Pain of War

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Chris, John et Mickael étaient nerveux. La War Box dépassait tout ce qu’ils avaient imaginé. Ce n’était plus un simple jeu d’arcade, mais une expérience aux frontières du réel. Leur stress venait aussi du fait qu’ils allaient combattre aux côtés d’inconnus, tous plus âgés qu’eux.

Pour Mickael, cependant, ce n’était pas de la peur, mais une excitation pure.

Chaque équipe attendait dans un couloir sombre, séparée de l’arène par d’épais panneaux métalliques. L’attente était pesante.

C’est alors qu’une voix résonna dans les hauts-parleurs :

— Bon, les soldats ! Mad Max au micro ! Vous allez entrer sur la map, mais avant ça… vous avez encore deux choix à faire.

Le premier concernait le terrain où se déroulerait la bataille.

Un écran virtuel s’afficha devant chacun des participants. Ils pouvaient voir défiler plusieurs environnements et voter avec leurs gants connectés.

Le sort tomba : ce serait une gigantesque forêt tropicale.

Puis, vint le deuxième choix…

— Vous devez maintenant sélectionner le niveau de douleur ressenti.

Tout le monde eut un rictus mystérieux.

— Hé hé ! Pas de doute, lança Mickael avec enthousiasme. On prend la douleur 3 !

— Haha, petit joueur… souffla Magomed.

Mickael et John se regardèrent, interloqués.

— Pourquoi tout le monde sourit ? demanda Chris à Hugo, dans l’équipe 1.

Hugo esquissa un sourire.

— Tu sais, Chris… on ne vous l’a pas dit, mais Magomed est un ami de Mad Max. C’est grâce à lui qu’on a eu une réservation malgré la forte demande, mais surtout…

De son côté, Magomed expliqua à John et Mickael :

— La War Box était à la base une simulation pour entraîner les militaires. Comme toutes les technologies, elle a fini par être adaptée au grand public… mais il existe un niveau que seuls les soldats utilisent.

Le silence tomba.

Puis, la voix de Max retentit :

— Joueurs, sélectionnez votre niveau de douleur.

Et, sans hésitation, tous crièrent en chœur :

— Niveau 4 : Pain of War !

Il s’agissait du plus haut niveau de douleur possible, utilisé pour habituer les nouveaux soldats à la rudesse de la guerre.

Seuls quelques rares joueurs en avaient entendu parler.

Si Magomed n’avait pas été proche de Max, jamais ils n’auraient pu y accéder.

Les portes s’ouvrirent enfin.

Chaque équipe pénétra dans l’arène, prenant position dans sa base respective.

Le décor était d’un réalisme saisissant.

Le sol était boueux, l’air frais et humide. Un sentiment d’oppression pesait sur les joueurs. Des cris d’oiseaux retentissaient, même si aucun animal n’était visible.

— Bien, lança Max, toutes les équipes sont en place. Vous avez une heure.

Il laissa un instant de suspense, puis hurla dans les micros :

— QUE LA GUERRE COMMENCE !

Un silence de plomb s’installa.

Personne ne bougea.

Chaque camp restait figé, les corps tendus. Personne ne voulait être le premier à se jeter dans l’inconnu.

Dans l’équipe 2, Magomed prit la parole :

— Restez en position. Attendez mon signal pour vous disperser.

John en profita pour lui poser une question qui le turlupinait :

— Pourquoi nous avoir choisis ? Vous aviez déjà assez de joueurs.

Marouane (RmDm [2]) rit doucement.

— Demande ça à Hugo. Il a bien aimé jouer avec Mickael.

Marouane fixa Mickael avec intensité.

— C’est bien ça, ton nom ?

— Oui, c’est ça.

— Alors t’as intérêt à nous faire gagner ! ajouta Marouane avec un sourire en coin.

L’ambiance s’adoucit légèrement, et Marouane en profita pour glisser quelques conseils à John.

Cinq minutes passèrent… et toujours aucun mouvement.

L’attente devenait insoutenable.

— Putain, ça stresse ! souffla Mickael, les poings crispés.

— Relax, répondit Marouane. Ils font comme nous : ils attendent.

Il tapota son espadon et ajouta :

— Ils doivent être en train d’utiliser leurs tireurs pour repérer du mouvement.

Puis, soudain…

Un bruit sec et tranchant résonna comme un coup de tonnerre.

Un coup de feu.

Une balle en pleine tête.

Le corps de Marouane s’effondra lourdement.

Mickael resta figé quelques secondes.

Les yeux écarquillés, il fixait le corps de Marouane, immobile.

Ses autres coéquipiers ne comprenaient pas.

— Pourquoi il ne se relève pas !? paniqua John.

Un rire moqueur s’éleva dans les hauts-parleurs.

— Oh, j’ai oublié de vous prévenir… ricana Max. Le niveau de douleur 4 est tellement violent… que certains peuvent s’évanouir un instant sur le coup.

Mickael eut un frisson.

Il leva les yeux, et dans son oreillette, Magomed ordonna immédiatement :

— Dispersez-vous ! J’ai repéré la direction du tir !

Mickael tenta de comprendre qui avait pu tirer avec une telle précision.

— Qui a fait ça ?! s’exclama-t-il.

— Regarde le tableau des scores. C’est le seul qui a un point, répondit Magomed.

Mickael ouvrit son écran. Son regard se figea. Le seul à avoir marqué…

C’était Chris (CKGod [1]).

Il venait de verser le premier sang de cette guerre.

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