Chapitre 6 : L'Ombre Qui Rit
La nuit était tombée à nouveau sur le monde de blocs, mais cette fois, Max ne chercha pas à se réfugier. Il se tenait devant son abri, l’épée en main, les yeux fixés vers la forêt.
Quelque chose avait changé. L’air lui-même semblait plus lourd, saturé d’une tension invisible. Même les bruits habituels — le cri des araignées, les pas des zombies — paraissaient étouffés, lointains. Comme si quelqu’un, ou quelque chose, retenait son souffle.
Max fit un pas. Puis un autre. Il retourna dans la forêt.
Il ne savait pas pourquoi il y allait. Son instinct hurlait de fuir. Mais une curiosité plus forte que la peur guidait ses pas. Là où la silhouette avait disparu, il découvrit quelque chose qu’il n’avait pas remarqué la veille : une fleur rouge. Une simple rose, mais... posée sur un bloc de pierre taillé.
« Ce bloc… c’est moi qui l’ai mis ? »,Non. Il en était certain. Il s’accroupit, toucha la fleur.
Une voix, lointaine, chuchota à son oreille. Une voix rauque, presque amusée : « Tu regardes, mais tu ne vois rien. »
Max sursauta et se retourna, l’épée levée. Personne. Rien que le silence. Et les arbres, figés comme des statues.
Mais il y avait autre chose maintenant. Quelque chose qu’il n’avait jamais crafté venait d’apparaître dans son inventaire. Un livre. Sans nom. Sans auteur. Il l’ouvrit. Page 1/3
Tu crois comprendre ce monde, mais tu n’en as vu qu’un fragment.
Ils étaient trois avant toi. Trois à s’égarer dans ce code. Où sont-ils maintenant ?
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Le fer ne te protégera pas. La pierre ne te cachera pas.
Je suis derrière chaque bloc que tu poses. Je suis entre chaque tick du temps.
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Tu veux des réponses, Max ? Descends. Plus bas que jamais.
Je t’attends.
Max sentit un frisson glacé lui parcourir l’échine.
Il ferma le livre.
« C’est une blague…? Une commande ? Un mod ? Non, non, c’est pas possible... » Mais lorsqu’il ouvrit à nouveau son inventaire... le livre avait disparu.
Il recula lentement.
Et là... un rire. Un ricanement déformé, désincarné, à peine audible... comme s’il venait de l’intérieur même du sol. Ou de sa tête. Max s’effondra presque. Il s’accrocha à un arbre pour ne pas tomber. Il ne rêvait pas.
Il tourna sur lui-même, les yeux écarquillés. Il courut jusqu’à son abri, s’y enferma, et cette nuit-là, il ne dormit pas.
Il resta assis dans l’obscurité, une torche à la main, son regard fixé sur la table de craft. Elle aussi semblait différente.
Le bois semblait… bouger. Comme si quelque chose en-dessous essayait de sortir. Une ombre fluide passa lentement sur le mur, puis disparut.
Max ne savait plus ce qui était réel.
Et pendant ce temps, au plus profond de la terre, bien plus bas que les grottes, quelque chose ouvrit les yeux. Un nom oublié. Un code effacé. Un rictus large comme le néant. "Continue à jouer, Max... Je veux voir jusqu'où tu iras."
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