034 - réseau affectif
Je la retrouve le soir à la maison. Marie me l’avoue :
- On l’a faite aussi. La connexion mammaire. Et il faut que je te montre.
Un morsure dans son cou. Mais superficielle. Pas jusqu’au sang. Elle s’est retenue. Ça ne vient donc pas de moi, mais d’elle. Greta est dangereuse. Ou pas. Qu’est ce qu’on en sait ? Quand je raconte tout ça à Brigitte :
- Ce n’est pas de mon domaine. C’est dans ces moments là où on aurait bien besoin de Adé. Mais elle fait de la menuiserie au Village, il paraît. Peut-être pour construire une autre Chapelle en secret.
- Il y a sûrement une explication, dans la Bible. Je demande à Paloma :
- Les capteurs n’ont indiqué aucune activité. Il n’y a pas d’histoires de morsures dans le texte non plus. Comment te sens-tu ?
- J’ai des absences, des ellipses, comme Greta aussi. Ça vient d’elle.
Tout vient d’elle. Greta ?
- C’est l’évolution.
- On n’est pas censées évoluer, au contraire, c’est la fin de l’ère 4.
- J’ai perdu le rythme. Je ne suis plus en phase. Il faut que tu me règles.
Mais je n’ai pas de pouvoirs. Encore moins sur une Déesse. Elle me prend le visage avec ses douces mains. Je vais de même. Elle pose sa frange contre la mienne. Silence et nuit, autour de nous. Le temps s’arrête un instant. Puis tout redémarre. Je retrouve une Greta sereine.
- C’est fini ? Ça commence ?
- Tu viens de me recalibrer Jenna. Tu es le Pôle Neutre. La Base. Ni positive, ni négative, primaire et sans pouvoirs, de quoi échapper et solutionner tout le paranormal de la planète. À commencer par la Bible.
- Je n’ai faite que l’éteindre, elle peut se rallumer.
- C’est pour ça que tu es si importante, on aura toujours besoin de toi.
Elle se déshabille, pour vérifier, et colle son corps nu contre le mien. Sa poitrine caresse la mienne, elles pointent, elle suintent mais elles ne se connectent plus. On est guéries. On se tortille, on lubrifie nos ventres qui se frottent de façon épileptique, nos corps se parlent et nous restons spectatrice des vagues de plaisirs qui transpercent chacun de nos muscles, à en pleurer, à en baver, à ne plus pouvoir respirer, jusqu’à l’évanouissement et la réanimation par nos minibris implantés qui nous offrent de revivre le même voyage vers l’absolu, dans la délectation de notre solution finale où Greta me définit ainsi comme le personnage central de la fin de notre ère éternelle d’amour et de joie, de communion des sens connectés en réseau affectif.
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