusieurs. John le suivit et, au fil du temps, Micka se fit remarquer par son enthousiasme et sa sociabilité. Il attira rapidement l’attention de plusieurs joueurs. Chris, de son côté, l’observait de loin. Micka avait beau être nul à certains jeux, il osait toujours se lancer, et c’était peut-être ça qui plaisait aux autres. Peu importaient la victoire ou la défaite, ceux qui jouaient avec lui finissaient par l’apprécier et souhaitaient rejoindre son équipe.

— Eh, Chris, tu veux pas venir jouer avec nous ? relança John, revenu voir son ami.

— Non, t’inquiète, Jojo, j’aime pas les jeux d’équipe. Je préfère continuer à m’entraîner sur ce FPS.

— Oooh, je vois ! Bon bah, je vais t’aider alors ! Je suis sûr que je vais finir par te battre !

Tout comme son frère, John ne se préoccupait pas d’être mauvais à un jeu. Il voulait surtout partager du temps avec Chris. Une fois sa partie terminée, Micka les rejoignit. Il ne le montrait pas, mais avoir deux amis pareils était la chose la plus précieuse à ses yeux.

Quelques minutes plus tard, un groupe de trois jeunes s’approcha d’eux. L’un d’eux prit la parole :

— Excuse-moi, Mickael, c’est bien toi ?

Les trois garçons se retournèrent.

— Je suis l’un des gars avec qui tu as joué au baby-foot géant.

— Ah ouais, bien sûr, répondit Micka. Hugo, c’est ça ?

— Exactement ! Écoute, avec mes potes, on a décidé de faire la War Box. Seulement, trois d’entre nous n’ont pas réussi le test d’entrée. Ça vous dirait de les remplacer ?

Les trois amis échangèrent un regard surpris. Micka expliqua qu’ils n’avaient pas les moyens de payer la partie.

— Pas de souci, répondit Hugo. Les trois recalés ont déjà payé leur place, et ils ne veulent pas demander de remboursement pour ne pas pénaliser l’équipe.

Micka et John acceptèrent aussitôt, mais Chris, lui, restait réticent comme à son habitude. Mickael insista, le suppliant de venir. Il savait que Chris détestait jouer en équipe, mais là, ce n’était pas un simple jeu d’arcade. C’était la War Box, le plus grand jeu du pays ! Après un long combat intérieur, Chris finit par céder.

Ils allaient enfin découvrir ce qu’était la War Box…

Pendant ce temps, à l’hôpital de Véliny, l’inquiétude grandissait. Plus personne n’avait de nouvelles du Dr Rogers. Il ne répondait ni aux appels ni aux e-mails. Ce n’était pas dans ses habitudes. Bien qu’ils ne le connaissent que depuis peu, ses collègues savaient qu’il était méticuleux et ponctuel.

Chez lui, son téléphone sonnait inlassablement, faisant résonner la mélodie de « Statue in the Dark » de Blue Material. Mais personne ne décrochait. Un grondement sourd s’étendait dans toute la maison, noyant la sonnerie dans un frisson inquiétant.

Ses collègues s’interrogeaient, cherchant à comprendre son absence soudaine.

Et bientôt, les réponses allaient émerger… avec leurs conséquences.

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