008 - à l'aventure
Je ne veux pas me souvenir de mon passé ou immortaliser mon présent pour y revenir dans l’avenir. Je veux juste vivre, l’instant, perdu dans l’éternité, passée et à venir. Sous la couette je murmure à ma Marie :
- Et au milieu de tout ça, il y a toi, Marie. Toi, avec moi, ici et là. En pleine conscience sauf quand je m‘oublie en toi et que tu t’oublies en moi, jusqu’à la perdre, notre conscience, évanouie dans l’extase absolue de nos corps et âmes.
- On dirait du Megan H. Elle ressort de toi parfois.
- Elle déborde, elle fuit, mais je ne m’en rappelle pas, c’est juste moi.
- J’ai tout lu, j’ai pleuré et j’ai ri, émue et amusée, tout comme je te vis.
- On dirait du Megan H. C’est contagieux, ses sentiments.
- Et j’en suis tombée malade. Aime-moi, encore et encore, guéris-moi.
- Je suis l’antidote de ton philtre pour révéler notre amour vrai, en dehors de nos personnages, juste nos corps l’un contre l’autre, reliés.
Bien à l’abri loin de l’orage au nord avec nos femmes esseulées et fâchées, meurtries et blessées. Ou pas. Comment savoir ? Elles n’ont pas le droit de venir et les modes de communication sont très limités. Sauf qu’on a du courrier. Une lettre chacune. Je reconnais l’écriture de Gloria sur la mienne et j’imagine que c’est celle de Paloma sur l’autre. Je les laisse dans la boite. Marie a plus de courage, elle récupère et ouvre la sienne.
- Elle parle de toi aussi, elle nous souhaite beaucoup de bonheur.
- Il n’y a rien sur Gloria ?
- Non mais tu devrais ouvrir la tienne. J’ai eu des informations, sur l’oreiller, par Victoria. Elle s’en sont remises, ensemble. Mais Paloma est la moins sérieuse des deux.
Marie a raison. Tellement qu’elle va chercher la lettre, l’ouvre et me la lit. J’en pleure, submergée d’émotions, encore plus quand Marie me serre dans ses bras pour me consoler. Et ça marche. C’est fini. J’ai perdu ma gloire mais j’ai gagné ma grande compagne pleine de bisous et de bonheur rien que pour moi, sa Marie-Jeanne adorée.
- Tu devrais me fumer, que je me consume en toi.
- Dans mon cœur, surtout ici, loin de qui tu es, hors réseaux, je t’ai rien que pour moi et j’aime te consommer au naturel, ma belle.
C’est peut-être aussi l’occasion maintenant de tester notre amour loin de notre zone de confort en répondant par exemple à l’invitation de Brigitte et Izzy, chez elles à Laguna, sur la colline des horizons qui dominent les deux vues, celle de la Beach et celle de la City. Allons à l’aventure.
Annotations